RAPPORT
DOUVERTURE
Présenté par J. LAFONTAN, Secrétaire Général
A Temple sur Lot, le 26 mars 2001
Chères
et Chers ami(e)s et camarades
Chères et chers ami(e)s et camarades,
Notre congrès se tient après des échéances électorales qui n'ont pas été
sans laisser de cicatrices dans le paysage social et politique.
La seule satisfaction, j'espère unanime, est qu'un nombre considérable
de femmes aient été élues. Est-ce l'espoir d'un renouveau du travail politique
qui pointe le nez ? L'avenir nous le dira car ce travail en a grandement
besoin !
Par
contre, les résultats ne peuvent pas laisser indifférentes des organisations
qui, comme la nôtre, sont confrontés, au quotidien à l'exercice du travail
municipal, et je pense là aux installations sportives, mais aussi aux
crédits de fonctionnement et aux menus aides que nous pouvons recevoir
d'elles.
L'expression du vote reste l'objet d'interprétations diverses : sanction
d'un gouvernement insuffisamment attentif aux questions sociales (salaires,
retraites, conditions de travail, emploi…) ? gouvernement subissant l'ingratitude
des couches sociales qui n'ont pas vu à travers ses dispositifs fiscaux
l'attention qu'il leur portait ? distribution inégalitaire des fruits
de la croissance ? oubli trop rapide des mesures les plus justes - CMU
? 35 heures - qu'il a impulsées ? effets différés des décisions calamiteuses
qu'il a prise sur la privatisation - partielle ? - de services publics
?
Si nous jugeons de notre place de syndicat, la critique est de règle et
fondée. Que ce soit sur le dossier fonction publique, système éducatif
ou jeunesse et sport, un rapide coup d'œil de ce que nous disons depuis
presque 4 ans est sans débat : nous avons multiplié les mises en garde
et les mobilisations pour tenter d'infléchir une politique faiblarde et
trop loin des exigences qu'on doit fixer à ces trois secteurs que nous
surveillons particulièrement.
Le gouvernement connaît une époque de croissance et s'évertue à découper
les surplus engrangés au détriment des budgets qui solidarisent la société.
Nous ne sommes pas les seuls à faire ce constat. Certes, le chômage recule,
il est tombé sous la barre des 10% ; mais ce recul ne doit pas nous dissimuler
les formes de précarité qui se sont étendues.
Tout récemment, le journal " Le Monde " (4-5 mars 2001) appréciait ainsi
le dynamisme des grandes entreprises : " l'écart est saisissant : alors
que le patrimoine moyen d'un salarié-actionnaire d'une entreprise du CAC
est de 101 800 F. (-20,3% depuis la fin de juin 2000), la plus-value de
son Président Directeur Général sur ses stocks options est de 102,1 millions
de francs (-28%) ". Ce même journal précisait que les 12 plus grands groupes
français totalisaient 126,7 mds de francs de bénéfices en 2000 alors que
l'an dernier les 30 premières firmes cumulaient 121 mds !
Récapitulons : 100 000 F pour un salarié actionnaire, 1,4
million pour un bénéficiaire moyen de stock option (13 fois plus), 34
millions pour un membre du comité de direction (330 fois plus), 125 millions
pour le patron (1237 fois plus).
On ne s'étonnera pas que de tels chiffres lorsqu'ils sont connus peuvent
hérisser de nombreuses consciences. L'INSEE ne vient-il pas de révéler
dans sa dernière livraison de l'étude annuelle sur " les revenus et patrimoine
des ménages " que de janvier 1996 à mai 2000, le taux de pauvreté s'est
stabilisé et que 7,3 % des ménages vivaient en dessous du seuil de pauvreté,
soit un total de 4,2 millions de personnes, précisant que s'était parmi
les jeunes de moins de 25 ans que le taux était le plus élevé ! N'oublions
pas aussi que le salaire médian est inférieur à 7000f. Ces chiffres ne
nous révèlent-t-ils pas aussi une partie de la réalité de nos établissements
scolaires ? N'explique-t-il pas aussi un peu les phénomènes de violence,
d'anomie, qui frappent de nombreux jeunes scolarisés ? N'explique-t-il
pas aussi les phénomènes massifs d'abstention aux élections et n'y-t-il
pas quelque incongruité à surcharger les enseignants d'appels à l'apprentissage
de la citoyenneté lorsque la société nous renvoie de pareilles inégalités
dûment entretenues par les décisions politiques ?
Un récent sondage IPSOS/LE MONDE , sur les 13-17 ans montre que les 4/5
de ceux-ci ne s'intéressent pas à la politique mais pourraient se mobiliser
sur de grandes causes : SIDA, environnement, misère, faim…. Cette approche
" droitlhommiste " pour généreuse qu'elle soit, occulte la capacité que
l'on doit développer chez chacun, de faire des affaires de tous, de la
cité, le souci permanent d'engagement pour leur bien-être. Bref, l'école
peut-elle assumer seule pareilles obligations ?
Bien des questions sont encore en débat : celle de la fiscalité, nous
y reviendrons dans le congrès, des privatisations rampantes. Je pense
aux dernières propositions de la commission européenne qui souhaite une
ouverture totale du marché de l'énergie en 2005 avec un palier dès 2003
en matière de choix du fournisseur d'électricité et de gaz. Cette orientation
est à contre temps ; alors qu'en Angleterre on semblerait s'orienter vers
une re-nationalisation clandestine des chemins de fer, suite aux catastrophes
qui se sont produites, et qu'en Californie - Etat des plus riches des
USA - la privatisation de l'électricité crée des pénuries qui conduisent
à des coupures longues faute des investissements nécessaires. Ne devrait-on
pas tirer le bilan des privatisations déjà réalisées chez nous ?
Bref, ces questions qui ont été rapidement brossées, et peut-être trop
sommairement, donnent le cadre des responsabilités qui attendent les syndicats,
notre syndicat. Nous devons porter plus régulièrement à la connaissance
de nos mandants ces questions parce qu'elles influencent les attentes
à l'égard de l'école et de façon plus visible, les décisions politiques
au moment des choix budgétaires.
Dans la dernière période, on doit constater que les salariés ont tendance
à reprendre le chemin de la contestation. La cote des syndicats augmente,
surtout chez les jeunes, les indices de combativité progressent sans que
cela se traduise, hélas, par une augmentation de la syndicalisation… Les
conflits s'allongent, se durcissent (Cellatex, Faure, traminots…) ; la
volonté d'en découdre est évidente parce qu'il y a une urgence à voir
prises les revendications avancées. Tout cela est certainement lié à ce
que nous avons dit précédemment : le " champ des possibles " est mieux
perçu parce que l'argent existe, produit par une croissance forte et que
les cagnottes ont donné des idées à chacun. On ne passe pas toujours aux
actes mais l'état d'esprit est là ; il se manifeste par les fameuses grèves
en " délégation " et plus récemment par l'occupation de la rue, pensons
aux 25 et 30 janvier !
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1 - SUR L'ACTIVITE
Dans le cadre général, l'activité est occupée par quatre grands dossiers
: les salaires, la retraite, la RTT et l'emploi public.
La question salariale est au cœur des conflits actuels sous la double
pression de la mise en œuvre de la RTT dans le secteur privé et des effets
de la croissance. Nous voyons bien aujourd'hui que sous le prétexte des
35 heures le patronat cherche à récupérer par la " modération salariale
", c'est-à-dire la pressurisation des salaires, ce qu'il perd en temps
de travail. Cette orientation nourrit l'essentiel des luttes revendicatives
d'aujourd'hui. Dans la fonction publique, il est presque historique de
constater que les actions déclenchées les 18 janvier (50 000 manifestants),
30 janvier (150 000), 22 mars (plusieurs dizaines de milliers), dans des
formes et sur des plates formes qui ont fait débat entre les fédérations
de fonctionnaires et entre les personnels, ont connu une mobilisation
significative. Cette lutte salariale n'est pas entièrement acquise chez
les personnels, il y a encore beaucoup de culpabilité, mais les pertes
cumulées de pouvoir d'achat sur les 15 dernières années font qu'aujourd'hui
elles s'établissent à 14% et grèvent lourdement notre feuille de paie
; ramenée à un salaire de 10 000 F., c'est 1400 F. mensuels qui sont perdus
!
Cette politique publique est désastreuse, non seulement sur les rémunérations
de chacun(e) d'entre nous, mais aussi sur les perspectives de recrutement.
Si la fonction publique doit attirer les meilleurs personnels, la question
salariale, qui est en concurrence avec le secteur privé - surtout en période
de croissance - doit être à la hauteur de cette ambition. L'opinion publique
" sent " bien que cette option est juste. Un sondage BVA du début mars
indiquait que 53% des français considéraient que l'action du 22 mars était
justifiée et 69% que les créations de postes supplémentaires l'étaient
aussi ! Ne devons-nous pas faire preuve de plus de hardiesse sur ces questions.
Nos efforts inlassables portent des fruits quand même ; 58% des personnels
sondés par le SNES (jeunes enseignants) estiment que le métier est plutôt
mal payé, mais sont-ils décidées d'aller au-delà de ce constat. Un public
est à conquérir. Les grands retards accumulés sur la grille des rémunérations
et des classifications est considérable. Ainsi, dans la fonction publique
hospitalière, et malgré une activité revendicative durable, un accord
n'a pas pu être signé par toutes les organisations, faute d'ambition sur
les propositions.
SUR LES RETRAITES. Sans entrer dans le détail, depuis
le rapport CHARPIN un vent de panique a soufflé. Ce rapport part d'estimations
pessimistes sur l'évolution démographique et économique et de présupposés
idéologiques favorables aux fonds de pensions, au recours à l'augmentation
de la durée de cotisation ; le débat public a débuté sur des bases les
plus défavorables qui soient aux salariés. En deux ans à peine, le retour
à la croissance a bousculé ces hypothèses. C'est dans ce débat que le
MEDEF a occupé le terrain. L'accord UNEDIC signé par la CFDT et la CFTC
a introduit des mécanismes libéraux de gestion du chômage, à travers le
PARE (Plan d'Aide au Retour à l'Emploi) en considérant le chômage comme
un phénomène volontaire, touchant des personnes de mauvaise volonté et
méritant aux mieux la charité individuelle mais pas la solidarité collective.
Le débat sur le financement des retraites complémentaires - AGIRC et ARRCO
- à travers la structure financière ASF tombée en désuétude et conduisant
au refus du complément de paiement à compter du 1er avril 2001 ont débouché
sur une émotion considérable. La journée du 25 janvier a été inattendue
dans le paysage puisque plus de 300 000 personnes ont manifesté en France.
Après les plans Balladur et Juppé restés sans mobilisation suffisante
dans le privé, cette action a montré le chemin parcouru dans un moment
où tout le monde pensait que chacun prenait son mal en patience. La jonction
public-privé a été difficile et on ne peut pas dire qu'elle a effectivement
lieu. C'est dommageable surtout lorsque l'on voit que l'accord récemment
signé par 4 organisations, rompant le front du 25 janvier en appelle au
gouvernement pour remettre à plat tous les régimes de base, y compris
celui des fonctionnaires, tout en entérinant un accord sur le refus d'augmentation
du montant des cotisations ! On comprend mieux pourquoi la journée du
31 mars a du mal à se mettre en place de façon unitaire. N'y a-t-il pas
alors un peu de cynisme de la part de la CFDT de déclarer : " avant d'en
arriver à cet accord, les confédérations syndicales françaises auront
fait une belle démonstration de force. Les 300.000 personnes descendues
dans les rues de France pour défendre le système de retraite ne seront
pas passées inaperçues ! Les manifestations du 25 janvier auront pesé
lourd dans les négociations et incité le MEDEF à davantage de conciliation
! ". Quand on connaît le contenu de l'accord, on peut estimer que cette
appréciation et la signature qui s'en est suivie relève du rapt de mobilisation
syndicale, ce qui pose un vrai problème lié aux questions de représentativité
syndicale. En tout état de cause, cette mobilisation n'aura pas été inutile
dans la mesure où il y a un recul sur la date de retraites - fin 2002
- cela nous laisse un délai pour mobiliser, tout en sachant que nous ne
pouvons pas en rester au Code de pensions que l'on doit faire évoluer
tout en le préservant, par exemple, en intégrant les années de formation,
les fins de carrière, la souplesse dans l'âge de départ tout en gardant
les bornes des 60 ans et les 37 annuités ½. Ce débat doit dépasser les
approches trop économiques - je pense aux travaux du COR ( Conseil d'Orientation
des Retraites) - mais aller plutôt dans la direction que propose JP FITOUSSI
dans le journal Le Monde ; la question essentielle est celle du partage
entre les générations actives/retraités/jeunes chacune devenant la débitrice
dans le déroulement de la vie ! Si nous voulons que cette question devienne
l'affaire de tous, la fonction d'une retraite suffisante et correspondant
à la carrière menée relève d'une vision où le développement de chacun
doit être le guide le plus sûr.
Sur la RTT . La loi sur les 35 heures fait l'objet
d'appréciations contrastées selon les conditions dans lesquelles elle
a été appliquée. Dans la Fonction Publique, l'Etat se refuse à appliquer
le dispositif. Le seul décret existant (août 2000) a été combattu par
les organisations syndicales tant apparaît la volonté de ne pas créer
de postes ; aussi, le Ministre de la Fonction Publique cherche à en limiter
la portée, soit en écartant les personnels, flexibiliser au maximum, voire
de reprendre une partie des congés en contrepartie d'un abaissement limité.
Il y a là toutes les raisons d'agir. Chez les enseignants, il n'y a aucune
perspective, sauf à considérer que l'alignement des disciplines artistiques
et les PLP sur les maxima des agrégés et certifiés fait partie de ce processus
; ce n'en est pourtant pas le cas. Nous aurons, je n'en doute pas, beaucoup
de débats sur cette question…
Enfin, sur les créations de postes, la publication du plan pluriannuel
n'a pas aboli nos revendications. Ce plan, déjà insuffisant, ne peut pas
faire face à la sous-estimation des besoins. Chez nous, il manque plus
de 400 postes pour faire face aux remplacements. Nous devons aller vers
une nouvelle alliance avec les jeunes en STAPS et IUFM afin de réclamer
doublement : des moyens pour que ces institutions puissent accomplir leur
mission - je rappelle que l'encadrement statutaire en STAPS atteint 55%,
alors qu'il est de 70/80% dans les autres disciplines - et un nombre de
postes plus important aux concours de recrutement (CAPEPS et agrégation
externes). Ne nous cachons pas que nous avons un retard considérable et
que nous avons presque échoué ces dernières années malgré quelques feux
follets chaque année. Aujourd'hui, la grogne s'empare, par rotation, des
différents en centres depuis la rentrée ; chaque mois voit sa mobilisation,
à l'instant : Limoges, Orléans, Dijon, Mets sont sur pied. Il faut être
avec eux, non pas pour les guider mais pour définir ensemble les mobilisations
possibles et gagner des moyens. Que chacune et chacun soit vigilant.
2) SUR LA POLITIQUE SCOLAIRE
Je pense qu'il ne viendrait à personne de dire que la politique LANG est
identique à celle d'ALLEGRE. Celui-là avait une approche brutale et autoritaire
de la transformation du système éducatif, fondée
sur l'isolement des enseignants dans l'opinion publique et une vision
relativement sommaire des conditions de transformation du système. Le
journal du Dimanche (4.03.01), à propos de LANG, parle d'un " transformateur
d'ambiance " qui joue sur une " gestion apaisée et une approche méthodique
et laborieuse ". Il est à peu près clair qu'il a compris que la transformation
du système ne se fera pas sans les enseignants, surtout pas contre eux.
Il avance des propositions qui cherchent à se concilier avec les propositions
syndicales et les moyens disponibles ; cela donne des annonces, toutes
les quinzaines, de dispositifs - plan langues, disciplines artistiques,
IUFM, violence, dyslexie, lycées -, sans convaincre tout un chacun sur
leur mise en place et leur efficacité possible. De tout cela il en restera
certainement quelque chose comme les 115 propositions de Bayrou ou les
57 de Royal sur les collèges, ou les… de Meirieu/Allègre sur les lycées.
Cette façon de procéder conduit à laisser penser que la multiplication
des dispositifs peut se substituer à une vision du système éducatif. Pourtant
les échéances approchent avec le dossier collège. Le débat est déjà engagé
sur la mort du collège unique ou sa transmutation. Ne nous cachons pas
les difficultés. Les lignes de conflit ne passent pas aujourd'hui entre
ceux qui croient que cette vision du collège unique est obsolète et ceux
qui jugent utile de la perpétuer sans en voir les effets réels. De récents
sondages du SNUIPP et très récemment du SNES auprès de jeunes enseignants
montrent que l'entrée dans le métier se fait selon des voies relativement
nouvelles, notamment par la sensibilité exacerbée à l'égard de l'échec
scolaire, les problèmes liés à l'hétérogénéité des classes et les problèmes
de la violence. Cela conduit les personnels à des choix qui les laissent
douter à 73% (sondage SNES) que la vocation du collège d'accueillir tous
les élèves soit un objectif irréaliste, qu'il faut donc l'assouplir en
proposant d'autres formations aux élèves en difficultés. Ne nous cachons
pas que ce débat est parmi nous, qu'il est sérieux et que nous allons
devoir nous attacher, ensemble, à l'examiner dès ce congrès. J.L. Mélenchon
propose de créer une dérivation vers les LP dès la cinquième. Il arrive
à trouver des arguments qui peuvent nous ébranler ; mais en ne posant
pas la nécessaire transformation du collège actuel, il enferme le LP dans
la relégation et la gestion de l'échec des élèves en difficultés. Les
situations ne sont pas si simples. Le collège doit se transformer et toute
transformation ne se fera pas à moyens constants. Le chantier de la culture
commune pour tous est l'objectif démocratique indépassable de notre époque.
Empruntons une problématique à H. Wallon en 1946 :
" il y a deux façons de concevoir l'enseignement démocratique. Il
y a d'abord une façon individualiste qui paraît avoir prédominé dans la
période de l'entre-deux-guerres : c'est poser que tout homme, tout enfant,
quelle que soit son origine sociale, doit pouvoir, s'il en a les mérites,
arriver aux plus hautes situations dirigeantes… (commentaire : Il y a
un retour en force de cette thèse). Aujourd'hui, nous envisageons la réforme
démocratique de l'enseignement sous une forme beaucoup plus générale…
un enseignement qui envisage une élévation totale de la nation, quelle
que soit la situation occupée, ou plutôt quel que soit le travail et quelles
que soient les fonctions qu'auront à remplir tous les individus de la
société, exige que, selon ses aptitudes, naturellement, chacun ait accès
à la culture la plus élevée… "
Henri DUBET, dans un récent article dans le journal " Libération " s'approche
de cette problématique avec l'idée de collège pour tous. Au cœur de cette
lutte d'idées, la réhabilitation de la question de l'égalité. Plusieurs
articles récents ont cherché à dévaloriser cette notion à travers celle
" d'égalitarisme " c'est-à-dire les efforts désespérés que nous mènerions
pour faire accéder à la connaissance des êtres incapable de cela ; l'idéologie
des dons est au cœur de cette diatribe avec sa forme renouvelée du handicap
socio-culturel. Le retour des inégalités naturelles refait donc surface.
L'égalité serait uniformité en obligeant les meilleurs à marcher au même
rythme que les plus faibles, voire inefficacité puisqu'elle enfermerait
l'inventivité des meilleurs ; en clair, l'égalité serait une contrainte
insupportable pour tous ceux à qui l'école réussit. Ce n'est pas l'égalité
de chances qu'il faut encourager, mais l'égalité de résultats, même si
cela peut paraître une forte utopie. Le débat autour de l'ouverture de
l'IEP de Paris aux jeunes issus des milieux défavorisés est un exemple
de ce débat. Ces questions sont au cœur du questionnement d'aujourd'hui.
Agnès Van Zanten constate que les parents des classes moyennes expriment
un ras le bol de la démocratisation. Si ce sentiment était mené à son
terme, on pourrait craindre des effets dramatiques sur l'avenir de notre
société. D'ailleurs, les phénomènes de violence ne doivent-ils pas être
interprétés comme un des effets de cette société inégalitaire dans laquelle
nous vivons et une des formes de sa contestation ? Elle pose de nombreux
problèmes que nous ne savons pas encore résoudre, notamment lorsqu'il
s'agit de penser cette question à travers la légitimité des savoirs et
de leurs modes d'appropriation, c'est-à-dire de rompre avec une certaine
forme de rapport unilatéral qu'entretiennent certains jeunes à l'école.
Le récent colloque de l'UNESCO a montré le panorama international des
efforts qui sont déployés pour faire face à ces questions sans poser explicitement,
me semble-t-il, la question de l'apprentissage critique de la responsabilité
politique et de la socialisation en vue de vivre ensemble.
En fait, ces interrogations sur les inégalités face aux connaissances
posent la question de savoir si elles peuvent être résorbées, sinon atténuées
par des dispositifs pédagogiques ? Il y a certainement à reconnecter les
enjeux de l'école aux enjeux de société afin d'éviter la fragmentation
durable de la jeunesse et de la société. Eviter, dans les déterminations,
le tout social comme le tout scolaire. Evitons les affirmations, telle
celle de Jean-Michel DJIAN, que je cite car c'est l'ancien directeur du
Monde de l'Education et dont son dernier livre, " le triomphe de l'ordre
" porte en sous-titre " la pensée tuée par l'école ". Je cite :
" Il existe des normes éducatives s'inspirant de l'idéal républicain
qui ne coïncident plus avec une certaine idée de l'épanouissement personnel.
Il faut avoir le courage de dire que la formation du citoyen ne doit plus
relever du magistère scolaire tel qu'il est aujourd'hui. ", tel qu'il
est aujourd'hui ? bien sûr !
Il suggère que les enseignants " doivent chercher à transmettre, par d'autres
moyens, des savoirs en dehors de l'enceinte des établissements quel qu'ils
soient. "
Ces orientations d'ailleurs tentent de se promotionner par le " groupe
des 14 " avec qui nous avions eu des débats vifs lors de la réforme des
lycées. Ce débat continue puisque au dernier CSE, le SE, le SGEN et la
FCPE ont refusé de voter notre vœu demandant l'alignement à 3h hebdomadaires
les horaires des BEP !
Ce petit tour d'horizon sur les questions générales n'oublie pas le travail
considérable qui est mené au niveau européen sur l'éducation tout au long
de la vie, sur la société de connaissance ; tout comme les efforts déployés
par les négociateurs de l'OMC autour de l'accord général sur les services
où l'enseignement en ligne, payant, est présenté comme l'objectif incontournable
des années à venir !
3 - SUR L'ACTIVITE DE L'EPS
Nous avons un Ministre atteint de langueur sur les questions de l'EPS.
Des choses ont bougé :
Rappelons-nous notre Conseil National de rentrée - préavis de grève, intervention
auprès des cabinets LANG et MELENCHON, des dossiers qui s'ouvrent enfin
et un Bureau National qui décide de lever le préavis.
Avons-nous bien fait ?
Reprenons rapidement les dossiers : (cette partie est non écrite, elle
a fait l'objet du seul développement oral)
1 - Sport Scolaire
Consultation acquise - mais elle n'est pas la nôtre- Approche technocratique
Nous l'avons dénoncée. Nos S2 et nos S3 ont-ils pu ? réussi ? à mettre
en débat les collègues dans les districts ; les commissions départementales
et régionales se sont-elles installées ?
La question est de savoir si le ministère souhaite développer un service
public des APS pour tous les jeunes scolaires. Ne chipotons sur rien d'autre
!
Il y a des frustrations sur le Sport Scolaire que l'on ne peut pas laisser
en l'état - réunifier la corporation
Problème du forfait
Subvention : MEN : +500 000, soit l'équivalent de la progression du budget
2001 de l'Education Nationale
MJS : +510 000
Alternative è texte Michel Fouquet " refondateur " de nos propositions.
2 - Créations d'Emploi
1 155 et 42 , soit + 6%
3 - STAPS
La Commission " Contenus " s'est tenue à 2 reprises, les 17 janvier et
3 avril.
- Moyens
- Nouvelle Alliance
- Sport Universitaire
4 - Secondes de Détermination
- Groupe de Travail = 3 fois
- CSE
Accord avec les conclusions
5 - Corps en voie d'Extinction
6 - Installations
- Mieux fonder les équipements par rapport à l'EPS
7 - BEP
Garder les moyens
8 - KAPLAN
- Prise en charge des frais de la 1ère instance - Reconnaissance de la
protection des fonctionnaires
9 - Précarité
Globalement nous sommes sortis d'une logique de résistance.
Cette tactique a payé - Bien sûr, toutes nos revendications n'ont pas
abouti, mais il ne faut pas sous-estimer le travail accompli.
Il faudrait sûrement le démultiplier dans les départements et académies,
je pense notamment à la question des Programmes, dossier sur lequel, le
travail idéologique a porté ses fruits mais qui nécessite maintenant une
mise en perspective à partir de l'activité professionnelle de chacun.
Le livre de notre colloque d'Orsay est sorti.
Il doit être une aide pour installer des commissions pédagogiques départementales
ou académiques afin que les collègues y retrouvent leur métier quotidien
amélioré par un travail de réflexion collective.
La bataille des horaires doit prendre une nouvelle dimension à partir
de la question des équipements, de la santé des élèves et des contenus.
Je propose au congrès de réfléchir à cette question pour trouver un thème
unificateur et encourager les collègues, beaucoup trop nombreux, qui travaillent
dans des conditions difficiles et qui ont le sentiment, parfois, d'un
enseignement modeste !
Sur les équipements, nous avons trouvé tout le dispositif explicatif :
exigence des programmes, aller vers l'horaire effectif, offrir un cadre
motivant aux élèves, pluri-activités,…il faut maintenant passer à l'offensive
auprès des recteurs, IA, et auprès des collectivités locales, des communes.
Ce travail est difficile, long et pas toujours simple à mener lorsqu'il
s'agit de se frotter aux décideurs locaux déjà prestataires…
Sur les contenus, la bagarre des programmes est en voie d'achèvement ;
les questions d'évaluation surgissent. Des questions délicates sont posées,
notamment sur la place et l'appréciation de la prestation des élèves.
La question de l'évaluation pilote tout l'amont et le statut de la discipline
; elle donne un sens et structure l'enseignement . Le débat est ouvert
!
Sur la santé : C'est une question qui est restée allusive dans notre argumentation
; elle n'est pas oubliée mais traitée à la marge.
Pourtant, aujourd'hui, les milieux liés à la santé surtout, ont multiplié
les constats épidémiologiques auprès des adolescentes et adolescents,
pour constater le développement rapide de l'obésité mais aussi l'augmentation
considérable de la drogue, alcool, tabac.
Un rapport de l'OICS (Organe International de Contrôle des Stups.) dont
rend compte la presse en février 2001, montre que les jeunes français
sont parmi les plus grands consommateurs de substances psycho-actives.
La sociologie s'en mêle avec un rapport sur " les jeunes et les conduites
à risques " (M. Choquet) qui a fait grand bruit dans la presse avec un
titre un peu sensationnel que l'on pourrait résumer par celui-ci : " des
jeunes sportifs pas si sains que cela ". A partir d'une approche synthétique
de diverses enquêtes intéressant et présentant des faiblesses méthodologiques,
elle conclut que si le sport est bien l'activité de loisir la plus pratiquée
et appréciée à l'adolescence, lorsque celle-ci devient intensive (8 heures
hebdomadaires) elle transforme les jeunes, statistiquement s'entend, en
consommateurs d'alcool et drogues !
Sans entrer dans le détail, tout le monde est d'accord pour développer
l'activité sportive des jeunes. Le SNEP ne devrait-il pas se saisir avec
plus d'audace de cette question ? Reprendre le colloque FSU du 21 octobre
2000, par exemple en proposant l'an prochain un colloque SNEP ?
Dans le bulletin national j'avais déjà signalé une réponse du ministère
de l'EN à un député qui lui demandait de promouvoir cet enseignement.
Après en avoir rajouté sur l'intérêt de cette discipline il précisait,
à la manière d'un inventaire à la Prévert, que les horaires obligatoires
auxquels s'ajoutent, l'enseignement de détermination, l'enseignement optionnel,
les pratiques volontaires des AS et les CEL, faisaient le compte ! Il
suggérait habilement que les jeunes étaient comblés par l'offre !
Ce petit tour d'horizon disciplinaire nous remplit d'exigences. Je voudrais
à ce moment dire combien le centre EPS et société occupe un créneau utile
et complémentaire. Le centre est de plus en plus appelé pour des interventions
dans les UFR STAPS sur le créneau historique, il cherche aussi à enrichir
l'approche sur le contenu professionnel. La revue est très bien vendue
par % à ce type de publication (1500 en moyenne)… le centre doit se développer.
Le SNEP devrait, certainement être capable de lui passer des commandes
de réflexion, non directement liées à l'actualité syndicale, mais pouvant
explorer, dans un pluralisme exigeant toutes les facettes de notre métier.
Le groupe national doit s'enrichir de compétences plus larges susceptibles
d'expertiser les questions en dehors de toute pression idéologique immédiate.
Il y a un rythme de pensée à trouver qui devrait pouvoir l'installer durablement
dans le paysage éditoriale et intellectuel. Nous nous y employons.
4 - MJS
Pour changer de sujet tout en restant dans nos grandes préoccupations,
nous devons aborder les questions de notre implantation dans le ministère
de la jeunesse et des sports, dont la politique nous laisse parfois perplexe.
Nous y sommes faibles en nombre et faibles en audience sur les questions
corporatives si l'on regarde notre recul de 2,3% aux dernières élections
professionnelles ! Certes, on marque un coup d'arrêt à la chute de 11%
4 ans auparavant.
Donc, nous avons une jonction difficile avec les personnels dans le même
temps où, sur les questions professionnelles et politiques, nous avons
imposé des reculs non négligeables sur les questions de formation, notamment
sur la question du statut des BEES et de la création d'un nouveau BP auquel
nous sommes opposés. Des dizaines d'heures de négociations au pied à pied
avec les groupes parlementaires, les administrations de l'Education Nationale
et Jeunesse et Sports
Il faut donc à repenser notre intervention dans ce ministère qui subit
une petite crise existentielle habilement contenu par le SNAPS syndicat
concurrent de l'UNSA.
Ces questions, nous n'avons pas su les relayer sur le territoire. Pourtant
elles nous concernent très directement à travers les STAPS mais au-delà,
sur le développement de l'emploi sportif, c'est-à-dire, le débouché de
ces filières. Enfin, les initiatives CEL se développent à grands pas dans
les collèges. Plus de 150 000 collégiens seraient concernés ; il faut
constater que nous n'y regardons pas suffisamment de près. Nous prenons
un retard considérable qui risque d'avoir un effet boomerang sur le sport
scolaire si nous n'intervenons pas sur les statuts respectifs de ces offres
sportives.
Bien sûr, je ne reprendrai pas le débat toujours ouvert du statut des
Activités Physiques et Sportive dans notre société du double point de
vue de leur développement pratique et des types de connaissance qu'elles
inventent.. Ce débat d'ailleurs, avec la candidature de Paris au Jeux
Olympiques de 2008, peut prendre un relief particulier si le SNEP se saisit
de cette opportunité pour que publiquement l'exigence de ne pas laisser
les JO occulter le dramatique revers de l'EPS dans tous les pays du monde
comme le révèle l'enquête de Hartmann, subventionnée par le CIO.
5 - NOTRE FEDERATION
Elle se renforce. Lors des dernières élections professionnelles
d'une partie des personnels non enseignants (13 mars), les résultats confortent
la représentativité de la FSU tant à l'Education Nationale qu'à la Fonction
Publique d'Etat.
L'UNATOS, sur plus de 100 000 électeurs, connaît une progression de l'ordre
de 4% représentant plus de 17,5%. Il est désormais nettement la 3ème force
parmi ces personnels derrière l'UNSA (qui perd 3 points) à 32% et la CGT
qui se maintient à 26%.
Les listes SNASUB occupent la seconde place dans toutes les catégories
de personnels ; il marque un léger progrès chez SASU (+0,6%) où il représente
plus de 23%, recule chez les CASU à moins de 11% et connaît un tassement
chez les AASU avec plus de 16%.
Quant au SNUAS-FP, assistantes sociales, il connaît une grosse progression
où avec 46%, +9%, il confirme sa première place.
La FSU renforce aussi son unité interne lors de son dernier congrès, cela
est noté par toute la presse, à une exception près : le SNETAA.
Où en sommes-nous ? Nos instances ont été régulièrement tenues informées
de l'évolution des débats et le SNEP a multiplié les propositions qui
participaient des décisions fédérales.
Le congrès de la Rochelle avait lancé un appel solennel au SNETAA. Il
lui demandait s'il était " toujours en accord avec les principes et les
statuts qu'il a approuvés en 1994 à Mâcon " et s'il avait " l'intention
d'appliquer les statuts et les règles fixés en commun et adoptés par nos
congrès : respect du pluralisme, refus des exclusions, participation aux
instances, diffusion de la presse et paiement intégral de ses cotisations,
et donc de renouveler son affiliation à la FSU ". Cette demande s'adressait
à leur conseil national et concluait que si le SNETAA ne répondait pas
positivement à ces questions "
les instances fédérales seraient constituées alors sans pouvoir prendre
en compte le SNETAA ". Le congrès avait précisé qu'il souhaitait que le
SNETAA, lors de son congrès, puisse examiner cette question et que si
la réponse était négative, " la FSU devait considérer que le SNETAA a
décidé de quitter la fédération ". Le congrès du SNETAA s'est tenu sans
examiner cette question. Aujourd'hui, son secrétaire général, dans une
lettre au SG de la FSU, poursuit sa logique folle d'être adhérent sans
en remplir les obligations démocratiques, de vivre finalement enkysté,
c'est à dire bénéficier de l'audience fédérale, participer aux instances
représentatives mais contester tout ce qui ne lui convient pas tout en
jouant le spectateur irascible.
L'enseignement professionnel est l'objet d'un débat agité ; les actions
de l'an dernier révèlent un vrai malaise où, le gain de 5 heures sur les
maxima de service et les reculs gouvernementaux sur les programmes, n'apparaissent
pas comme des victoires syndicales ! la FSU, dans cette perspective a
décidé la tenue d'assises sur la contribution des enseignements professionnels
à la réussite de tous les jeunes et sur les revendications des personnels.
Ces assises doivent aussi permettre de les rassembler dans le FSU et vous
vous doutez bien qu'étant donnée l'implantation du SNEP nous devons être
actifs afin d'avoir les contacts avec les PLP et les amener à rejoindre
notre fédération. L'affaire est immédiate.
La deuxième question porte sur la volonté de la fédération à rassembler
le mouvement syndical. Le constat d'un mouvement syndical éclaté, ayant
les pires difficultés à s'unir sur de grandes revendications, le morcellement
permanent fondé sur de nouvelles formes de militance, posent de nouveaux
problèmes de reconnaissance et de représentativité des uns et des autres.
La FSU en sait quelque chose.
Je ne m'attarderai pas sur les stratégies déployées par chacune des organisations
; il serait simple de clouer au pilori certaines et d'en encourager d'autres.
Cette description déboucherait facilement, auprès des personnels, sur
l'image d'Epinal, que " en haut ils sont incapables de s'entendre " alors
" qu'en bas, tout le monde est d'accord ".
Certes, il peut y avoir, et il y a, des débats virulents entre organisations,
mais notre grande difficulté, à tous, est de débattre et de fixer les
revendications avec la grande majorité des personnels. Il est clair que
les difficultés des partis politiques à occuper le champ qui est le leur,
à savoir fixer le sens des transformations sociales pour le bien de tous,
amène les syndicats à occuper, à leur insu, ou plus clairement, cet espace.
Il est cruel de constater dans de récents sondages, que pour les transformations
sociales, les syndicats et associations sont mieux perçus que les partis.
Il y a un recul de la démocratie de représentation ; l'abstentionnisme
reste élevé ; la délégation est confiée avec plus de circonspection, c'est
certainement un des effets de l'augmentation de la culture de tous, ou
de l'expertise plus générale de larges fractions de la société qui s'investi
" ailleurs ", dans des mouvements naissants et qui allient expertise et
action (ATTAC, Act-Up…). Mais aussi le militant peut devenir militant-étendard,
c'est à dire ayant une façon de procéder et d'intervenir qui interpelle
plus les militants que branché sur tous les personnels. On voit, à partir
de notre expérience SNEP, qu'il y a des engagements multiples, mais à
durée limitée, c'est à dire attachés à une cause pour laquelle toute l'énergie
est donnée ; l'engagement total recule, quoique…si nous regardons les
mobilisations anti-OMC, des formes de regains de cette approche apparaissent.
Dans la multitude des engagements qui naissent l'expression d'exigences
de responsabilité sociale et de justice qui mettent explicitement en cause
l'individualisme et l'économie de marché sont fortement revendiqués.
Notre syndicalisme est aussi mis à leur épreuve parce que tous ces mouvements
sont demandeurs de rencontres, de coordinations, d'actions communes qui
nous obligent à élargir les frontières de nos préoccupations.
Le CLUI donc, proposé par notre fédération à l'ensemble du mouvement syndical,
tente d'élaborer un espace de débat et d'action afin d'aller vers une
unité durable sur les grandes questions sociales. L'initiative vient d'être
lancée. L'accueil est mitigé. Fallait-il s'attendre à plus ? Cela doit
rendre la FSU plus exigeante afin qu'elle précise ses objectifs et qu'elle
convainc tous les interlocuteurs de l'utilité de cette démarche. La route
sera longue mais elle n'est pas impossible.
Enfin, puisqu'il faut conclure, je parlerai brièvement du SNEP. Le SNEP
est plus un syndicat d'influence que d'organisation. Le fait que massivement
les enseignants d'EPS votent pour ces propositions ne se traduit pas hélas
dans le nombre de syndiqués. Pour les collègues le SNEP est indispensable
mais il reste sur le bord du trottoir pour le voir défiler. L'idéal serait
de mettre à niveau les 17 000 voix des élections professionnelles avec
le nombre de syndiqués. Cela représenterait une progression de 70%.
Nous devons certainement nous questionner sur nos pratiques, nos revendications
aussi. La forme de démocratie représentative est certainement dominante
dans nos pratiques. Il faudrait réfléchir à la façon d'associer les collègues
à nos délibérations, les faire partager à la formation des revendications,
à l'analyse des politiques gouvernementales, syndicales, associatives
; somme toute s'aider à rendre plus perceptible le mouvement des idées
et des décisions d'action pour en saisir leurs significations réelles
et dépasser la fatalité de décisions perçus comme imposées, voire manœuvrières.
Dans le paysage syndical, le SNEP reste un bel outil mais si il doit être
la maison de tous il est encore à perfectionner. Il doit se fixer comme
boussole que chaque collègue reste le bien le plus précieux à partir duquel
il peut se développer.
Je nous souhaite un bon congrès.
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Tous droits réservés - Dernière modification le
5/07/06
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