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MOTION "ACTIVITE SYNDICALE"

A Temple sur Lot, le 29 mars 2001

Le congrès national du SNEP se tient après des élections locales. Elles ont mis en évidence la sanction d'un gouvernement insuffisamment attentif aux attentes sociales de la population et particulièrement des couches populaires. Les mouvements sociaux, souvent unitaires, qui se sont développés depuis janvier, en particulier dans la fonction publique, marquent un regain de la volonté d'action des salariés.

La croissance, les richesses produites dans notre pays et en Europe donnent plus de moyens pour répondre aux besoins qui s'expriment (emploi, salaires, minima sociaux, éducation, santé, environnement,... ), pour satisfaire les exigences des salariés, les besoins des services publics.

Toutefois, force est de constater que les fruits de la croissance et les richesses produites sont inégalement répartis. Les inégalités ainsi que la précarité de l'emploi se développent. 4,2 millions de nos concitoyens vivent en dessous du seuil de pauvreté. Les conséquences de cette situation se traduisent dans nos établissements.

Mais les choix structurels et financiers principaux qui sont faits par le gouvernement restent plus marqués par la continuité avec les politiques précédentes que par un réel changement d'orientation ( privatisations, blocage des dépenses sociales , volonté de réduction des coût des services publics, fiscalité, minima sociaux, retraites, PARE, ... ).

Cette situation est marquée par une offensive patronale qui pèse dans le sens de choix ultra-libéraux . Le MEDEF se revendique de plus en plus comme une véritable force politique. 

L'unité syndicale indispensable aujourd'hui est rendue plus difficile par le soutien apporté par la direction d'organisations, en particulier la CFDT et la CFTC, à certaines propositions du MEDEF, particulièrement régressives.

Pour autant des mesures positives ont été décidées, en particulier dans la domaine sociétal, ont été prises ou infléchies sous l'influence des luttes et des mobilisations (Parité, non cumul des mandats, PACS, CMU, aide aux personnes dépendantes, créations d'emplois à l'éducation nationale dans l'enseignement scolaire, plan sur la précarité, ...), même s'il reste des ambiguïtés et des insuffisances.

C'est donc dans un contexte complexe, marqué par des contradictions fortes et des tensions que nous avons à réfléchir aux formes et aux choix revendicatifs nécessaires aux transformations sociales. L'enjeu est que nos collègues se réapproprient le débat sur ces préoccupations, l'intérêt de l'action collective et revendicative et puissent décider à tous les niveaux du contenu, des formes d'activité et des mobilisations qui s'imposent.

Il nous faut pour cela :

  • Développer et renforcer un syndicalisme de proximité à l'écoute des collègues actifs et retraités, en capacité de créer des solidarités et d'améliorer le rapport des forces,
  • Reprendre à tous les niveaux l'initiative sur les questions de l'EPS et du métier et se positionner comme interlocuteur incontournable, notamment en popularisant nos exigences et nos propositions.
  • Redonner sens au débat et à l'échange, être mieux attentif à nos différences et à leur prise en compte, à tous les niveaux,
  • Approfondir nos argumentations et nos préoccupations,
  • Systématiser la recherche d'unité et d'alliances exigeantes avec les partenaires du système éducatif,
  • Prendre toute notre place dans le renforcement du travail intersyndical et fédéral, notamment au niveau local et dans la mise en place des CLUI,
  • Rénover, à tous les niveaux, nos modes de fonctionnement et notre vie interne permettant une réelle intégration des jeunes et des femmes et associant pleinement les retraités à la vie syndicale,
  • Développer l'autonomie, l'initiative politique et l'activité des structures syndicales intermédiaires, favoriser leur mise en réseau,
  • Développer notre action dans les secteurs des STAPS, des IUFM, de la Jeunesse et des Sports.

Les axes revendicatifs :
Les instances académiques, départementales et locales auront à construire leur propre plan d'action tenant compte des travaux des congrès académiques et nationaux et des conditions locales.

Au plan général :

  • Sur les dossiers retraites, salaires, RTT, emplois et recrutement dans le secteur public, la poursuite de l'action nationale est indispensable, notamment le 31 mars pour les retraites, en tenant compte de l'analyse qui doit être faite par la FSU et ses partenaires des initiatives déjà réalisées et des réponses du pouvoir ;
  • Nous devons poursuivre la réflexion collective sur les alternatives et la fiscalité ; le bulletin national et le site Internet doivent y contribuer ;
  • Sur les retraites, et plus généralement sur la protection sociale, le SNEP et la FSU doivent mettre des propositions au débat, développer information et discussions (stages syndicaux, réunions...) ;
  • La mutualité doit être préservée de l'attaque des assurances ;
  • Le SNEP contribuera dans tous les départements aux Comités de Liaison Unitaire Interprofessionnel (C.L.U.I.), condition essentielle pour la réalisation et la réussite des mobilisations unitaires.
    Au niveau du système éducatif
  • Pour la transformation démocratique du système éducatif, le SNEP travaillera avec la FSU à rassembler pour agir, les personnels, les parents d'élèves, les associations laïques et pédagogiques, afin de construire un véritable mouvement social pour l'école ;
  • Le SNEP contribuera à l'action unitaire indispensable, avant la fin de l'année scolaire en cours, pour l'amélioration de l'encadrement aux niveaux scolaire et universitaire ;
  • Le SNEP se donne pour objectif d'insuffler une réflexion commune sur la formation et les moyens de la mener au sein des IUFM. La défense des IUFM et l'exigence des moyens suffisants dès la rentrée 2001 doivent se concrétiser par une intervention massive des personnels, des stagiaires, dans un cadre intersyndical ;
  • Le SNEP appelle les enseignants d'EPS à s'engager dans les débats qui se développent sur l'indispensable transformation des collèges, à dénoncer les insuffisances ou remises en cause contraires à nos mandats et à promouvoir nos propositions afin d'aboutir à un véritable collège pour tous ;
  • La présence du SNEP dans les LP lui donne une responsabilité particulière. Tous ses militants devront contribuer à la réussite des assises sur l'enseignement professionnel, qui seront organisées en mai par la FSU, ainsi qu'au colloque sur la formation professionnelle à l'automne 2001 ;
  • le congrès appelle les collègues à assurer le succès de la pétition INRP ;
  • le SNEP proposera à ses partenaires et en particulier aux fédérations de parents d'élèves, d'agir ensemble pour la gratuité scolaire ;
  • le SNEP proposera à la FSU de mettre en place une journée nationale publique de la "santé à l'école" (élèves et personnels) ;
  • Le SNEP interviendra pour que la protection des élèves contre toute forme d'abus sexuel n'entraîne pas des mises en cause injustifiées et pour que soit rigoureusement respectée la présomption d'innocence des personnels ;

Sur notre secteur de responsabilités :
S'impose de lier inséparablement nos revendications : lutte contre la logique ségrégative de la DHG, pour l'amélioration quantitative et qualitative des temps et des espaces de pratiques, des contenus, constituent des axes prioritaires pour l'EPS. La défense et la promotion de l'EPS et du sport scolaire est toujours une nécessité, rien dans ce domaine n'est jamais définitivement acquis.

  • Le SNEP, lors des mobilisations impulsées pour faire progresser l'EPS, mettra en évidence le lien existant entre ses revendications catégorielles et celles plus générales qui impliquent une solidarité et l'engagement dans l'action avec les autres salariés du public et du privé ;

  • Le congrès appelle les militants et les collègues à mener campagne sur le sport scolaire et à populariser nos propositions notamment en assurant un grand succès à notre appel solennel pour l'UNSS ; le SNEP cherchera à élargir cet appel en collaboration avec nos partenaires ;
  • Le congrès appelle les équipes pédagogiques des lycées à intervenir pour que se mette en place l'enseignement de détermination EPS ;
  • Le SNEP poursuivra ses interventions avec les collègues pour le maintien et l'élargissement des moyens accordés aux LP ;
  • Le congrès décide de rassembler la profession et ses alliés autour d'une grande pétition nationale pour la construction d'espaces adaptés à l'enseignement de l'EPS, préparée dès maintenant : 
  • Par des rencontres-débats dans chaque département, autour du référentiel " les grandes salles pour l'EPS " et par la diffusion massive de cet ouvrage,
  • par un classement national des régions et des départements, rendu public, avec distribution de cartons selon leurs efforts en matière de constructions et d'investissements ;
  • Le congrès décide de lancer un large débat dans la profession sur la réduction et la structure des services des enseignants d'EPS ;
  • Le SNEP met en débat la nécessité d'évaluer la valeur physique des élèves ;
  • Le SNEP agira pour défendre la qualité des contenus de formations harmonisées nationalement et donc pour un plan pluriannuel de recrutement d'enseignants en STAPS ; 
  • Le SNEP agira pour la mise en place d'observatoires des pratiques, institutionnels et professionnels, en liaison avec les STAPS, les IUFM et la recherche ;
  • Sur le secteur des métiers du sport et des pratiques un dispositif analogue devra être mis en place ;
  • Concernant les corps en voie d'extinction, le SNEP organisera avec les collègues concernés une demande symbolique de validation des acquis professionnels, l'interpellation des députés et du ministre pour l'accélération des procédures d'intégration, développera la solidarité de la profession. Il proposera à ses partenaires la mise en œuvre de rassemblements auprès des rectorats et du ministère ;
  • Le SNEP demande de nouvelles modalités de formation continue et appelle les collègues à une véritable reconquête de ces dispositifs ;
  • Le congrès appelle les militants à intervenir immédiatement auprès des recteurs pour exiger l'implantation en toute transparence de postes dans les établissements et sur ZR et l'information des demandeurs de mutation ;
  • Le congrès décide la mise en place d'un groupe de travail sur les remplacements et les problèmes de gestion des personnels concernés ;
  • Il demande que les conditions du retour à la mixité des équipes pédagogiques soient mises en place ;
  • Dans le secteur JS, avec l'objectif de porter à terme le budget JS à 1 % de celui de l'Etat, le SNEP recherchera les alliances les plus larges pour engager des actions diversifiées ;
  • Le SNEP interviendra à nouveau en faveur d'une véritable médecine du travail dans notre secteur, pour la prévention et la prise en compte des maladies professionnelles ;

Le congrès appelle les militants à multiplier les initiatives pour renforcer le SNEP, à prendre, dès le retour du congrès, une initiative en direction des non re-syndiqués de leur académie.

VOTE TEXTE AVEC AMENDEMENTS INTEGRES
POUR 141
CONTRE 0
ABSTENTIONS 14
REFUS DE VOTE 1

Amendement Ecole Emancipé repoussé :
Les mobilisations et les luttes ont permis des avancées dans le domaine sociétal, en particulier : PACS, CMU, aide aux personnes dépendantes.
Néanmoins, la politique mise en œuvre ne s'attaque pas radicalement aux inégalités qui se creusent, à la précarité qui s'étend, à la pauvreté qui s'amplifie.

VOTE
Pour l'amendement 19
Pour la partie du texte général en opposition : 118
Contre les deux O
Abstentions 18
Refus de vote 1