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Lettre du SNEP aux formateurs STAPS et IUFM

L’oral 1 du CAPEPS cause un émoi justifié.
La première session du CAPEPS 2010 fait apparaître un changement dans le questionnement initial de l’oral 1(1). En soi, cette procédure n’est pas en décalage avec les textes. Cela a déjà eu lieu précédemment.

En revanche, l’émoi provoqué à cette session, non seulement auprès des étudiants, mais aussi des parents, des formateurs et du SNEP qui se trouve interpellé, tient à la nature de la modification et à son argumentaire.

Cette modification surprise s’inscrit de façon volontariste, malheureusement, dans la logique de la réforme qui est dénoncée par tout le monde. C’est cela qui est choquant et fortement discutable. En effet, prenant appui sur le fait que les étudiants n’auront pas de décharge de service l’année prochaine pour assurer un véritable complément de formation post concours, pure mesure de réduction des moyens d’enseignement, il faudrait recruter des professeurs « prêts à l’emploi ». Le problème, outre que cet objectif est contestable, c’est qu’aucun des étudiants n’aura eu la formation nécessaire pour aboutir à cela. Le changement de question montre en effet une réorientation, de l’exposé formel d’acquisitions attendues (logique à ce stade puisque les étudiants ne sont pas encore des professionnels) vers des contenus d’enseignement cohérents et réfléchis, ce qui suppose effectivement une démarche véritablement professionnelle. Or les candidats n’auront eu que 4 années d’études et donc une perte sèche d’un an de formation. En clair on passe d’une logique de recrutement externe à une logique de recrutement interne. Cela va bien plus loin, dans l’esprit, qu’une simple modification de la question initiale comme cela se passait certaines années précédentes. Ne disposant d’aucun rapport de jury, d’aucun critère d’évaluation sur le sujet, les étudiants vont donc passer « en aveugle » cette épreuve 2010.

Génération sacrifiée ?

Mettons-nous un instant à la place d’un candidat à qui on a déjà dit qu’il serait à temps complet l’année prochaine, qui ne sait, selon sa situation, s’il pourra ou non repasser le concours l’an prochain (problème de l’inscription) en cas d’échec. Toujours dans ce cas de figure, il faudra de toute façon préparer, pour novembre, un nouveau concours (et de nouveaux programmes). Et il apprend au début des épreuves qu’il doit changer in situ ce qu’il avait travaillé.

S’il est de la première session, il est pris au dépourvu, fortement déstabilisé. S’il est d’une session suivante, il se prépare en changeant à toute vitesse ses exposés, dans de mauvaises conditions et risque d’être tout autant déstabilisé.

Cerise sur le gâteau, la présidence du concours affirme que si les candidats ne sont pas jugés satisfaisants, le jury n’est pas tenu de recruter les 450 postes prévus !

Dans le contexte actuel, de réduction de l’emploi public (rappelons quand même qu’il y a quelques années on recrutait 1200 enseignants d’EPS chaque année), d’incertitude sur l’avenir, on aurait pu épargner aux candidats ces soucis et cette pression inutiles, d’autant plus que, le concours changeant l’an prochain, on pouvait tout à fait attendre pour changer de logique.

Toute cette précipitation est regrettable. Mais elle correspond malheureusement à des logiques où les décideurs vivent dans des bulles un peu déconnectées de la réalité. Encore une fois, même si les préoccupations présidant à ces choix peuvent être discutées et avoir une certaine validité, la prise en compte du contexte aurait dû être déterminante. Pourquoi, côté responsables du concours, ne pas s’imposer ce que l’on demande aux jeunes dans le concours, où le mot « contexte » est omniprésent ?

Le SNEP, présent sur place à Vichy et alerté par les étudiants, a immédiatement demandé à être reçu par la présidence du jury, et a débattu avec elle de la situation créée.
En tout état de cause, le SNEP appelle :

  • A pourvoir l’ensemble des postes prévus au concours et ouvrir une large liste complémentaire : la rentrée prochaine se fera déjà sur la base d’un déficit d’enseignants d’EPS titulaires, il est pour nous hors de question d’en rajouter à la politique néfaste du gouvernement ;
  • La présidence du jury à donner des consignes claires pour ne pas éloigner l’oral 1 des attendus cités dans le rapport 2009 et refuser tout questionnement trop marqué « concours interne » ;

Le SNEP soutiendra toute démarche des membres du jury s’ils décidaient de s’exprimer publiquement, à l’instar d’autres jurys de concours, pour demander une véritable année de formation post-concours, a minima dans les conditions de cette année, ce qui ne serait que justice compte tenu de la formation des candidats.
Le SNEP, le 15 juin 2010

(1) D’après nos informations, la question de cette année serait  : « En EPS, pour les élèves du groupe classe ...., dans l'activité ...., après avoir identifié quelques contenus que vous jugez prioritaires pour un cycle d'enseignement permettant d'atteindre la ou les compétences attendues des programmes, vous présenterez, pour la leçon n° .... sur ..... ,  une ou plusieurs situations d'apprentissage prenant en compte ....................... »

La question posée l’an dernier était : « En EPS, pour le groupe / la classe de (selon le tirage au sort) : ……………….. dans l’activité (selon le tirage au sort) : …………………………  Vous présenterez les acquisitions attendues pour ces élèves au cours d’un cycle d’enseignement de dix heures de pratique effective.
 Vous choisirez celles que vous jugez prioritaires et proposerez des contenus d’enseignement appropriés.
 Vous tiendrez compte des éléments figurant dans votre dossier, de l’analyse des caractéristiques des élèves et les précisions éventuelles apportées par votre jury (voir ci-dessous) ».