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Rubrique Retraités - Edito de Benoît Hubert
Secrétaire Général du SNEP-FSU
Avril 2018

Les inégalités et la casse des solidarités collectives comme fondement de la politique macronienne

Au-delà des discours démagogiques prônant une certaine forme d'égalitarisme, les actes de la politique menée par le gouvernement montrent une destruction des fondements de notre modèle de société. Les mises - en regard des différentes catégories professionnelles comme dernièrement la comparaison entre le statut des cheminots, dont on conspue de prétendus privilèges et celui inexistant des agriculteurs, ne visent qu'à manipuler l'opinion publique en divisant les français entre eux pour faire accepter des reculs sans précédent, à tirer toutes les garanties vers le bas et à ouvrir aux marchés des pans entiers de services publics. Cette stratégie, on la retrouve dans l'opposition qu'on organise entre les actifs et les retraités, dont on ose dire qu'ils sont privilégiés. Les premières attaques sur les retraites via la CSG sont de ce point de vue éclairantes, mais le projet de réforme des retraites dans lequel un euro cotisé donnerait les mêmes droits pour tous, va aggraver la situation.

Le régime par points ou par comptes notionnels liquiderait de fait le code des pensions, attaché au statut de la Fonction publique. Il marquerait la fin du calcul sur les six derniers mois, la réversion sans condition d'âge ni de ressources avec une individualisation qui ne tiendrait plus aucun compte des bornes d'âge, des annuités requises, des bonifications… C'est la fin du salaire socialisé qui nous est promise…

Les retraités ne sont, au regard des orientations libérales et d'une France qu'on dirige comme une start up, considérés que comme représentant un coût qu'il convient de maîtriser. Les questions de prise en compte de leur investissement dans la société, de ce qu'ils apportent, de ce qui serait nécessaire pour assurer un niveau de vie en bonne santé à toutes et tous… ne sont pas même évoquées…

Dans un contexte de perte de pouvoir d'achat et dans la perspective de ce projet de réforme systémique, qui n'a d'autre objet que de baisser à nouveau les pensions, les mobilisations des 15 et 22 mars ont été d'une importance particulière. Face à un gouvernement qui n'écoute rien, qui n'entend rien, seules des mobilisations extrêmement massives seront à même de poser les débats nécessaires dans la société.

Nous devons continuer à nous mobiliser pour imposer des réorientations à ces politiques et être toutes et tous dans les manifestations en associant actifs et retraités.

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