|

Rubrique Retraités - Interview de Benoît Hubert
Secrétaire Général du SNEP-FSU
Octobre 2019

Les retraité-es au coeur de l’action

Après une vie au travail, la retraite devrait être ce moment particulier et privilégié pour s’occuper de soi, de sa famille, de prendre le temps en sortant des rythmes infernaux imposés par notre société. Ce devrait être le temps de nouveaux projets, un moment pour donner libre cours à ses passions, ses envies… Le libéralisme en a une tout autre vision. Tout ce qui ne produit pas de richesse est une aberration, tout ce qui relève de la solidarité et du partage est une incongruité. Chacun doit être seul responsable de son parcours de vie et doit s’assurer lui-même de son devenir au moment de la retraite. Il est incroyable qu’au XXIème siècle, les droits sociaux aient subi de telles attaques et de tels reculs, que les retraités pour pouvoir vivre dignement, se soigner, se loger voire même se nourrir, en soient contraints de battre le pavé. Le gouvernement devrait avoir honte de voir se développer des mouvements sociaux portés par celles et ceux qui ont contribué à faire de la France la puissance économique qu’elle est.

Non content de s’attaquer aux retraité-es actuels, il porte une nouvelle réforme des retraites qui va amplifier les inégalités et réduire encore le pouvoir d’achat des futurs retraité-es sous couvert d’universalité et de justice. Comment peut-on être dupes des objectifs de ces projets ? Pourtant, certaines organisations syndicales sont très complaisantes envers ce projet… L’intersyndicale des retraité-es (le groupe des 9), elle, ne l’est pas. Elle ne méconnait pas les attaques et leurs incidences parce qu’elle est au coeur du processus. C’est la raison pour laquelle elle a appelé à une nouvelle journée d’action le 8 octobre pour réclamer une hausse du pouvoir d’achat de l’ensemble des retraité-es.

Actifs et retraité-es sont concernés par ces questions. Ce qui se joue aujourd’hui influera sur ce qu’il adviendra demain et il est temps de réfléchir à unir l’ensemble des forces pour contrecarrer ces politiques sociales délétères.

Non, les retraité-es ne sont pas des privilégié-es, non les retraité-es ne sont pas des variables d’ajustements budgétaires permettant de gager trois francs six sous, non les retraité-es ne sont pas des poids morts dans la société, bien au contraire ! Se mobiliser très largement est une nécessité primordiale pour faire reculer le gouvernement et gagner sur des revendications plus que légitimes. La lutte sera peut-être longue, mais le nombre est de notre côté. Macron veut de chacun-e de nous qu’il s’occupe de son propre parcours, alors occupons nous-en mais toutes et tous ensemble !

Page précédente