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Rubrique Retraités - Interview de Benoît Hubert
Secrétaire Général du SNEP-FSU
Mai 2020

...Le jour d'après

La situation de confinement a été extrêmement difficile dans une crise sanitaire sans précé dent. Le déconfinement progressif, même s’il permet de retrouver quelques libertés, n’en est pas moins difficile. Les services publics et ses agents ainsi que nombre de métiers jusqu’alorsméprisés et invisibles se sont révélés plus qu’indispensables à la continuité de la vie de notre société. Cette crise aura été aussi le révélateur de la complexité des attitudes et comportements entre l’émergence de grandes solidarités d’un côté et les instincts les plus vils faits de dénonciations, de rejets de l’autre. L’hôpital et les EHPAD ont été au centre de toutes les attentions et ont montré la réalité la plus crue des impacts des politiques libérales et des politiques d’austérité.

Cette période touche plus particulièrement les personnes les plus âgées et les retraité.es. Ils ont vu la pandémie les frapper plus gravement que le reste de la population. La fatalité diront certains. A y regarder de plus près, ils sont victimes de la politique menée par les gouvernements successifs.

Le manque de moyens destinés aux services publics, notamment de santé, a contribué à faire exploser les cas de covid19.

Les propos, parfois contradictoires, des membres du gouvernement en ont rajouté dans le manque d’efficacité depuis le début de la pandémie, d’autant qu’il se refuse à entendre les représentants des retraité.es, notamment le groupe des 9.

Plus que jamais se pose la question d’une meilleure répartition des richesses créées par notre Pays. Il n’est pas acceptable d’entendre SANOFI se réjouir d’avoir reversé près de 4 milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires pour 2019, alors que nous sommes toujours dans l’attente d’une loi grand âge avec un grand service de l’autonomie, que le 100% sécu, plus que jamais d’actualité, n’est pas à l’ordre du jour. Il nous faudra être particulièrement vigilant.es sur le pouvoir d’achat des retraité.es dont nous revendiquons la hausse. La crise actuelle et le remboursement de la dette créée pour venir en aide aux différents secteurs de l’économie et aux plus démunis ne doivent pas être le prétexte à de nouvelles ponctions des retraites, ni à des redéploiements de budgets entre les services publics.

Le « monde de demain » ne peut, ne doit être celui d’hier porté par les lobbys libéraux et le patronat. Une autre politique doit être au cœur du processus de reconstruction, un autre projet de société doit être construit qui tourne le dos aux projections de ce gouvernement. Cette construction est l’affaire de toutes et tous et nous devons en être acteurs.

Heureusement l’activité syndicale se poursuit, certes plus limitée mais toujours présente.

Si déconfinement il doit y avoir, nos revendications seront les premières déconfinées

 

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