| Edito d'Alain Goudard
Fainéants : en faisant l’annonce d’une augmentation du temps de présence des enseignants du 2nd degré dans leur établissement (26h par semaine), le candidat-président n’a pas hésité à reprendre à son compte l’argumentaire nauséabond selon lequel « un prof ça ne travaille finalement pas beaucoup ». Marche de dupe : les collègues ont de la mémoire et savent compter. Ils ont compris dans l’instant la supercherie de l’équation présidentielle : 44% = 25% ... Une augmentation du temps de travail de 44% (8h +18h) pour une augmentation (500 euros) correspondant à 25% du salaire pour un jeune prof et à 16 % en fin de carrière. Hommage du vice à la vertu : N. Sarkozy et ses relais ne cessent de se lamenter sur les terribles blocages auxquels le président a dû faire face pendant son mandat et qui l’ont empêché d’aller au bout de ses réformes. Les 80.000 suppressions d’emplois à l’éducation nationale qui seront effectives à la rentrée 2012 n’étaient donc qu’une mise en bouche ! Leur projet est donc bien de continuer. Dans le même temps, un formidable mouvement de dénonciation et de contestation réunissant les personnels, les parents, les jeunes, certains élus, s’est développé dans nos établissements face aux DHG. Il doit se poursuivre et s’amplifier encore, parce qu’il participe aussi, de façon singulière, à la campagne, suscite des débats, permet des prises de conscience et pèsera indéniablement dans et sur l’avenir.
Alain GOUDARD
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