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Edito de Serge Chabrol
Secrétaire Général du SNEP

Une rentrée de luttes
Le 24/08/10 

Serge Chabrol, secrétaire général du SNEP, répond aux questions de la rédaction

Le dossier retraites avait provoqué de fortes mobilisations avant les vacances. Où en est-on ?

Effectivement, le 24 juin l’a montré avec une mobilisation exceptionnelle dans une période peu propice aux luttes puissantes : la population est décidéeà faire entendre son refus de la réforme proposée par le gouvernement et ses propositions alternatives.
Le pouvoir a cherché cet été à détourner l’attention de l’opinion avec la mise en avant de propositions sécuritaires, xénophobes, pour certaines considérées comme anticonstitutionnelles par des juristes (prison pour les parents de mineurs délinquants, retrait de la nationalité pour des délinquants « d’origine étrangère », attaques contre les « gens du voyage », …). Tout était bon, même l’odieux, pour éviter de parler des véritables problèmes (retraites, santé, emploi, salaires, dégradation des services publics, etc.).
Mais que le gouvernement ne se fasse pas d’illusion, les français n’ont pas la mémoire courte et ne se laisseront pas rouler dans la farine. Les grands dossiers et notamment celui des retraites occuperont le devant de la scène dès début septembre.

Le 7 septembre, on attend une forte mobilisation ?

Non seulement on l’attend, mais il faut qu’elle soit au rendez-vous. En plaçant le débat parlementaire sur les retraites entre le 7 et le 20/09, le gouvernement veut prendre les salariés de vitesse, éviter tout débat de nature à éclairer l’opinion publique. Il faut donc que nous réagissions, tous ensemble, salariés du public et du privé et soyons encore plus nombreux que le 24 juin dans l’action, dès la journée interprofessionnelle de grèves et de manifestations unitaires du mardi 7. Le SNEP appelle enseignants d’EPS et professeurs de sport à la grève.

D’autant que l’unité s’est élargie ?

FO qui n’avait pas appelé aux actions unitaires interprofessionnelles des 23 mars, 1er mai, 24 juin 2010, a décidé de rejoindre l’intersyndicale pour le 7 septembre.
La CGC, elle aussi, appelle à l’action le 7.
On retrouve donc le front des 8 grandes organisations syndicales : CGT, CFDT, FO, FSU, UNSA, Solidaires, CFTC, CGC.

Le 7, baroud d’honneur ou début d’une nouvelle phase de mobilisation ?

Pour le SNEP et la FSU, il est bien clair que la mobilisation du 7 doit être exceptionnelle et permettre la poursuite et l’extension du mouvement unitaire. Dès le 7 les AG de grévistes devront se poser la question des suites sur les retraites, mais aussi sur l’ensemble des dossiers revendicatifs d’actualité. C’est un large mouvement social que nous entendons construire pour imposer la prise en compte de nos exigences.

Dans ces dossiers revendicatifs, il y a celui du service public d’éducation, gravement attaqué.
Ne risque-t-il pas d’être oublié dans les mobilisations qui s’annoncent ?

Ce sont les mêmes choix politiques, économiques et sociaux qui marquent les différentes réformes en cours (retraite, santé, emploi, services publics, éducation, sport, …). Dans le système éducatif, les dégradations sont considérables et la rentrée les met en évidence (conditions de formation des jeunes, de travail des personnels, de formation des enseignants, …). L’action doit donc se développer aussi, dès septembre, sur les questions scolaires.
Nous appelons les enseignants d’EPS à se réunir dès la prérentrée, ensemble et avec les autres personnels
pour débattre de l’action, pour organiser les ripostes indispensables, sur tous les fronts, spécifiques et généraux, locaux et plus larges. Nous devons intervenir auprès des parents, de l’opinion, des élus, de l’administration de l’EN, dès la prérentrée et les jours suivants, et mener l’action.

Le SNES a lancé un mot d’ordre de grève pour le lundi 6 septembre dans lesecond degré, tout en appelant à l’action interprofessionnelle du 7 ?

Effectivement et le SNEP appelle les enseignants d’EPS des collèges et lycées, à construire l’action avec l’ensemble des personnels, au sein des établissements scolaires et à participer à l’action de grève du 6, partout où la mobilisation décidée collectivement s’avèrera importante, sans affaiblir celle du 7. Pour le permettre, le SNEP a déposé un préavis pour le 6 et le 7.

Il y a aussi la vigilance et la lutte de tous les jours, au plus près du terrain ?

Bien entendu, il faut ne rien laisser passer : sur les emplois du temps, les services, les droits des personnels, l’A.S., le forfait sport scolaire, les remplacements, etc. Ce bulletin vous donne des outils pour vous défendre. Utilisez-le et n’hésitez pas à contacter le SNEP local.

A cette rentrée, il y a le dossier particulier des stagiaires venant d’être reçus au CAPEPS ?

Il nous faut poursuivre l’action engagée l’an passé de refus d’être tuteur dans les conditions scandaleuses faites aux stagiaires. En même temps, nous ne saurions rejeter ces jeunes collègues. Il nous faut organiser dans les établissements, les secteurs, les académies, un accueil et un soutien militants. Il faut qu’ils se sentent pleinement membres d’une profession solidaire mais en lutte pour l’amélioration de la formation des enseignants.

Une rentrée chargée, mais qui débute par unenouvelle qui crédibilise l’action syndicale ?

Une rentrée de luttes, dynamique, militante, solidaire, … que nous imposent les choix du gouvernement, contraires à l’intérêt des jeunes, des salariés, du service public. Dans cette situation, c’est notre rôle d’organisation syndicale de ne rien lâcher.
Si le SNEP avait abandonné, ces dernières années, comme certains l’ont fait, la bataille pour l’augmentation des recrutements en EPS, aurions nous obtenu ce qui vient d’être annoncé pour les postes au CAPEPS 2011? (A l’externe, passage de 450à 560 et à l’interne de 40 à 48). Même si cela reste insuffisant au regard des 1 200 à 1 300 départs à la retraite annuels et des besoins de la discipline non couverts, 25% d’augmentation c’est une avancée notoire dans le contexte de la politique gouvernementale de réduction de l’emploi public, une avancée
due à l’action inlassable des militants du SNEP et de la profession ! Cela ne peut que nous inciterà poursuivre et amplifier la lutte !

Avec un temps fort particulier pour l’EPS et le Sport ?

Le SNEP organise en effet les « EPSiliades », les 12, 13, 14 novembre 2010. Un moment de rencontre et de débats entre professionnels de l’enseignement, avec les collectivités territoriales, les associations sportives et éducatives, le monde sportif, la société civile, bref, un temps de « mutualisation » et de manifestation pour tous les acteurs du sport et de l’EPS ; un temps culturel et convivial mais aussi un moyen d’interpeller les politiques.
Ce sera le temps fort pour l’EPS, pour le sport scolaire, pour un sport éducatif !

Le rendez-vous à ne pas rater !

 

Serge Chabrol
Secrétaire général
23 juin 2010