|

Edito de Benoît Hubert
Secrétaire général du SNEP-FSU
Octobre 2018

Toujours plus et mieux avec toujours moins !

Aux dégradations rencontrées cette année avec l’accueil de 26 300 élèves supplémentaires sans aucun moyen de plus, le projet de budget 2019 présente une première saignée du second degré, avant la mise en œuvre de la réforme lycée et de la voie professionnelle qui permettra d’aller beaucoup plus loin. La rentrée 2019 devrait donc se faire avec 2 600 postes d’enseignants de moins (et 400 administratifs), alors même que 32 000 élèves supplémentaires sont attendus. Pour en masquer les effets inévitables, le ministre prévoit entre autres la possibilité d’imposer deux heures supplémentaires… Les orientations définies par le comité Action Publique 2022 sont déjà à l’oeuvre : suppression de postes de fonctionnaires, augmentation des heures supplémentaires, recrutement massif de contractuels… La dégradation des conditions de travail des enseignants et des conditions d’étude des élèves, la précarisation du métier, entraineront une éducation au rabais.

Dans ce contexte éducatif morose, les attaques sur l’EPS prennent une dimension nouvelle, au regard des orientations retenues au ministère des sports dont la fin est programmée. La place des pratiques physiques sportives et artistiques dans la société est mise en question et minimisée. C’est une vision rétrograde des besoins sociaux. De ce point de vue, les programmes EPS lycée qui seront très bientôt soumis à la consultation de la profession, seront éclairants.

Se mobiliser contre ces projets pour défendre l’éducation des jeunes, notre profession, notre discipline, l’École et plus largement notre modèle social basé sur l’entraide et la redistribution, est une nécessité. Le 27 septembre, ce sont les enseignants de la voie professionnelle qui se sont mobilisés. Un temps fort a été ensuite programmé le 9 octobre, lors de la journée de mobilisation interprofessionnelle, un autre est en construction pour l’Éducation avec l’ensemble des fédérations. Pour l’EPS, le colloque national des 15, 16 et 17 novembre, pour lequel vous êtes convié-es, sera l’occasion de manifester, mais aussi de réfléchir aux alternatives possibles. Enfin, pour contester des réformes rétrogrades et dangereuses, défendre l’intérêt général, porter nos revendications… les élections professionnelles du 29 novembre au 6 décembre 2018 doivent être un moment important de mobilisation qu’il ne faut pas rater !

 

Page précédente