Edito de Serge Chabrol
Secrétaire Général du SNEP
La France en récession : d'autres choix indispensables !
Le 22/05/13
Mercredi 15 mai, comme avant chaque réalisation de bulletin, une question me préoccupe : quel thème pour l’édito ? Le soir, je zappe sur les journaux télévisés où plusieurs thèmes sont abordés :
- La France est entrée en récession avec deux trimestres de croissance négative.
- F. Hollande s’est rendu à Bruxelles où il a tenu à rassurer les commissaires européens (ces technocrates non élus). La France va poursuivre ses efforts, elle ne changera pas de ligne, la « rigueur » sera poursuivie avec comme prochaine réforme celle des retraites (principaux axes avancés : la désindexation des retraites et donc la baisse du pouvoir d’achat des retraités, l’allongement de la durée de cotisation et donc des décotes importantes en prévision).
- Contradictoirement avec les propos de F. Hollande, en Hollande (aux Pays Bas !), le gouvernement, confronté à la récession, vient de décider de renoncer à des mesures d’austérité prévues comme le gel des salaires des fonctionnaires, le gel des barèmes de l’impôt sur le revenu, la réforme du marché du travail (3 mesures déjà en place chez nous !).
- En Allemagne, où la croissance est aussi en baisse avec seulement 0,1% au 1er trimestre et où 11 millions de travailleurs vivent sous le seuil de pauvreté, les métallos, par leurs luttes avec le syndicat IG Mettal, obtiennent une augmentation de leurs rémunérations de 5,6% sur 20 mois à compter du 1er juillet 2013.
Thème tout trouvé pour un édito ! L’austérité, même estampillée « rigueur », et la diminution des dépenses publiques entraînent récession, augmentation des inégalités et du chômage, dégradation des services publics et des protections sociales, … Hier nous étions seuls, certains syndicats, des associations, des économistes et quelques politiques à l’affirmer, aujourd’hui nombre de politiques, davantage d’économistes dont y compris des experts du FMI l’admettent. Une autre politique est donc bien nécessaire, … et possible ! Nous avons à poursuivre le débat d’idées pour que des propositions économiques et sociales alternatives soient de plus en plus jugées comme crédibles et incontournables par les salariés et la population. Il ne doit pas y avoir de tabous ! Il faut débattre du partage des richesses, de fiscalité, des revenus du capital par rapport à ceux du travail, de rôle des banques centrales, de relance de la consommation, d’augmentation des salaires, … Autant de sujets qui ne doivent pas être laissés aux experts, mais doivent être pleinement portés par un véritable travail pluraliste et unitaire d’éducation populaire. C’est cette démarche que le SNEP a initiée sur l’EPS et le sport scolaire de débat public large autour du Manifeste, qui doit être portée par les syndicats et notamment la FSU, avec d’autres forces sociales pour convaincre et mobiliser sur ces sujets de politique générale qui ont des effets concrets sur nos conditions de travail, de vie, de salaires et sur le vivre ensemble. Mobiliser est bien l’objectif car les luttes (les métallos allemands le montrent) sont indispensables à la prise en compte de nos demandes, quel que soit le gouvernement en place.
Serge CHABROL
Secrétaire général
16 mai 2013 |