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Paris, le 26 avril 2010

Madame Marion ZALAY
Directrice de l’enseignement et de la recherche
Ministère de l’Agriculture
DGER
1ter avenue de Lowendal
75700 PARIS 07 SP

Madame la Directrice,
A la commission spécialisée lycées du 28 avril 2010, préparatoire au CSE, vont être examinés différents projets d’arrêtés portant sur les référentiels et épreuves de baccalauréats professionnels. Certains relèvent du ministère de l’Education nationale, certains du ministère de l’Alimentation, de l’agriculture et de la pêche.

Concernant la discipline EPS et les épreuves d’EPS à l’examen du bac professionnel, les textes du MEN sont bien en référence à l’arrêté du 10 février 2009 sur les programmes EPS de bac professionnel. Mais c’est avec beaucoup de surprise que nous découvrons que les textes relevant du MAAP prennent des distances considérables avec cet arrêté pourtant cité comme texte de référence.

Le premier problème, tranché lors des débats sur le programme lycées professionnels, concerne l’appellation des activités de références. Il est tout à fait inconcevable, alors même que l’institution pédagogique affiche la volonté d’une unification et d’une « normalisation » des termes et notions, que des textes officiels du MAAP se démarquent en transformant le sigle APSA (activités physiques, sportives et artistiques) qui est ancré dans la profession et dans les formations, par celui d’APSAES (activités physiques sportives, artistiques et d’entretien de soi). La notion d’entretien de soi est contestée et contestable comme mode de regroupement d’activités sociales, il est pour nous inacceptable de l’entériner ici comme une évidence, en marge de toute réflexion professionnelle et scientifique, mettant ainsi les référentiels des lycées agricoles en marge des autres.

Deuxième problème : alors même que les conditions d’enseignement offrent un volume horaire inférieur pour l’EPS en bac professionnel au MAAP par rapport à l’EN (ce que nous continuonsà contester), les textes MAAP introduisent l’obligation de passer au minimum par 4 compétences propres sur la scolarité en bac professionnel alors que l’exigence n’est que de 3 dans le texte général. La contrainte imposée sous prétexte de diversité introduira dans certains établissements une diminution des temps d’apprentissages sur chaque APSA, et donc aura des retentissements négatifs sur la réussite du plus grand nombre.

Troisième problème : le texte général sur les bacs professionnels n’a pas introduit la notion de « passage obligé » pour la compétence propre centrée sur l’entretien et le développement de soi. (Cette notion n’a été introduite que dans les programmes des lycées généraux et technologiques). Nous contestons cette obligation de fait et demandons qu’on en reste à l’incitation contenue dans le texte du 10 février 2009 sur les programmes baccalauréats professionnels qui demandent une « attention particulière » concernant les activités de pleine nature, les activités artistiques et acrobatiques et celles centrées sur l’entretien et le développement de soi.

Le quatrième problème concerne les aberrations issues de ce qu’il est convenu d’appeler l’approche par compétences. Cette logique, là encore sans appui sur l’expérience professionnelle ou la recherche scientifique, amène les rédacteurs à utiliser la notion controversée, abstraite et non spécifique à l’EPS de motricité comme titre du module concernant l’EPS (C3). L’idée même de « compétence motrice» est un non-sens scientifique : même dans les textes de l’éducation, qui sont loin d’être une référence en matière de rigueur, on a entériné l’idée qu’une compétence est un ensemble composite de connaissances, capacités et attitudes, et donc dépasse largement la « dimension motrice ». Le document agriculture s’affranchit de tout cela pour s’appuyer sur « les connaissances, les savoirs et savoir-faire ».

Bref, le texte présente beaucoup de problèmes qui le situent dans une « zone d’autonomie » totalement contestable. Comment comprendre aujourd’hui cette logique qui ne répond pas à des besoins « pratiques » liés au contexte d’enseignement ?

Notons enfin que ces orientations ont été définies par les rédacteurs chargés de la partie EPS des référentiels, sans aucune consultation des collègues concernés. Une nouvelle fois, à travers des textes, beaucoup plus contraignants que le texte général, référence pour l’EPS en bac professionnel, l’administration entend imposer des transformations de la discipline EPS, ce qui revient à faire des enseignants des applicateurs et non des personnels concepteurs de leur enseignement.

Nous demandons donc une révision de la partie EPS des textes présentés pour les bacs professionnels du MAAP, notamment dans leur partie titrée UNITE 3, dans le sens évoqué plus haut. Si tel n’était pas le cas, nous serions amenés à déposer des amendements pour le CSE.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Madame la Directrice, l’expression de notre considération distinguée.

Serge CHABROL
Secrétaire général
Christian COUTURIER
Responsable national

 



Courrier également adressé au Doyen M.Savy, aux IPR Mme Kuntz et M. Crouzillas