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Abaissement des services des enseignants d'EPS
Obtenir l'ouverture de négociations

Ces dernières années ont vu le service des PLP d'enseignement professionnel abaissé à 18h et celui des enseignants de disciplines artistiques abaissé à 18h pour les certifiés et 15h pour les agrégés. Les professeurs des écoles travaillant en Segpa viennent, après une longue lutte, d'obtenir l'engagement d'abaissement à 18h du leur, en plusieurs étapes.
Seuls donc maintenant les enseignants d'EPS ont un service supérieur aux autres enseignants des collèges et lycées. 
Pour de simples raisons d'équité entre les différentes catégories d'enseignants, le SNEP revendique l'abaissement du service de l'ensemble des enseignants d'EPS. Obtenir des négociations sur ce dossier est pour le SNEP une des priorités de la période à venir.

L'activité du SNEP sur ce dossier dans la dernière période

Nous avons posé fortement, aussi bien auprès de C.Allègre d'abord que de J.Lang ensuite, la question du métier, des conditions de travail et des services, en nous appuyant sur les 6300 signatures sur notre pétition pour la réduction des services. Si J.Lang, dans un premier temps, nous demandait de justifier la revendication, nos pressions, nos explications ont fait mouche puisque ensuite, il ne contestait plus la nécessité de l'abaissement, mais nous objectait le coût d'une telle mesure, en terme de créations de postes (beaucoup plus que pour les enseignants de disciplines artistiques ou ceux de Segpa).

La nécessité de travailler sur la justification de la revendication

Ne nous le cachons pas, la justification de l'abaissement pour les enseignants d'EPS n'est pas gagnée auprès de l'opinion et des décideurs, mais aussi auprès de certains collègues.
C'est un débat complexe, parce que le service peut être différent ou vécu différemment selon les conditions de l'exercice du métier (début ou fin de carrière, installations de qualité ou non, établissement plus ou moins difficile, effectifs élèves, …). Notre métier présente des spécificités fortes par rapport aux autres disciplines, comme une pénibilité physique incontestable ou la présence d'un forfait dans le service pour le sport scolaire. 
Dans un dossier du bulletin 641, fin mai 2001, nous avions développé un argumentaire sur les spécificités et de la pénibilité particulière (1). Celles ci justifient amplement l'abaissement de nos services.

Quelle liaison avec les autres revendications ?

Dans leurs réponses à l'enquête lancée par le SNEP en 1999/2000, les collègues privilégiaient largement deux éléments pour améliorer l'exercice du métier : la qualité des installations et la réduction des effectifs. Ensuite venaient la réduction des maxima de service en fonction de critères (début et fin de carrière, classes difficiles,…), l'intégration dans le service de toutes les tâches d'enseignement, la réduction des maxima de service pour tous.
Nous avons donc un faisceau de revendications à avancer, de façon cohérente et coordonnée.
Les débats de cette année autour du rapport sur le sport scolaire ont mis en évidence l'importance de notre revendication sur le maintien, dans le service, du forfait AS de 3h, indivisible. La bataille sur cette question est loin d'être terminée. 
De plus en plus nombreux sont les collègues qui font état de leur difficulté à enseigner, à raison de 17h + 3h, jusqu'à 60 ans. Le dépouillement de l'enquête sur les questions de retraite est éclairante à ce sujet et montre bien la pénibilité spécifique de notre métier. Il apparaît indispensable de revendiquer, en priorité, un abaissement du temps de travail et un allègement de la charge de celui ci en fin de carrière. Sous quelles formes ? 
- Abaissement progressif du service à partir de 50 ans ?
- retraite à 55 ans ? (pour tous, pour ceux qui le souhaitent ?)
- possibilité de prendre la CPA à partir de 50 ans ?
- mi temps en EPS, utilisation des compétences acquises pour des tâches diverses sur l'autre mi temps (UNSS, conseiller technique, tuteur,…)

La pénibilité, c'est aussi l'enseignement dans certains établissements difficiles. La définition des services doit en tenir compte en terme de décharge de service, d'intégration de la concertation et du travail collectif indispensable.

Se pose aussi la nécessité d'une entrée plus progressive dans le métier avec un service allégé sur les premières années permettant un tutorat et une formation complémentaire basée sur l'analyse concrète des réalités vécues dans l'enseignement.

Bien entendu, doivent être avancées en parallèle nos revendications sur les conditions de travail (installations, crédits, effectifs, horaires, …)

Relancer la pression dès maintenant.

Le SNEP a posé l'exigence d'abaissement des maxima de service lors de l'audience de la FSU auprès du nouveau Ministre, L.Ferry, le 16 mai. Nous poursuivrons nos interventions avec ce ministre et auprès du gouvernement qui sera issu des législatives en juin.
Obtenir gain de cause sur cette revendication qui implique la création de milliers de postes va nécessiter une mobilisation de la profession longue et de haut niveau. Il ne suffira pas à la direction nationale du SNEP d'intervenir après du ministre, quel qu'il soit. Cela va impliquer un investissement militant du plus grand nombre. Rappelons que les collègues de Segpa ont fait de multiples grèves et manifestations pour obtenir un plan échelonné d'abaissement.

Nous avons donc à convaincre et à agir collectivement pour obtenir l'ouverture de négociations sur l'abaissement du service des enseignants d'EPS. Ce sera une des exigences syndicales de l'année 2002/2003. Tout en posant, en parallèle les questions de la revalorisation de notre métier et des conditions de travail.

Serge CHABROL