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CONSEIL DELIBERATIF NATIONAL DU S.N.E.P.
DES 31 août et 01 septembre 2011

 

Texte action

Texte action CDN 31 août et 01 septembre 2011

 

A un moment décisif pour le type de société à venir, pour nos droits, pour la satisfaction des besoins de la population, le SNEP, la FSU, les forces sociales doivent travailler à une société ancrée sur les solidarités.
La période qui s’ouvre est décisive : elle peut soit ouvrir la voie à une alternative progressiste renouant avec les valeurs que portaient à la Libération les promoteurs du modèle social français, soit achever le passage à une société consacrant le triomphe de l’individualisme, d’une concurrence débridée, la fin des solidarités. Ce scénario, bien ancré dans les têtes de nos élites libérales, signifierait des services publics réduits à la portion congrue, une fonction publique démantelée au profit de missions d’intérêt général dévolues au privé, l’emploi dégradé, la pauvreté et les inégalités croissantes. Le droit à la santé, les transports, l’éducation, relèveraient alors des moyens de chacun.
Le Président de la République et son gouvernement ont beau déployer la culpabilisation et la dramatisation autour de la question de la dette, une large majorité de Français ne leur fait pas confiance et aspire à un changement de politique. L’enjeu pour les forces politiques alternatives progressistes est de gagner en crédibilité quant à leur capacité à changer le cap et proposer une autre politique économique et sociale.
Le mouvement syndical a donc une responsabilité singulière : celle de construire une large mobilisation populaire qui pèse en faveur de propositions alternatives aux politiques libérales menées depuis des années ; mobilisation sans laquelle la prise en compte des revendications des salariés dans les programmes politiques n’a aucune chance d’aboutir. Telle est l’orientation syndicale que le SNEP souhaite faire partager à une très grande majorité des enseignants d’EPS et professeurs de sport.

La rentrée scolaire 2011 s’effectue alors que le gouvernement engage un plan d’austérité censé répondre à une situation économique et financière qui se détériore et dans laquelle sa responsabilité est totalement engagée. Elle est en fait le résultat de la politique menée et des choix réalisés depuis plusieurs années, dont les effets réels ont été de l’aggraver, en ne répondant pas aux besoins d’investissements productifs et humains.
En réalité, ce sont les marchés financiers qui continuent à donner le « la »  de la politique parce que le pouvoir n’a pas voulu tirer les leçons de la crise.

Avec le plan d’austérité du 24 août dernier, non encore totalement dévoilé, le gouvernement engage le pays dans une voie économiquement néfaste, aux ordres de la doxa ultra libérale qui exige, comme partout dans l’Union Européenne, de réduire en priorité les déficits publics artificiellement créés, quelle que soit la conjoncture économique, en réduisant les dépenses publiques et sociales et en maintenant le cap sur la diminution des recettes de l’Etat que sont les prélèvements obligatoires. La timide reprise constatée au cours de l’année 2010 est en train d’être brisée, la priorité du gouvernement étant de caresser dans le sens du poil les agences de notation afin qu’elles ne dégradent pas la France et que celle-ci garde la note de triple A. Pour cela, le Président de la République tente d’introduire dans la constitution française une contrainte d’équilibre budgétaire (« la règle d’or ») sans en poser la totalité des enjeux ni des modalités potentielles. Il ne s’agit en réalité que d’imposer, pour les années à venir, une politique budgétaire d’austérité, indépendamment de la situation économique, des besoins sociaux, des choix politiques et de société faits démocratiquement par une majorité de Français.
Cette politique est économiquement inadaptée aux besoins économiques et sociaux car elle ne peut que maintenir ou aggraver la récession. Elle est simultanément socialement inquiétante parce que s’annoncent de nouveaux sacrifices pour les salariés qui s’ajoutent à ceux déjà subis, alors que dans le même temps, pour l’essentiel, les plus riches seront une nouvelle fois épargnés. Le développement de la pauvreté, du chômage, de la précarité, l’accroissement des inégalités, sont le résultat de cette politique qui s’est fixé comme objectif l’affaiblissement de tout le système de protection sociale.
Pour tenter de contenir le mécontentement et masquer sa responsabilité dans la situation présente, il est contraint de manœuvrer et de faire machine arrière sur deux mesures phares de sa politique contenues dans la loi TEPA de juillet 2007 : l’abandon du bouclier fiscal  (mais seulement au 01/01/2013, et accompagné de la réduction de l’Impôt sur la Fortune) ; une remise en cause partielle de la défiscalisation des heures supplémentaires, emblème du travailler plus pour gagner plus.

Dans le même temps, la période génère des prises de conscience. Des débats et des contestations se développent (mouvement des Indignados en Espagne, étudiants au Chili, refus des Islandais de payer la dette). Des économistes, des syndicalistes, des intellectuels, des politiques, expriment des propositions alternatives. Le SNEP et la FSU doivent être partie prenante de ces débats en toute indépendance. Parce qu’ils sont au cœur des enjeux, le partage des richesses et la construction des solidarités traversent ces débats. Il s’agit de travailler à la construction d’une société dans laquelle les valeurs de solidarités et d’égalités seront centrales.

A l’éducation, la rentrée sera marquée par une augmentation du nombre d’élèves scolarisés dans le 2nd degré (+ 79 500), moins d’enseignants titulaires (- 4800), un nouvel accroissement du recours aux personnels précaires. Les conditions d’études des jeunes, de travail des personnels, vont donc connaître une nouvelle dégradation qui s’ajoute aux précédentes (60 000 emplois en moins à l’EN depuis 2007).
Et le ministère programme de poursuivre la même politique, n’anticipe aucunement les augmentations d’effectifs du 2nd degré pour les années à venir, liées à l’augmentation de la natalité à partir des années 2000, puisqu’il prévoit à nouveau plusieurs milliers de suppressions d’emplois au budget 2012 (autour de 6 000 dans le 2nd degré).

Cette rentrée est aussi marquée par la mise en place de nouvelles étapes de réformes tous azimuts qui visent à instaurer une école à deux vitesses, provoquent les sorties précoces du système éducatif pour un grand nombre d’élèves, détériorent globalement l’offre de formation et sa qualité. Au nom de l’autonomie des établissements, la gestion de la pénurie des moyens est renvoyée sur le local, avec une responsabilité renforcée du chef d’établissement au détriment du CA. Le discours officiel sur la réduction des coûts de l’éducation ne sert en réalité que d’alibi à une transformation profonde des missions du service public d’éducation, et tout particulièrement celles du 2nd degré et de l’université.
Les premiers jours de l’année scolaire doivent être mis à profit pour rencontrer et rassembler localement  les collègues (heure mensuelle syndicale de rentrée), pour faire un bilan des conditions locales de rentrée, pour les faire connaître, pour intervenir et impulser des mobilisations pour d’autres conditions (autour du refus des HSA par exemple), pour proposer et animer des cadres d’action, pour rassembler la population autour de nos revendications avec le souci de renforcer les alliances et la médiatisation autour de nos luttes, et de faire le lien entre celles-ci et les questions économiques et sociales développées ci-dessus. Ce sera la meilleure façon de préparer l’action du 27 septembre.

Pour l’EPS et le Sport Scolaire, les effets cumulés des déficits de recrutements des années précédentes, conduisent à une très mauvaise rentrée : postes définitifs vacants, horaires obligatoires non assurés, augmentation des effectifs, pression pour imposer les heures supplémentaires, nouvelle diminution du nombre de TZR. Le recours aux personnels précaires va être nécessaire dès les premiers jours de l’année scolaire, avec le risque d’un vivier insuffisant, et des zones géographiques (urbaines difficiles, rurales isolées) non couvertes. La nouvelle circulaire natation parue en juillet 2012, va aggraver les conditions d’enseignement des personnels et de pratique des élèves. Quelles que soient les difficultés rencontrées, le SNEP sera aux côtés des collègues pour y faire face.
Comme en témoigne l’annonce d’une nouvelle augmentation des recrutements en EPS pour 2012, dans le contexte général, l’activité syndicale incessante du SNEP et de ses militants pour le respect des horaires obligatoires, du forfait AS, pour la création de postes, contre la multiplication des heures supplémentaires, etc … porte ses fruits.
L’éducation est, à plusieurs titres, emblématique : emblématique de l’idéologie gouvernementale, accumulant les suppressions de postes, théorisant l’inégalité des aptitudes et le traduisant par ses réformes ; emblématique aussi par la résistance des personnels, attachés à l’idée de démocratisation, luttant dans les établissements pour garder le sens de leurs métiers. Quelles que soient les déceptions, quel que soit le trop peu de visibilité des résultats obtenus, les combats menés dans ce secteur alimentent une dynamique syndicale. Le pouvoir n’est pas en capacité d’aller aussi loin qu’il l’aurait souhaité.

La détermination de la FSU à rassembler tout en avançant ses propres alternatives pour l’Ecole, a fini par payer : le 27 septembre verra l’ensemble du monde éducatif en action. Le CDNE appelle les enseignants d’EPS à faire de cette journée une puissante mobilisation avec grève et manifestations, à la fois sur les questions budgétaires et pour d’autres réformes.
Dans la même période, le colloque FSU « Donnons un avenir au système éducatif …pour la réussite de tous » le 28 septembre à Paris, sera un temps fort national de la campagne visant à mettre au cœur du débat national les propositions de la FSU pour une autre Ecole. Le CDNE appelle à organiser une participation du SNEP qui contribue au succès de cette initiative.

La politique sportive, comme le sort fait à ses missions et aux personnels, sont hélas victimes de la même orientation régressive. Dans le prolongement des dégâts engendrés par la RGPP, l’Assemblée du sport présage d’une nouvelle étape de dégradation en faisant notamment la part belle au patronat, au détriment des représentants syndicaux et organisations de pratiquants.
Les résultats des élections professionnelles du 13 au 20 octobre, quels que soient les ministères où exercent les personnels, seront essentiels dans l’évolution du rapport de force. Le CDNE du SNEP appelle donc à une mobilisation maximale de toute la structure syndicale pour assurer une participation massive de nos collègues aux votes, condition indispensable au succès des listes SNEP et FSU aux différents scrutins.
La période qui s’ouvre s’avère donc déterminante. La très courte campagne des élections professionnelles (6 semaines) nécessite que dès le jour de la prérentrée, l’outil syndical soit au maximum de ses capacités de fonctionnement.
En conséquence, le CDNE retient la proposition d’organiser au plus près des lieux de travail, sans attendre et au plus tard le 27 septembre, des rassemblements de collègues selon des modalités retenues par les bureaux départementaux (AG de rentrée, conseil syndical départemental, AG de grève, …) afin de débattre de la situation de rentrée et d’en faire un bilan précis, d’organiser les interventions et les mobilisations, de faire partager les enjeux d’une participation et d’un vote massif pour les listes SNEP et FSU aux scrutins de ces élections professionnelles.
Il appelle les S2 à une intervention syndicale systématique à l’occasion de l’AG UNSS de rentrée sur l’actualité et les enjeux du sport scolaire. L’avenir du service public du sport scolaire du second degré (notamment le maintien du forfait de 3h d’AS dans le service de tous les enseignants d’EPS) sera au cœur des enjeux et du vote des collègues à l’occasion des élections professionnelles du 13 au 20 octobre.

D’autres mobilisations sont d’ores et déjà prévues, auxquelles le SNEP appelle ses adhérents, et plus largement les enseignants d’EPS et professeurs de sport à participer : journée « La santé en danger » le 24 septembre ; journée des organisations de retraités le 6 octobre.
Le CDNE appelle les militants du SNEP à travailler à la préparation d’une journée interprofessionnelle de mobilisation dans les premiers jours d’octobre. Le SNEP propose que la FSU porte le mandat d’une indispensable journée interprofessionnelle de grève.

Pour la première fois et dans l’esprit des Epsiliades, le SNEP organise une initiative nationale sur le thème « sport demain, enjeu citoyen » les 30 et 31 mars 2012 à Créteil. Cet événement concerne tous les acteurs du sport, dont nos collègues professeurs de sport et enseignants d’EPS. Il mettra en débat la place du sport dans la société face à la marchandisation et l’instrumentalisation politique, ainsi que la nécessité de sa transformation pour un sport éducatif et émancipateur.

La situation des stagiaires à cette rentrée est aggravée, contrairement à ce que dit le Ministre, avec un alourdissement de leur charge de travail et une formation encore réduite, souvent inadaptée. Le SNEP continue de dire qu’il faut revoir en profondeur la « réforme » du recrutement et de la formation des enseignants et rétablir une décharge d’un mi-temps pour la formation pour les fonctionnaires stagiaires. Celle-ci doit être en priorité disciplinaire en lien avec les APSA. Il appelle les collègues à accueillir les stagiaires de manière militante, y compris en organisant des stages syndicaux. Avec les équipes d’accueil, il refuse la confusion entre évaluation et formation. Il exige une décharge horaire et de la formation pour les tuteurs, en lien avec l’université, STAPS et IUFM.

L’année scolaire 2010 – 2011 s’est terminée avec un nombre de syndiqués (- 69) proche de celui de l’année précédente. Si ce chiffre traduit une nouvelle inflexion positive (à nouveau une très légère augmentation du pourcentage national de syndicalisation), il comporte des inégalités et des écarts entre académies, entre départements, qui doivent être analysés et questionnés.
En tout état de cause, rien n’est ni ne sera possible sans une recherche ambitieuse de renforcement de l’adhésion. Le CDNE appelle l’ensemble des militants à faire de l’adhésion au SNEP un axe fort de leur activité et de la campagne des élections professionnelles.

 

 

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