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CONSEIL DELIBERATIF NATIONAL DU S.N.E.P.
DES 27 ET 28 août 2014

 

Relevé de décision

RELEVÉ DE DÉCISIONS

Le CDN du SNEP-FSU des 27 et 28 août s’est déroulé dans un contexte marqué au niveau international par un nombre important de conflits (israélo-palestinien, Irak, Lybie, Ukraine, Syrie, Thaïlande,…), auxquels les citoyens que sont les enseignants d’EPS sont sensibles. Le SNEP-FSU s’inscrit pleinement dans les initiatives de la FSU et de ses partenaires, dans la recherche, par des voies pacifiques et diplomatiques, notamment sous le couvert de l’ONU, de la résolution de ces conflits. Concernant le conflit israélo-palestinien, la FSU a appelé dans un communiqué dès le 23 juillet à une paix juste et durable et a participé avec le collectif du même nom aux manifestations organisées.

Au niveau national, le remaniement ministériel du 27 août confirme l’orientation sociale libérale assumée par le président de la République et le Premier ministre. Le remplacement d’A. Montebourg par E. Macron au ministère de l’économie, le discours de Manuel Valls à l’université d’été du MEDEF, témoignent de l’accentuation de cette orientation libérale. Lors du dernier CDN (5 et 6 juin), le SNEP-FSU avait déjà pris acte du précédent changement de gouvernement (gouvernement Valls 1) et condamné les choix réitérés à cette occasion. Soumis aux exigences de la finance et du MEDEF, en droite ligne avec les orientations européennes, ces choix accentuent les politiques d’austérité et remettent en cause notre modèle social. Le CDN constate que ce remaniement, le second en 5 mois, ne marque aucune inflexion vers une autre politique économique et sociale progressiste, bien au contraire. Les grandes réformes de la santé annoncées font peser de fortes craintes sur le devenir de la sécurité sociale sur laquelle pèse fortement la recherche de 21 milliards d’économies. Le projet de loi rectificatif pour 2014 traduit cette orientation.

Le CDN analyse ces différents événements comme un pas en avant supplémentaire de l’autoritarisme des décideurs. A tous les niveaux, international, national et dans le métier, les débats régressent, symptôme d’une crise démocratique et politique. Il est donc de notre responsabilité d’inviter les collègues à se rassembler, s’exprimer et s’engager massivement.

Dans ce contexte, le CDN estime que notre organisation a une double responsabilité :

  1. Contribuer à la construction d’alternatives aux politiques d’austérité et aux logiques de libre échange (TAFTA, CETA, etc.). Cela implique notamment de :
  • poursuivre et amplifier le travail d’éducation populaire avec la profession, en diversifiant les modes de rencontre (heures syndicales, stages, colloques,...) et les moyens d’information (bulletins, site, méls) ; donner des outils de compréhension et d’analyse de la situation.
  • rechercher avec la FSU la mise en place d’actions syndicales pour porter nos alternatives et combattre les choix actuels. Le SNEP portera dans la FSU sa proposition de votation citoyenne sur les rémunérations et le pouvoir d’achat des fonctionnaires (le 8 septembre, est programmée une réunion des fédérations de fonctionnaires).
  • travailler avec le mouvement social (université d’ATTAC, convergence services publics, collectif « Stop TAFTA »,…).
  1. Travailler à une nouvelle étape de démocratisation du système éducatif

Cela implique, au plan général :

  • de maintenir une exigence forte pour obtenir la poursuite de la politique des recrutements externes à hauteur des besoins, et de créer les conditions pour que tous les postes soient pourvus,
  • de renforcer l’attractivité des métiers de l’éducation, ce qui nécessite l’ouverture du dossier des conditions de formation et de travail ainsi que de celui des rémunérations et des carrières,
  • de travailler sur toutes les voies permettant d’amplifier sérieusement la résorption de la précarité ainsi qu’à l’amélioration de la gestion des non-titulaires,
  • de mettre en évidence la nécessité de refonder vraiment la formation initiale. Les conditions de travail et d’études des étudiants, des stagiaires, des formateurs, des tuteurs, ne sont pas satisfaisantes. Les militants du SNEP doivent apporter leur expérience et leur expertise partout où ces sujets sont abordés, et notamment dans les groupes de travail FSU, avec entre autres l’objectif de rechercher des positions fédérales communes. Même si les personnels concernés sont las des changements continuels depuis 5 ans, il est nécessaire de reposer la question des cursus de formation, des contenus et des épreuves, de la place des concours, des prérecrutements, du fonctionnement des ESPE,...
  • d’obtenir la réouverture du dossier essentiel de la formation continue des personnels,
  • d’intervenir sur les problèmes d’affectation et de formation des stagiaires. Pour ne pas avoir à choisir entre « privilégier la gestion des personnels » et « privilégier la formation des étudiants et des stagiaires », il faut obtenir que ces derniers ne soient pas utilisés comme moyens d’enseignement et que les tuteurs aient les moyens d’assurer leur mission,
  • dans la période de rentrée, de connaitre et d’intervenir avec les personnels des établissements scolaires et universitaires, sur les conditions de rentrée (emploi, travail, affectation, etc.). Il est notamment important que les militants du SNEP aient dès la rentrée un contact avec les stagiaires et avec les tuteurs, dans les ESPE et/ou dans les établissements.

Concernant l’EPS et le sport scolaire, de nombreux dossiers sont dans l’actualité de cette rentrée :

  • Suite à la publication du décret du 20/08/2014 remplaçant le décret de 50 sur les obligations de services, le SNEP-FSU interviendra dès la rentrée 2014 pour vérifier l’application, dans les REP+ « préfigurateurs », de la pondération du service des collègues. Il sera attentif à l’écriture et à la publication des « décrets simples » concernant les indemnités (coordination, coordination de district, cycle terminal de lycée et LP) pour la rentrée 2015. Il sera, de même, attentif à la transparence dans les critères permettant de déterminer la carte des 350 REP+ pour la rentrée 2015. Il appelle à participer et réussir le colloque « REP+ collèges » organisé par le SNES, le SNEP et le SNUPDEN à Paris le jeudi 9 octobre.
  • La publication du décret « sport scolaire » et de la note de service a été saluée comme une avancée. Il est néanmoins nécessaire de veiller à son application pour toutes et tous à cette rentrée. Le SNEP-FSU doit s’exprimer dans les AG UNSS de rentrée et proposer à la signature la pétition initiée en juin (http://www.snepfsu.net/phpetitions/sportscolaire14/)
  • Le projet de modifications des statuts de l’UNSS a été retardé. Le SNEP-FSU interviendra pour que les engagements des précédents ministères soient respectés.
  • La consultation sur le « nouveau » socle sera un moment important de ce premier trimestre. Il faut obtenir un engagement massif des collègues, notamment lors de la ½ journée banalisée organisée dans tous les établissements (mi octobre), pour que cette consultation conforte les avancées obtenues, tant sur le contenu général du projet que sur la place de notre discipline. Le colloque du SNEP-FSU sur les programmes (20 et 21 novembre) sera un temps fort de notre intervention pour obtenir une révision des programmes de l’EPS. Un colloque consacré à « l’EPS à l’école primaire » est prévu en mars 2015.
  • Concernant les rythmes scolaires, il est indispensable de les repenser pour la réussite de tous les élèves. La réforme actuelle ne répond pas à cette exigence. Sa généralisation ne doit en aucun cas remettre en cause l’enseignement de l’EPS et le sport scolaire, dans le premier ou le second degré. Un bilan des pertes d’installations doit être effectué ; l’opération « carton rouge » reste d’actualité. (Rappel texte CDN de juin : « Le SNEP appelle les équipes EPS ou les sections locales SNEP à alerter les collectivités de rattachement (CG, CR) et les autorités administratives en annonçant publiquement un CARTON ROUGE pour les conditions faites à l’EPS dans leur établissement. La revendication de politiques des collectivités territoriales en faveur de la construction d’équipements sportifs, notamment intra-muros, et sur la base des référentiels du SNEP FSU est plus que jamais d’actualité. »)
  • Au niveau de l’enseignement supérieur qui subit de plein fouet les contre-réformes et l’austérité, le SNEP-FSU revendique des moyens conséquents pour la réussite de tous les étudiants et pour améliorer les conditions de travail des personnels, qui se sont nettement dégradées. La démocratie universitaire doit être défendue et revalorisée. La période de rentrée doit être le moment d’un bilan syndical sur ces questions. Cela nécessite un contact avec les collègues de STAPS, SUAPS et ESPE. Le SNEP-FSU demande aux collègues du supérieur de s’impliquer dans les luttes locales, en particulier pour s’opposer aux regroupements d’établissements.

Secteur sport 

Le SNEP-FSU appelle à participer et à réussir le stage national « le sport n'est pas une sous- culture » du 17 octobre, qui mènera une analyse critique des réalités de fonctionnement du sport et de ce qu'elles génèrent comme effets sociaux, culturels et éducatifs. Les inscriptions sont d’ores et déjà possibles. Lien : http://www.snepfsu.net/mjs/index.php
Le SNEP-FSU intervient dès à présent auprès du nouveau ministre pour porter ses revendications pour un véritable service public du sport, avec des personnels plus nombreux et confortés dans leurs missions.

Élections professionnelles/Syndicalisation

Le SNEP-FSU appelle à lancer, dès la rentrée, une campagne ambitieuse de syndicalisation, en particulier en direction des non-adhérents et des entrants dans le métier. Cette campagne représente un point d’appui essentiel à celle des élections professionnelles.

Dans le cadre de la mise en ordre du plan de campagne des élections professionnelles, l’activité militante aux niveaux national, académique et départemental doit dès à présent être guidée par les cinq objectifs suivants :

    • Finalisations des listes de candidats (CP et CT) et récupération des DIC (déclarations individuelles de candidature).
    • Lancement des campagnes de communication nationale et académiques.
    • Constitution du maillage au plus près des collègues.
    • Élaboration de listes de soutien.
    • Réalisation des professions de foi.

Cette activité du SNEP doit être menée en lien étroit avec les autres syndicats FSU pour prendre en charge pleinement le caractère fédéral du vote, notamment aux CT. L’objectif est bien que la FSU retrouve la première place dans la fonction publique de l’Etat.

L’ensemble de ces éléments nécessite que les équipes militantes organisent, sous les formes les plus variées, en direction des différents publics (titulaires, stagiaires, non titulaires) représentant tous les collègues et tous les secteurs (EN, ESR, sport, agriculture), les rencontres indispensables au débat, à la formation, à l’information et aux mobilisations.

Le CDNE des 18 et 19 septembre sera l’occasion d’établir un bilan détaillé de la rentrée scolaire et universitaire, de l’évolution des différents dossiers, et de l’état d’avancement de la campagne des élections professionnelles.

Votes :
Texte adopté à 'unanimité