| CDN du SNEP - 27-28 août 2009
Le Conseil délibératif national du SNEP, réuni les 27 et 28 août 2009, a débattu des conditions politiques, économiques et sociales dans lesquelles se présente la rentrée. Dans un contexte de crise financière et de destruction des services publics, les luttes menées l’an passé dans le secteur éducatif ont permis d’obtenir un certain nombre de bougés significatifs, (rased, lycées, formation des maîtres,…) qui doivent servir de point d’appui pour relancer l’action dès septembre et aller plus loin, puisque malgré ces acquis, les réformes concernées restent inacceptables en l’état et les suppressions de postes massives continuent. Les décisions unitaires interprofessionnelles de 2008-2009, ont entraîné une mobilisation très importante des travailleurs du public et du privé et remis au centre de la scène sociale les conséquences de la crise sur les salariés, les chômeurs, les retraités, les familles, l’accroissement de la misère sociale. Elles ont montré la force d’entraînement de l’unité interprofessionnelle sur une plate forme de haut niveau mais également ses limites. Ceci interpelle le syndicalisme sur le maintien et l’articulation de l’unité, du niveau, des formes et de la durée de l’action, comme facteurs d’efficacité. Le fait que le gouvernement ait profité de l’été pour faire adopter des réformes très contestées, y compris dans les rangs de sa propre majorité, significatives de remises en cause de notre modèle social (tel le travail du dimanche, la loi de mobilité ,…), la crainte par la majorité gouvernementale du mouvement social. Les puissantes luttes menées de façon unitaire durant l’année écoulée, tout comme les actions multiformes dans les secteurs et sur les lieux de travail, y compris cet été dans nombre d’entreprises, pèsent sur les mises en œuvre de la politique du pouvoir. Au plan national comme international, les gouvernements libéraux, avec l’appui des médias mènent une véritable offensive idéologique pour légitimer leurs politiques. Ils entendent ainsi maintenir les structures et fonctionnement de l’économie libérale et contrer la progression, dans les opinions publiques, de la compréhension et de la remise en cause des mécanismes structurels qui ont abouti à la crise économique et sociale actuelle. En France, le gouvernement participe pleinement à cette offensive, notamment à travers la notion qu’il développe de « moralisation du capitalisme ». La campagne orchestrée dans le même temps pour persuader l’opinion que la sortie de crise est en bonne voie, procède à la fois de la volonté politique de faire avaliser les choix gouvernementaux et de désamorcer toute reprise des mouvements sociaux. Tous les indicateurs montrent pourtant que la crise est loin d’être finie et que les politiques libérales (qu’elles soient nationale, européenne, mondiale) à l’origine de cette situation se perpétuent, privilégiant des choix budgétaires au service de la rente et des riches : augmentation du chômage, démantèlement du droit du travail, de la protection sociale, des systèmes de retraite et de santé, destruction de pans entiers de l’économie, affaiblissement des services publics, suppressions de postes de fonctionnaires, alourdissement des charges pour les ménages ( EDF, taxe carbone,…), … Dans le secteur de l’éducation, c’est la fonction même de l’école, la qualité de l’enseignement, le service rendu aux usagers et la lutte contre la ségrégation sociale qui sont mis en cause par la politique menée (suppressions de postes, manque de recrutements, réformes contraire à l’intérêt des personnels et des usagers, …). L’affaiblissement du service public laïque d’éducation est engagé, quand dans le même temps est promu l’enseignement privé. Oui, la crise est toujours bel et bien là, avec son cortège de dégâts économiques et sociaux. A partir de ses revendications, le syndicalisme doit poursuivre ses explications, dénoncer les intentions réelles du pouvoir, développer ses propositions et agir pour les faire aboutir. Il contribue ainsi, dans le champ social, avec les responsabilités qui sont les siennes, à l’élaboration d’alternatives aux politiques menées. Il interpelle ainsi l’ensemble des forces progressistes, dont les partis politiques, sur leurs responsabilités respectives à offrir des perspectives capables de répondre aux besoins de la population et du pays. VOTE :
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