|

CONSEIL DELIBERATIF NATIONAL DU S.N.E.P.
DES 26 ET 27 août 2010

 

Texte analyse de la situation

Le conseil délibératif national du SNEP réuni les 26 et 27 août 2010 a débattu des conditions politiques, économiques et sociales dans lesquelles se présente la rentrée.

Au plan économique
La rentrée est marquée par la persistance de la crise économique : sont toujours bien présentes les orientations d’un capitalisme  financier mondialisé qui ont entrainé une situation dont profite une minorité, mais qui porte atteinte aux conditions de vie et d’emploi de la majorité de la population.
Le chômage continue de progresser, particulièrement pour les jeunes et les seniors.
Le pouvoir d’achat des ménages a baissé de 0,4 % en un an. Si elle était adoptée, la réforme des retraites entrainerait une diminution du salaire de tous les fonctionnaires (5 millions) de près de 3 %, ce qui ne serait pas sans conséquences au plan économique.
Le gouvernement confirme le choix d’une politique d’austérité : les mesures annoncées seront essentiellement supportées par les salariés et tournent le dos à toute redistribution des richesses. Il poursuit une politique inadaptée notamment en terme  d’emploi  et de pouvoir d’achat, qui accroît la pauvreté, les inégalités, ne permet pas d’amélioration de la situation économique et sociale.

Au plan politique
La révélation amplifiée des liens entre le pouvoir politique et les milieux financiers et d’affaires  a occupé l’actualité d’une bonne partie de l’été.
Dans le même temps, le pouvoir a cherché à détourner l’attention de l’opinion de ces affaires et des exigences sociales avec la mise en avant de propositions sécuritaires, xénophobes, voire anticonstitutionnelles, aujourd’hui condamnées et rejetées de toute part, y compris au plan international.  Au-delà de son objectif de diversion, cette inadmissible politique liberticide vise à discréditer et à discriminer certains groupes sociaux victimes d’inégalités sociales. Elle fait fondamentalement partie des choix politiques du gouvernement.
Si le pouvoir est politiquement en difficulté, face à la majorité de la population, mais également dans son propre camp, il est aussi totalement arc-bouté pour aller au bout de son projet politique. A travers le gel actuel de réformes emblématiques comme celle des collectivités territoriales ou celle de la taxe professionnelle, on constate également ses difficultés et les possibilités pour le mouvement social de le faire reculer !

Au plan social
Le mécontentement est présent dans tous les secteurs d’activité.
Il s’est traduit par de multiples initiatives qui ont ponctué l’été.
Après l’échec électoral du printemps, le Président de la République est au plus bas dans les sondages, mais conforté dans la partie la plus droitière de son électorat. En même temps, la crise économique et sociale fait le lit de l’extrême droite notamment dans les catégories les plus défavorisées de la population.

Au plan général :
L’actualité est centrée sur le dossier des retraites auquel il nous faut lier ceux des salaires et de l’emploi. Le SNEP, avec la FSU et ses alliés, continuera d’agir pour le retrait du projet de loi et pour d’ autres mesures, alternatives, notamment en terme de financements, pour pérenniser et développer les retraites par répartition et le code des pensions civiles.
Les choix budgétaires, notamment pour les services publics, la politique d’austérité engagée seront également au cœur des préoccupations de la population et des luttes sociales.
Le SNEP condamne le développement d’une politique ultra sécuritaire, xénophobe, d’exclusion et de rejet, contraire à notre constitution et aux valeurs développées depuis plusieurs siècles dans notre pays.

Sur le champ de l’éducation
La rentrée va être marquée par les conséquences de l’insuffisance des recrutements : mouvement intra 2010 réduit, augmentation des postes vacants, diminution du nombre de TZR, difficulté d’affectation et de formation des stagiaires, …
Dès le mois de septembre, le recours à des personnels vacataires ou contractuels va être nécessaire pour assurer non seulement les premiers remplacements, mais également des heures postes.
C’est aussi la poursuite de la réforme de la voie professionnelle, la mise en place de la réforme du lycée, la volonté de passer en force dans la mise en place du livret personnel de compétences en collège.
Les personnels vont également prendre connaissance des recrutements annoncés pour 2011 : avec 4000 recrutements en moins à l’Education nationale (dans le 1er degré principalement) concrétisant la suppression de 16000 emplois, c’est donc la perspective d’un nouveau plan social qui s’ajoute aux précédents.

Sur le champ de l’EPS
Le SNEP réaffirme son opposition aux réformes en cours, en particulier  parce qu’elles portent une diminution des exigences culturelles de l’EPS à l’Ecole (socle, programmes, …). Le SNEP rappelle ses critiques à l’égard de l’opération « Cours le matin, sport l’après-midi », qui se révèle notamment porteuse d’externalisation de l’EPS. Le SNEP revendique l’augmentation de l’enseignement de l’EPS pour tous les élèves avec des enseignants qualifiés.
Dans ce contexte de réduction de l’emploi public, les recrutements en EPS connaissent une progression significative de près de 25 % (passage de 450 à 560 pour le Capeps externe, de 40 à 48 pour le Capeps interne), même si cela reste insuffisant au regard des départs en retraite.
Indéniablement, cela est  à mettre à l’actif de l’action inlassable des militants du SNEP et de la profession pour défendre et promouvoir l’EPS et le sport scolaire.
En ce début d’année scolaire, cela doit constituer un encouragement à poursuivre et amplifier les mobilisations.

Sur le champ du sport
Les grands évènements sportifs de l’été ont vu la confirmation de la stratégie du pouvoir visant à instrumentaliser à son profit  ces moments fortement médiatisés. La récupération honteuse des bons résultats des athlètes et nageurs français à laquelle il s’est livré, ne saurait faire oublier la politique de désengagement de l’Etat qu’il conduit à travers la révision générale des politiques publiques (RGPP) mise en œuvre, et dont l’accélération conduit à une privatisation du sport, au bénéfice de lobbys économiques, au détriment d’un accès aux pratiques sportives pour le plus grand nombre.

Résultat du vote : pour =unanimité (38)