| CONSEIL DELIBERATIF NATIONAL DU S.N.E.P.
DES 19 ET 20 NOVEMBRE 2009
Le CDN du SNEP des 19 et 20 novembre 2009 se tient
dans une période économiquement
caractérisée par un redressement des places financières
et le retour d’une légère croissance. Pour autant,
contrairement aux affirmations de nos gouvernants, la crise est loin
d’être derrière nous. Non seulement la situation de
l’emploi continue à se dégrader et le pouvoir d’achat
stagne, mais disposant, grâce à la générosité des États,
d’importantes liquidités, accordées sans conditions,
banques et établissements financiers spéculent plutôt
que de financer le développement industriel et l’emploi.
Ils poursuivent ainsi les politiques qui ont amené à la
crise financière, au risque de la relancer encore plus gravement.
Les affirmations des dirigeants politiques libéraux, lors du
sommet du G20, sur la moralisation du capitalisme, la remise en cause
des paradis fiscaux, bonus et spéculations se révèlent être
ce que nous avions dénoncé : des promesses mensongères.
Le CDN constate que le discours gouvernemental a
de plus en plus de mal à passer dans l’opinion publique, confrontée à la
crise sociale. Les « réformes » du gouvernement
sont toutes destinées à transformer en profondeur la société notamment
en cassant les solidarités, les services publics et les protections
sociales, en développant les concurrences et les privatisations.
Elles se heurtent à des critiques accrues, y compris venues de
la majorité présidentielle. C’est notamment le cas
de la réforme des collectivités territoriales et de la
suppression de la taxe professionnelle qui vont entraîner en particulier
perte d’autonomie des collectivités et augmentation des
impôts locaux.
Les choix économiques et sociaux du gouvernement, axées
sur la primauté du marché et du profit, dans la logique
du traité de Lisbonne, favorisent les plus riches et les grosses
entreprises, au détriment de la masse de la population mais également
des PME et TPE. Ils aboutissent à priver l’Etat et les collectivités
territoriales de ressources financières, ce que le pouvoir utilise
pour justifier son incapacité à répondre aux besoins
sociaux.
Le CDN conteste les choix budgétaires de 2010, qui aboutissent à un
déficit et un endettement de l’État à des
niveaux inédits et à la suppression de 34000 emplois de
fonctionnaires.
La faiblesse des recrutements de fonctionnaires entraîne le développement
de la précarité, la réduction de la mobilité choisie,
la dégradation des conditions de travail et d’emploi, à l’éducation
comme dans l’ensemble des services publics.
Les orientations développées dans le récent discours
du premier ministre sur la réorganisation de l’État,
confirment que la RGPP est conçue pour accentuer la politique
de suppression de services et d’emplois, de transformation des
missions et de mise au pas autoritaire des personnels. Le secteur sport
est d’ores et déjà gravement touché.
La loi mobilité a été votée en juillet 2009.
Sous couvert d’un « droit à la mobilité » pour « offrir
aux fonctionnaires des perspectives de carrière plus riches et
plus diversifiées », elle est en fait le moyen de s’attaquer
au statut et à la professionnalité. Elle permet le cumul
d’emploi à temps incomplet entre les 3 versants de la FP,
le recours élargi au contrat et à l’intérim
et instaure la possibilité de licenciement, ceci dans le cadre du
dogme de la réduction de l’emploi public. C’est l’instauration
du « management » dans la FP.
Le pouvoir, en difficulté, multiplie la répression antisyndicale.
Il engage un débat sur l’identité nationale aux
fins électoralistes et de diversion, mais aussi significatif de
la recherche du rassemblement de la droite autour de thèses réactionnaires,
fussent-elles habillées de modernisme, avec le souci de séduire
la population et notamment les classes populaires. Le CDN considère
que ce débat n’a pas sa place à l’école
qui développe les valeurs de citoyenneté, de solidarité et
de laïcité.
Le CDN du SNEP condamne et mène l’action contre ces orientations
et entend participer, avec la place qui est la sienne comme organisation
syndicale, à la construction d’alternatives pour d’autres
choix économiques et sociaux, mettant notamment au centre du développement
de notre pays, qui en a les moyens, des services publics revalorisés
et rénovés et une protection sociale solidaire développée.
La politique éducative du gouvernement reste axée sur les
suppressions de postes (16 000 cette année), la baisse des
recrutements, la réduction de l’offre de formation, l’alourdissement
des charges de travail des personnels et la transformation de
leurs missions. Elle tourne le dos à l’exigence sociale
de démocratisation de l’École et de réussite
de tous les jeunes.
L’enquête de rentrée du SNEP et l’exploitation
médiatique qu’en ont fait les militants SNEP, l’opération
vérité menée par les syndicats FSU du second degré ont
permis de montrer la réalité de la rentrée. Elles
doivent servir de base pour développer la campagne du SNEP pour
le service public d’éducation, le développement de
l’EPS et du sport scolaire.
Si sur un certain nombre de dossiers, le pouvoir
est obligé de
tenir compte du rapport des forces et ne peut aller aussi loin qu’il
le souhaitait (ex : reforme des lycées, dossier santé des
personnels), il n’en manœuvre pas moins pour mettre en place
des réformes les plus conformes possibles à ses choix.
Le CDN appelle la profession à se mobiliser massivement pour
réussir la grève du 24 et à diffuser les tracts
du SNEP aux parents et aux étudiants et le tract FSU. Cette journée
est l’occasion de faire valoir nos exigences spécifiques
pour un autre budget de l’EN, des réformes ambitieuses pour
le système éducatif, la place de l’EPS et du sport
scolaire en son sein. Cette grève doit aussi être mise à profit
pour :
- débattre du prolongement de l’action et de son développement
dans le secteur de l’éducation, afin de construire rapidement
de nouveaux temps forts et de décider de nouvelles échéances
nationales, avec l’ensemble des acteurs et usagers (élèves,
parents, mouvements pédagogiques…) ; toutes les
formes possibles de mobilisations, pouvant aller jusqu’à de
nouvelles manifestations et grèves, doivent être examinées,
l’expérience de la votation citoyenne sur La Poste rassemblant
personnels et usagers, constituant un type d’initiative intéressante à développer.
- amplifier la signature de la « carte de doléances » des
25 organisations constitutives de l’appel « un
pays, une école, notre avenir ».
Les attaques portées contre l’école et ses personnels
résultent de la même politique qui met à mal la fonction
publique et les services publics. Les débats doivent donc être
poursuivis avec les organisations syndicales représentatives de
ces secteurs à tous les niveaux, en vu de construire les
convergences indispensables à une riposte la plus large possible.
Dans le même temps le CDN demande à la FSU d’être
attentive à tous les mouvements qui se développent. Il
se prononce pour qu’elle continue à porter et à affiner,
au niveau de l’inter confédérale, les revendications
de la plate forme du 29 janvier 2009 et travaille à la construction
de mobilisations, les plus unitaires possibles, de très grande
ampleur, nécessaires à la satisfaction durable des revendications.
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« Faites - fête
de l’EPS »
La grande campagne pour l’EPS et le sport scolaire, décidée
au CDNE, avec la perspective de la grande fête au mois de novembre 2010,
doit être engagée rapidement. Dès maintenant, il faut tant
au niveau national que local, définir et organiser toutes nos actions,
stages… sous la bannière « Fête – faites de
l’EPS et du sport scolaire » pour, d’une part avancer
des revendications dont la satisfaction devrait déboucher sur une meilleure
formation sportive et artistique pour tous les jeunes, et d’autre part,
bâtir le rassemblement de novembre qui sera celui de toute la profession.
Une attention particulière doit être portée
au travail avec nos alliés et en direction de l’opinion,
dans le cadre de cette campagne.
Amplification de la bataille de l’emploi
et des recrutements
Les conséquences des suppressions de postes qui touchent particulièrement
l’EPS, dont les enquêtes de rentrée et l’opération
vérité se sont faits largement l’écho, sont
connues :
- dégradation de l’emploi pour les étudiants
en STAPS,
- dégradation des conditions de travail et d’emploi
des enseignants (alourdissement des services via la massification des
HSA, multiplication des compléments de service, recours massif à la
précarité…),
- dégradation de l’enseignement de l’EPS
(horaires non assurés, réduction de certains enseignement,
augmentation des effectifs par division…).
Nous sommes dans un état de tension maximale qui
nécessite de poursuivre et d’amplifier nos actions en travaillant
avec nos collègues au niveau local au rejet des DGH, au refus
des HSA, au repérage des postes cachés sur 1 ou deux établissements, à la
mobilisation des parents d’élèves sur ces questions.
Le CDN propose :
- d’organiser avec nos partenaires de la FSU et
au-delà si possible un « référendum
pour l’avenir du service public d’éducation », à l’image
de ce qui s’est fait sur La Poste,
- de poursuivre l’organisation du refus collectif
des HSA, qui sont en réalité le point faible des DGH,
- de mobiliser les collègues précaires
en leur diffusant le 4 pages spécial du SNEP,
- de rencontrer les étudiants en STAPS,
- d’intervenir auprès des recteurs pour
exiger un calibrage en postes à la hauteur des besoins.
Lycées
Le CDN ne peut accepter la méthode du ministère qui affiche
publiquement la volonté de négociation et pratiquement
décide seul, du dispositif pour les lycées.
Sur le fond, l’opération de communication masque mal les
insuffisances des propositions pour réduire l’échec
scolaire. Elle masque surtout une opération politique qui consiste à déléguer
aux établissements, par le biais du conseil pédagogique,
la gestion de quasiment 1/3 des horaires dédiés actuellement
aux dédoublements dans nombre de disciplines. Il s’agira
dans le contexte actuel de faire gérer la pénurie localement.
Concernant l’EPS, l’horaire obligatoire reste insuffisant
pour répondre aux besoins des élèves de cet âge.
Le CDN appelle la profession à continuer de revendiquer une 3ème
heure pour tous. Le SNEP n’a par ailleurs que des engagements oraux
du ministère, sur le maintien de tous les enseignements optionnels
existants. Il demande que ces derniers ainsi que le sport scolaire soient
immédiatement intégrés dans les propositions ministérielles.
Le SNEP demande ainsi que l’ensemble de ces éléments
soit présenté comme un parcours de réussite possible
pour les élèves.
Le SNEP appelle les collègues à travailler
dans plusieurs directions (y compris dans le cadre du congrès
FSU) :
- le décorticage des mesures proposées
et les incidences concrètes sur le fonctionnement des établissements,
- l’engagement d’une réflexion sur
le temps scolaire du lycée qui est aujourd’hui sous le
joug du dogme de la réduction,
- la réflexion sur les implications en terme de
services pour les enseignants,
- la construction des alternatives au projet du gouvernement.
Sport scolaire
Dans toutes les instances (Conseil d’Administration, Conseils Départementaux
et Régionaux, Assemblée Générale et manifestations
de masse - cross, etc. -), le SNEP poursuivra ses interventions pour
le maintien du service public du sport scolaire, organisé au sein
et sous la responsabilité de l’Éducation Nationale
et pour un fonctionnement démocratique de l’UNSS.
Dans ce cadre, le SNEP interviendra lors du CA de l’UNSS
du 26 Novembre :
- pour que soient annulées
les décisions
unilatérales de la Direction nationale de suppressions de divers
championnats de France et pour que soit organisé, à tous
les niveaux (AS, UNSS), un débat sur les compétitions à finalité nationale,
afin de permettre aux instances officielles de l’UNSS de délibérer
sur cette question,
- pour que soit
mis fin au manque de transparence dans les relations financières
conventionnelles entre le MEN et l’UNSS, ainsi que sur la situation
des cadres,
- pour que l’ensemble des postes
de DRA soit pourvu.
Le CDN confirme l’enjeu de contacts réguliers du SNEP avec
les collègues directeurs et adjoints des services départementaux
et régionaux de l’UNSS ; dans le contexte actuel (modification
de leur situation administrative – qui a entraîné un
recours du SNEP devant le Conseil d’Etat, mais également
le changement de directeur de l’UNSS au 1er janvier prochain),
le SNEP organise, pour l’ensemble des cadres de l’UNSS, une
réunion nationale le vendredi 22 Janvier 2010.
Formation des enseignants
Le SNEP appelle la profession à refuser la réforme telle
qu’engagée par les ministères et à le dire
haut et fort, dès le 24 novembre par la grève, les manifestations,
des communiqués de presse, etc...
Le SNEP, avec l’intersyndicale du Supérieur, a décidé une
journée d'action spécifique sur la formation en décembre.
Cette question, déterminante pour l’avenir, doit devenir
l’affaire de toute la profession et dépasser le cercle des
formateurs. Le SNEP fera tout son possible pour que cette journée
associe les enseignants des premier et second degré, les étudiants,
les parents, les associations complémentaires de l'école,
les élus, etc... Il appelle les collègues à porter
des propositions alternatives pour concevoir une autre réforme.
Équipements
Le CDN dénonce la réquisition des gymnases par de nombreux
Préfets, pour y organiser la vaccination contre la grippe A.
Le SNEP demande que les IA et Recteurs interviennent auprès des
Préfets afin que la continuité du service public d’enseignement
de l’EPS, dont est garante l’Éducation Nationale,
soit assurée.
Le CDN rappelle aux S3 et responsables académiques équipements,
qu’ils doivent prendre contact avec les conseils régionaux,
avant le stage national des 10 et 11 décembre 2009, pour recueillir
toutes les délibérations et décisions financières
prises en 2009 et prévues pour 2010, concernant les équipements
et le fonctionnement de l’EPS. A cette occasion, le SNEP portera
les exigences pour la discipline, qu’il entend faire valoir auprès
des différent(e)s candidat(e)s aux élections régionales.
Les S2 et responsables départementaux équipements
sont appelés à faire la même démarche envers
les conseils généraux avant la fin janvier 2010.
A l’occasion de la tenue des CA (conseils d’administration)
qui vont examiner les budgets d’établissements, le SNEP
appelle les enseignants d’EPS élus dans ces instances, à rappeler
les exigences en matière de crédits pour le développement
de la discipline et du sport scolaire, ainsi que pour les installations
sportives. Dans le même temps, il appelle les élus au CA à exprimer
les fortes inquiétudes engendrées par l’annonce de
la suppression de la taxe professionnelle et la réforme des collectivités
territoriales.
Revalorisation
Le CDN décide de :
- diffuser les propositions du MEN et l’analyse
qu’en fait le SNEP,
- protester contre leur caractère scandaleux et
inadmissible,
- débattre avec les collègues, dans le
cadre de la revalorisation de tous les personnels de l’EN, des
conditions de la nécessaire revalorisation de tous les enseignants,
Il demande aux commissaires paritaires du SNEP d’intervenir
dans toutes les CAPA avancement qui vont se tenir dans les jours et semaines
qui viennent, pour faire valoir d’autres exigences.
Mutations
Le CDN engage les demandeurs de mutation (mouvement 2010) à :
- contacter leur section académique du SNEP,
- participer aux stages ou réunions organisés
dans chaque académie par le SNEP,
- envoyer leur fiche syndicale et les pièces justificatives
qui permettront aux commissaires paritaires du SNEP de suivre aux mieux
leur dossier, de leur apporter une aide individualisée, de faire
valoir leurs droits.
Le CDN appelle les demandeurs de mutation à participer
massivement à toutes les actions organisées autour de l’exigence
de création de postes, seule mesure permettant une réelle
amélioration de la mobilité choisie des personnels.
Syndicalisation
L’activité syndicale développée rencontre
l’adhésion des syndiqués qui cette année rejoignent à nouveau
le SNEP plus rapidement (40% au 15 nov.). Cependant nous avons un gros
travail à faire pour gagner de nouveaux adhérents. Rien
n’est donc assuré. La période de novembre-décembre
est décisive et il est indispensable de poursuivre les relances
en direction des NAJ et de rechercher l’adhésion de nouveaux
collègues.
Le SNEP national prendra rapidement en direction des Anciens Adhérents,
une initiative, qu’il sera aussi important de relayer au niveau
local.
FSU
Le SNEP appelle les syndiqués à utiliser les quelques jours
qui restent avant le 26 novembre, pour exprimer par le vote, leur choix,
sur l’activité et l’orientation de la FSU.
Texte voté à l’unanimité
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Tous droits réservés - Dernière modification le
21/11/09
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