| CONSEIL DELIBERATIF NATIONAL DU S.N.E.P.
DES 18 ET 19 MARS 2010
Texte Action
Le texte s’inscrit dans la suite et en cohérence avec
le texte « Action » adopté par le CDFN
FSU des 16 et 17 mars 2010.
Dans un contexte marqué simultanément par :
- une crise économique, politique, qui se poursuit et s’amplifie,
- un contexte social dégradé, mais marqué aussi
par une mobilisation sociale d’ensemble qui reste insuffisante,
- la multiplication et la montée en puissance des mobilisations
contre les choix économiques, sociaux, idéologiques,
du pouvoir politique,
- un revers électoral cuisant du Président de la République
et de sa majorité au 1er tour des élections régionales.
L’importance de l’abstention est significative d’un
manque de confiance dans la capacité des forces politiques à répondre
aux besoins et exigences de la population. L’absence de réponses à ces
demandes et la banalisation par le pouvoir des thèses les plus
conservatrices ont contribué au score élevé des
forces d’extrême droite.
Le CDN du SNEP, réuni les 18 et 19 mars 2010, considère
que le combat syndical qui est de notre responsabilité pleine
et entière, contribue, à sa juste place, à la perception
des enjeux, à l’élévation des niveaux de conscience, à l’élaboration
de propositions alternatives. Avec les luttes permanentes qu’il
anime et qu’il continue à mener, le SNEP a pris toute sa
part dans cette mise en difficulté de la majorité gouvernementale.
Le CDN du SNEP réaffirme l’importance des mobilisations
sociales dans la mise en place et le renforcement du rapport de force
indispensables à la prise en compte des revendications des personnels
et à la mise en échec de la poursuite de la politique de
régression sociale qui est celle du pouvoir en place.
Le CDN considère que les mobilisations doivent se poursuivre et
s’amplifier simultanément au niveau interprofessionnel et
intersyndical, et sur le secteur propre d’intervention et de responsabilité du
SNEP et des enseignants d’EPS.
Au plan interprofessionnel
Le cadre de l’appel intersyndical élaboré lors de
la mobilisation du 29 janvier 2009 est toujours d’actualité :
salaires, emploi, protection sociale. Ses revendications doivent être
précisées pour consolider l’unité et le rendre
plus mobilisateur.
La période qui s’ouvre va être marquée par
l’ouverture, par le gouvernement, de deux dossiers majeurs :
- la présentation, le 26 mars prochain, par le ministre du budget,
de l’agenda social pour la Fonction Publique : l’ouverture
des négociations salariales triennales sera l’occasion
de confirmer notre demande d’augmentation salariale pour tous
ainsi que notre refus du chantage de subordonner les améliorations
de carrières des personnels à l’acceptation des
suppressions d’emplois,
- l’ouverture, dans les semaines à venir, du dossier des
retraites et pensions : le CDN du SNEP se prononce clairement
contre l’allongement de la durée de cotisation, le recul
de l’âge de départ à la retraite, la remise
en cause du calcul des pensions sur les 6 derniers mois. Il appelle
ses militants à construire une mobilisation des salariés
la plus unitaire possible en participant avec la FSU à l’organisation
de réunions publiques dans les départements, dans le
cadre d’une vaste campagne d’opinion centrée sur
l’élément essentiel de contre proposition que constitue
l’accroissement incontournable des prélèvements
sur la richesse produite,
Dans ce cadre, le 23 mars constitue une nouvelle étape visant à peser
dans le débat public et à organiser des mobilisations les
plus unitaires possible. Le SNEP appelle les enseignants d’EPS
et les professeurs de sport à assurer la réussite de cette
mobilisation public/privé et à porter leurs revendications,
en étant massivement en grève et en participant aux manifestations.
Le CDN du SNEP se prononce pour qu’une nouvelle rencontre de l’ensemble
des organisations syndicales ait lieu dès le 23 mars, pour en
faire le bilan et pour décider des suites rapides à y donner.
Il appelle les militants du SNEP à organiser et à participer à des
AG locales, à y débattre des suites de l’action.
Le CDN estime qu’une nouvelle mobilisation, de haut niveau et dans
la dynamique du 23 mars, doit être mise en perspective. Elle devra
se faire dans un cadre le plus unitaire possible, au niveau interprofessionnel
et au niveau de la Fonction Publique.
Sur le champ propre de la responsabilité du
SNEP
Le CDN appelle les enseignants d’EPS à s’interroger
sur le sens que prend le débat initié notamment par l’Inspection
Générale sur la « nécessaire transformation » de
l’identité de l’EPS et du Sport Scolaire.
Il les appelle aussi à réfléchir sur les conséquences
politiques et institutionnelles d’un tel questionnement, et des
réponses qu’on pourrait lui apporter, sur la lecture qui
serait faite par la société.
Cette identité, « sportive depuis 1967 »,
en fait aujourd’hui « sportive et artistique »,
est actuellement contestée de façon insidieuse de différentes
manières, à différents niveaux. On semble vouloir
lui opposer une nouvelle visée hygiéniste, ou exclusivement
scolaire, sous prétexte qu’elle ne répondrait pas
suffisamment aux exigences éducatives de l’Ecole. Le procès
qui est ainsi fait à l’EPS et au Sport Scolaire, résiste
mal à l’analyse des pratiques de nos collègues ancrées
sur l’appropriation critique des APSA, même si les choses
peuvent et doivent s’améliorer dans ce domaine. Ce n’est
pas sur ce registre que l’intervention des profs d’EPS peut être
critiquée.
Le CDN appelle les enseignants d’EPS, en toute liberté, à débattre
de la mission culturelle qui est la leur, de cette « désportivisation » annoncée
et à réfléchir collectivement à l’EPS
et au Sport scolaire qui s’imposent pour répondre plus et
mieux aux besoins d’éducation de nos élèves,
pour aller vers un autre sport et des pratiques émancipatrices.
La période qui s’ouvre exige que l’ensemble des possibilités
visant à rassembler les collègues, les informer, organiser
leur intervention, soit effectivement activé (heure mensuelle
syndicale, AG, conseil syndical départemental, stage, congrès).
Elle exige de prendre des contacts avec les autres organisations syndicales, à rencontrer
les parents pour les informer des réformes afin d’obtenir
leur participation aux mobilisations.
Elle nécessite aussi de médiatiser les revendications pour
le progrès de l’EPS, du Sport Scolaire, de la formation
des enseignants. |
Postes / Emploi / Recrutement
/ Précarité
Poursuivre le travail de mise en évidence des écarts, et de leurs
effets, entre recrutements et besoins réels.
Amplifier le refus des HSA autour du slogan « les HSA tuent l’emploi ».
Intervenir auprès des IA et rectorats et faire des contre-propositions
pour diminuer les services sur deux établissements, pour faire disparaître
tout service partagé sur trois établissements.
Poursuivre et réactualiser des données nécessaires à l’opération « postes
cachés », avec l’objectif d’une remontée
des informations au niveau national pour le 1er mai.
Objectif : opération « lâcher de ballons » à Vichy à l’ouverture
de chaque session du CAPEPS (à partir du 1er juin).
Poursuivre le suivi des remplacements non assurés
Phase intra du mouvement
Les réunions « mutation » programmées
dans toutes les académies doivent être l’occasion
d’une rencontre plus large avec la profession à partir d’une
problématique globale qui éclaire la situation de chaque
demandeur de mutation en la replaçant dans le contexte général.
Cela se traduira par le souci d’éclairer les collègues :
- sur la situation générale de l’emploi,
des postes, et les effets catastrophiques du recrutement actuel sur
les affectations et possibilités de mutation des personnels,
- sur la poursuite de la mise à mal du paritarisme
par :
- la poursuite de la communication des projets de mouvement
avant la tenue de la FPMA,
- le développement des postes à profils
qui sont attribués hors des instances paritaires.
Formation des enseignants
Le CDN considère que la bataille sur ce dossier doit se poursuivre,
s’amplifier, prendre une nouvelle dimension. La période
qui va jusqu’à la fin de l’année scolaire peut être
décisive.
Les conditions d’affectation, de service, de formation des néo
recrutés 2010 fonctionnaires stagiaires, au cours de l’année
scolaire prochaine (en service quasi complet au lieu du ½ service
de PLC2), font prendre conscience du véritable sabotage du système
actuel de formation. La « note de cadrage » du
ministère est en fait une absence de tout cadrage national de
la formation. Cela ne peut aboutir qu’à une déclinaison
par chaque recteur avec les moyens qu’il a (ou qu’il n’a
pas !), et au final, à un affaiblissement durable de la qualité du
service public d’éducation pour les élèves,
et de formation pour les étudiants.
Si, avec la FSU, le SNEP continue à demander l’abandon de
la réforme, le retrait des textes d’application concernant
la formation et la remise à plat de l’ensemble de cette
réforme, il considère aussi que simultanément doit
se mettre en place une activité syndicale visant à imposer à chaque
recteur d’autres conditions pour les fonctionnaires stagiaires
au cours de l’année scolaire 2010/ 2011.
Le CDN considère indispensable que les collègues, les parents,
les étudiants, les formateurs soient acteurs d’une campagne
médiatique portant sur la formation des enseignants.
C’est dans ce cadre que le CDN décide la
mise en place du dispositif d’interventions ci-dessous :
- demande, à chaque recteur, de mise en place
rapide d’une instance académique de concertation qui intègre
les syndicats d’enseignants,
- proposition de créer, avec les autres syndicats
nationaux de la FSU concernés, une commission de vigilance et
d’exigence pour la formation des enseignants,
- intervention auprès de chaque recteur pour que
le stage de master 2 ne soit pas un remplacement,
- expression des établissements, de leur solidarité avec
les collègues stagiaires, de leur souhait de les accueillir
et de les accompagner dans leur prise de fonction, dans de bonnes conditions,
tout en dénonçant SIMULTANEMENT les conditions d’entrée
dans le métier qui leur sont faites. Cette expression cherchera à associer
les parents d’élèves à travers des motions
présentées en conseil d’administration,
En conséquence, le CDN propose que, selon les établissements,
cette expression prenne plusieurs formes, simultanées ou non :
- refuser la transformation de postes existants vacants
ou libérés en « postes berceaux »,
- proposer la création de support d’accueil
par transformation de blocs d’HSA, permettant d’intégrer, à minima,
une décharge hebdomadaire de service d’1/3 du temps
consacrée à une formation à l’IUFM, et
comprenant le forfait de 3 heures d’animation de l’association
sportive,
- mettre en suspens l’accord des équipes
pédagogiques à fournir des tuteurs volontaires.
Le CDN appelle à participer aux initiatives organisées
par la FSU au niveau de chaque académie.
Réforme des lycées
La bataille contre la réforme des lycées et celle des EPLE,
contre les réductions de moyens qui les accompagnent, doit continuer à être
menée pied à pied. Le SNEP, avec ses partenaires syndicaux,
doit poursuivre la campagne d’explication de la « contre
réforme » et mettre en échec cette dégradation
du service public d’éducation en lycée.
Nous attendons le texte programme qui sera soumis au CSE, mais d’ores
et déjà nous pouvons affirmer que les remontées
de la consultation montrent un refus généralisé des
deux mesures contraignantes du programme qui priveraient les équipes
de leur rôle de concepteur, nécessaire à la bonne
mise en œuvre des projets EPS d’établissement.
Le SNEP s’engage d’ici la fin de l’année, dans
le cadre de la préparation de la « fête de l’EPS », à organiser
le maximum de rencontres avec les collègues sur la fonction et
les contenus des programmes d’EPS. Il appelle les collègues à s’engager
dans un bilan de l’enseignement de l’éducation physique à partir
des outils d’enquête que nous allons mettre à leur
disposition.
Collège
Avec la fin de l’année scolaire, la pression institutionnelle
pour remplir le livret de compétences des élèves
de 4ème risque de s’accroître. Le CDN rappelle qu’il
ne s’agit en aucun cas d’une obligation. Il appelle les enseignants
d’EPS à en faire collectivement l’analyse, et à débattre
de sa contestation. La pétition commune SNES-SNEP doit être
l’outil pour engager les échanges.
Sport scolaire
Prolongement de l’EPS, le Sport Scolaire doit contribuer à conforter,
pour tous les jeunes, l’accès à une culture sportive
et artistique de qualité, adossée à des rencontres
diversifiées, accessibles aux filles et aux garçons de
la 6ème à la Terminale sans exclusive, et jusqu’au
plus haut niveau de pratique dans le cadre de manifestations et championnats
nationaux.
Concernant le service public du sport scolaire dans le second degré,
le CDN réaffirme que, dans le contexte économique et social,
l’effort financier nécessaire à son rayonnement et à son
développement au sein du système éducatif ne doit
pas être supporté par les familles (qui financent déjà près
de 70 % du budget de l’UNSS). Le CDN renouvelle la demande, portée
par le SNEP, d’un doublement de la subvention du Ministère
de l’Education Nationale et de la non augmentation du prix des
licences.
Par ailleurs, le CDN appelle tous les collègues, toutes les militantes
et tous les militants du sport scolaire à porter dans toutes
les instances et à tous les niveaux, l’exigence du forfait
de 3 heures dans le service hebdomadaire de tous les enseignants d’EPS
titulaires d’un poste fixe et TZR affectés à l’année,
en particulier en cas de service partagé. Le SNEP revendique que
les enseignants d’EPS non-titulaires puissent également
participer à l’animation et à l’encadrement
des activités organisées dans le cadre de l’AS et
de l’UNSS.
Secteur Sport
Les mesures RGPP doivent être dénoncées parce qu’elles
conduisent à détruire le service public du sport en accentuant
la marchandisation de ce milieu. Les premières mobilisations ont été impulsées
par le SNEP, avec la CGT, parfois FO, et certaines organisations de MNS.
Dans la suite de la journée du 10 mars dernier, les mobilisations
doivent se poursuivre et déboucher sur une action plus large dans
la 3ème semaine de mai. Le CDN appelle les sections académiques
du SNEP à prendre contact avec les organisations engagées
dans ces actions pour construire avec elles une mobilisation de plus
grande ampleur.
Campagne « Fête/Faites de l’EPS »
La fête de l’EPS doit entrer dans une nouvelle phase de préparation
et jouer son rôle d’entraînement de la campagne « Faites
de l’EPS et du sport scolaire ». Ce sera un grand moment
revendicatif dont chaque militant doit porter la réussite en :
- Faisant en sorte que très rapidement, l’ensemble
des militants soit préinscrit sur le site.
- Dynamisant la campagne, la plus large possible
de préinscription, par une adresse particulière à tous
les collègues présents aux assises académiques.
- Lançant la souscription.
- Lançant la campagne de signature de personnalités
de l’appel 2010.
Des outils utilisables (appel à préinscription,
souscription, appel…) seront envoyés très rapidement
aux responsables académiques et départementaux.
Syndicalisation
Dépasser le final 2009 et atteindre les 10 000 syndiqués,
est possible. Le CDN mesure l’importance de cet objectif fixé,
eu égard au contexte général, parce qu’il
s’agit d’un enjeu de confiance dans le SNEP et dans les luttes
qu’il impulse. Le CDN appelle à mettre en œuvre les
modalités proposées par les notes du 1er et 15 mars 2010,
et en particulier dans la recherche d’adhésion de nouveaux
adhérents.
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22/03/10
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