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CONSEIL DELIBERATIF NATIONAL DU S.N.E.P.
DES 17 et 18 janvier 2013

 

Le texte sur la grève du 31 janvier

GREVE le 31 janvier 2013

Pour d’autres choix concernant les services publics et la fonction publique

Le SNEP appelle les enseignants d’EPS et les professeurs de sport à s’engager dans la grève pour la défense et le développement des services publics, décidée de façon unitaire par les fédérations  syndicales de la Fonction Publique CGT, FSU et Solidaires, le jeudi 31 janvier.

Par cette grève, nous entendons signifier avec force au gouvernement que bon nombre des choix faits pour la Fonction Publique et les services publics sont contraires aux intérêts des usagers, des personnels et du pays.
Ces décisions sont intimement liées aux orientations économiques et sociales mises en œuvre par le gouvernement. Le SNEP condamne le choix de l’austérité(1), sensé réduire une dette dont la légitimité n’est toujours pas interrogée (origines, responsables, formes,  instrumentalisation par les milieux financiers, …) et destiné à rassurer les marchés. Cet axe, déjà présent dans le vote du TSCG, confirmé lors des vœux du président et par les déclarations récentes du ministre du budget, est présenté par les tenants de la « pensée unique » comme le seul possible, alors que dans tous les pays, notamment européens, où il est développé, il enfonce davantage les peuples dans la misère. Il aboutit à l’affaiblissement des services publics et des protections sociales, à la hausse du chômage, de la précarité et des inégalités. Il permet par contre aux plus fortunés et aux milieux financiers de s’enrichir encore !

Le SNEP, avec la FSU, considère que d’autres solutions, alternatives, passant d’abord par un autre partage des richesses, sont possibles. Des propositions diverses sont portées par des forces syndicales nationales et européennes (cf évolution de la CES), des économistes, des associations comme Attac ou la fondation Copernic, de prix Nobel d’économie, … Elles doivent être portées au débat et entendues par celles et ceux qui sont attachés à la justice sociale et aux transformations progressistes.

D’autres choix, en rupture avec les politiques menées, sont possibles et seraient efficaces pour relancer l’économie et réduire les inégalités. Il faut :

  • Sortir du gel du point d’indice qui entraîne la baisse du pouvoir d’achat des fonctionnaires, ce qui plombe l’activité économique. Salaires et pensions(2) doivent être augmentés.
  • Créer des postes indispensables pour un fonctionnement efficace des différents services publics et participant dans le même temps de la lutte contre le chômage. Arrêter de supprimer des postes dans des services publics pour financer par redéploiement ceux (qui restent insuffisants), attribués à quelques rares secteurs comme l’éducation ou la justice.
  • Revenir sur la journée de carence mise en place par le gouvernement Fillon et contestée, à l’époque, unanimement, par la gauche.
  • Donner aux services publics les moyens mais aussi les orientations indispensables à la satisfaction des besoins des usagers, permettant à ces services publics de jouer un rôle à la fois d’amortissement des effets de la crise mais aussi de développement social et économique du pays. Ne pas engager de nouvel acte de décentralisation sans un bilan de l’état et des retombées des phases précédentes et sans réel débat sur les besoins de chaque échelon et les conditions de l’égalité sur le territoire national.

C’est notamment au regard de cette volonté de développer les services publics que le SNEP appelle, le 31 :

  •  Les enseignants d’EPS à mettre en avant leurs revendications pour le système éducatif, l’EPS, le sport scolaire, leur métier et leurs conditions de travail. En termes d’orientations, le projet de loi pour l’école n’opère pas actuellement de réelles ruptures avec les politiques scolaires précédentes ; c’est pourquoi les personnels doivent faire pression pour que les débats à venir aboutissent à la prise en compte des propositions de la FSU pour un service public de l’éducation capable de permettre la réussite de tous les jeunes. Il faut notamment peser sur les députés et les sénateurs pour que ne soit pas, en plus, aggravée la loi au moment du débat parlementaire.
  •  Les professeurs de sport à porter leurs exigences (conditions de travail, mission, organisation des services) pour un véritable service public du sport. Cela passe par la sortie des ministères sociaux et des DDI, la mise en place d’un CTM et d’une DRG spécifiques au MSJEPVA  et par une véritable loi d’orientation et de programmation plutôt qu’une simple loi cadre.

Que ce soit sur les conditions d’emploi, de travail et de rémunération, sur les missions des personnels, sur la qualité des services publics, leur capacité à répondre aux besoins des usagers, le gouvernement doit entendre les propositions des organisations syndicales qui agissent pour des transformations sociales progressistes, dans l’intérêt conjoint de la population, des fonctionnaires et du Pays. Agir le 31, c’est s’opposer aux forces réactionnaires, au Medef, aux lobbies financiers, qui exercent des pressions considérables pour l’accentuation de la politique d’austérité. L’accord signé par le patronat et seulement la CFDT, la CFTC et la CGC sur la « sécurisation » (!) de l’emploi est une grave atteinte aux droits des travailleurs.

Une mobilisation importante est indispensable pour peser pour que le gouvernement mette en œuvre le changement sur lequel il s’est engagé et que la majorité des Français a soutenu.

Le SNEP-FSU appelle les enseignants d’EPS et les professeurs de sport à être en grève le 31 janvier, à participer aux initiatives locales de mobilisation (rassemblements, manifestations...) et à y porter leurs revendications.

1/ Deux hauts  responsables économiques du FMI viennent de reconnaitre que leur modèle mathématique de calcul des retombées de l’austérité était faux et qu’en fait les politiques d’austérité aggravent la crise et favorisent la récession.
2/ La FSU revendique toujours le passage de l’indexation actuelle des pensions sur les prix à celle sur les salaires et s’oppose à tout projet qui viserait à supprimer toute référence.

Texte voté à l’unanimité au CDN du SNEP des 17 et 18 janvier