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CONSEIL DELIBERATIF NATIONAL DU S.N.E.P.
DES 15 ET 16 JANVIER 2009

Palestine : Mettre fin aux massacres Construire une paix durable

Depuis maintenant presque trois semaines Israël a pris la décision de bombarder Gaza et d'engager une attaque terrestre. On assiste là àl'agression par un Etat de toute une population enfermée, qui ne peut pas fuir, déjà privée de ses droits fondamentaux. La situation humanitaire y est effroyable, comme l'ont récemment dénoncé des associations internationales, qui rencontrent les plus grandes difficultés pour accéder aux blessés. Cette attaque israélienne affichée comme la réponse aux inacceptables tirs de roquettes sur les populations civiles du sud d'Israël apparaît aux yeux du monde, malgré les tentatives d'interdire à la presse l'accès aux territoires pilonnés, comme très loin d'une simple attitude défensive.

Cette action guerrière ne peut que renforcer les positions extrémistes de tous bords, dans une spirale infernale et éloigner encore les possibilités d'une paix durable, en affaiblissant les partisans du dialogue.

Pour le SNEP, seul le respect du droit international et des résolutions de l'ONU en faveur de la création d'un Etat palestinien, assurant la coexistence de deux Etats aux frontières sûres et reconnues peut permettre la résolution de ces conflits meurtriers. C'est pourquoi notre pays doit agir résolument en faveur de ces solutions connues de tous.
Dans l'immédiat, un cessez-le-feu doit être obtenu de toute urgence, les forces armées israéliennes doivent se retirer de Gaza et le blocus doit être levé. Une force d'interposition doit pouvoir venir immédiatement protéger les populations civiles, avec l'acheminement sans délais d'équipes médicales, de médicaments et d'équipements médicaux.
Au niveau européen, il faut dénoncer les accords économiques et d’association et notamment les accords de rehaussement dont vient de bénéficier Israël, tant que les droits humains et le droit international ne seront pas respectés.
Au niveau international, des négociations sérieuses résolument tournées vers la création d'un Etat palestinien doivent être lancées sans délai.
Le SNEP rappelle que toute attaque contre des populations civiles constitue un crime de guerre et doit être considérée comme telle au regard du droit international.

En France, la sensibilité à cette actualité tragique est réelle et de nombreuses manifestations ont montré la solidarité des citoyens avec la population de Gaza. Cependant des actes isolés inacceptables, à l’encontre d’une synagogue à Toulouse, contre une collégienne à Villiers-le-Bel et à Paris contre deux lycéens d'origine maghrébine témoignent en revanche de crispations identitaires.
Le SNEP s’inquiète de tout ce qui viserait à transformer ce conflit territorial et politique en un « conflit de civilisation », en lien avec des questions religieuses ou « ethniques ». Il condamne toute expression et toute attitude antisémites, racistes ou xénophobes et refuse toute instrumentalisation, par quelque partie que ce soit, du conflit israélo-palestinien.
Il dénonce la réaction des autorités politiques françaises qui s’en remettent aux instances religieuses pour prévenir la violence. Cela n’est ni admissible sur le terrain de la laïcité ni de nature à prévenir les dangers qu’elles invoquent.
Seul le respect des droits de l’Homme, du droit international et du droit de tous les peuples à disposer d’eux-mêmes et à vivre en paix dans des frontières sûres et reconnues offrira les solutions viables et durables à un conflit qui ensanglante le monde depuis plus de soixante ans.

C’est sur ces bases que le SNEP appelle ses syndiqués à participer aux manifestations organisées en France actuellement, notamment celle du 24 janvier.