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Congrès SNEP Amiens
4 – 8 juin 2007

Texte Action

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Le congrès national du SNEP réuni à Amiens du 4 au 8 juin 2007 se tient au lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République et à la veille du premier tour des élections législatives.

Le contexte dans lequel le SNEP inscrit son action immédiate et à venir, a été analysé par le Secrétaire Général dans son rapport introductif, ainsi qu’au cours des travaux réalisés sur les 4 thèmes du congrès.

Les axes essentiels :
L’Etat social est l’objet de toutes les attaques, dans la continuité de la politique engagée par le gouvernement sortant. Le Président de la République affirme que, parce qu’il a été élu, tout son programme serait validé. Son Premier Ministre a d’ores et déjà commencé à développer un argumentaire pour contenir l’expression syndicale des revendications.

Le patronat exulte. Il reconnaît en N. Sarkozy l’un des siens à travers le « travailler plus pour gagner plus », la baisse des cotisations sociales, etc….

L’objectif politique est bien d’engager un basculement de société au prix de la destruction d’un siècle et demi d’acquis.

Précarité de l’emploi, de revenu, de mode de vie deviennent la référence vers laquelle veut nous faire tendre le libéralisme. Il n’épargne pas plus le public que le privé : les tractations pour la privatisation de GDF se poursuivent, l’ouverture de la Poste à la concurrence va entrer en application, la fusion de l’ANPE et des ASSEDIC est annoncée... Dans la Fonction Publique, la programmation de  la suppression d’un fonctionnaire sur deux est confirmée ; la création d’un ministère du Budget des Comptes Publics et de la Fonction Publique préfigure la réorganisation de la Fonction Publique d’Etat que nous craignions, ainsi que de la volonté d’en faire une variable d’ajustement.

Dans ce contexte les grandes questions du Service Public d’Education subsistent : les objectifs de démocratisation et de développement nécessitent pourtant l’abrogation de la loi Fillon qui instaure le socle, l’abrogation des décrets Robien, le vote d’un collectif budgétaire et l’annulation des suppressions de postes décidées pour la rentrée 2007, ainsi que l’augmentation des recrutements. La décision d’assouplir la carte scolaire dès la prochaine rentrée, que nous condamnons,  va dans le sens d’une nouvelle dégradation. La réforme des universités visant à leur donner une plus grande autonomie s’inscrit dans la même logique. Le SNEP y est opposé.

Le rapport de Xavier Darcos, désormais Ministre de l’Education Nationale, invitant le candidat Nicolas Sarkozy à entendre la colère des personnels, porte la marque de nos nombreuses luttes. En revanche, il préconise des solutions visant à maintenir pour le pouvoir, l’essentiel de ses orientations : « travailler plus pour gagner plus », réduction du nombre de fonctionnaires, refonte de nos statuts.

Dans ce cadre, l’EPS et le Sport Scolaire sont l’objet d’attaques particulièrement inquiétantes. Après la décision déjà prise par Robien de supprimer l’équivalent de 1000 forfaits d’AS ainsi que des heures de coordination, le rapport de l’Inspection Générale n’est qu’un rapport à charge, mortifère pour le Service Public du sport scolaire.

C’est dans ce contexte que s’inscrit l’activité syndicale du SNEP
L’action syndicale n’a jamais été conçue pour organiser la capitulation sous quelque prétexte que ce soit. C’est la raison pour laquelle, elle n’a cessé d’être présente, développée, entretenue avant et tout au long de la campagne des présidentielles. Ce sont bien les multiples mobilisations des personnels qui ont contraint les candidats à se prononcer pour l’abrogation ou la suppression des décrets Robien.

L’EPS et le Sport Scolaire sont l’objet d’attaques particulièrement inquiétantes. Le ministère de l’éducation nationale a pris la décision de supprimer l’équivalent de plus de 1000 forfaits d’AS, soit au moins 2000 enfants dans la rue le mercredi après-midi ; cette suppression des forfaits n’est qu’un ballon d’essai pour une politique plus générale, nationale. Une telle situation met en péril les enjeux de démocratisation de la pratique volontaire des activités physiques, sportives, artistiques.
De tels choix sont en contradiction avec une réelle politique « d’ambition de réussite ». En effet, une fois de plus, ce sont les enfants et les jeunes des quartiers populaires auxquels on réduit l’offre d’éducation et d’accès à la culture. Cette orientation politique s’inscrit dans la remise en cause d’un service public de qualité.

Alors que François Fillon, 1er Ministre, déclare qu’il « ne faut pas reculer d’un millimètre », que le Ministre Xavier Darcos tergiverse, c’est le Président de la République qui prend lui-même les choses en main. Il recevra le 11 juin, une délégation FSU dont fera partie le SNEP.
Simultanément, nous apprenons qu’au cours du CTPD des Yvelines, l’Inspecteur d’académie vient d’annoncer le rétablissement de l’animation du sport scolaire dans les collèges de ce département et redonne des heures supplémentaires aux établissements.
Si cette décision correspond à une réorientation nationale et généralisée, ces éléments doivent être analysés dans leur complexité, voire dans leur contradiction, afin d’être intégrés à la construction de l’activité syndicale à venir.

  • Le gouvernement aurait donc été obligé d’entendre les personnels sur le rôle du service public du sport scolaire et sa place originale dans l’école, et sur la reconnaissance de la double mission des enseignants en EPS et en AS. Il s’agit d’un déplacement du rapport de force à porter au crédit de l’activité syndicale déployée depuis des mois par les enseignants d’EPS et tout particulièrement par les collègues des départements et académies les plus meurtris.
  • Mais en même temps qu’il doit tenir compte du rapport de force et des luttes, le Président de la République cherche à maintenir le cap sur ses orientations fondamentales (« travailler plus pour gagner plus », économies budgétaires), dévoyant la réponse par l’octroi d’heures supplémentaires, entraînant l’alourdissement du temps de travail au détriment de l’emploi. Il sent bien que pour poursuivre et imposer sa politique, il devra garder l’opinion de son côté, notamment dans le cadre de la préparation des élections législatives.

C’est tout cela que traduit le rétablissement des 3 heures d’AS sous la forme d’heures supplémentaires.

C’est tout cela qui « borne » aussi l’activité syndicale et donne le sens de ce que nous allons faire dans les jours et semaines à venir.

Le congrès national décide d’un plan d’action organisé en deux temps :

Pour la fin de l’année scolaire :

  • Un appel solennel du congrès à la profession, sur l’avenir de la discipline et du sport scolaire sera rendu public dès le 8 juin et remis au Président de la République le 11 juin. Il doit devenir un outil porté par tous les collègues.
  • L’expression des personnels, pour obtenir le rétablissement de tous les forfaits AS de 3 heures insécables dans le service des enseignants et des heures de coordination, ainsi que le rappel de notre refus des HS, seront organisés : dans les CA de fin d’année, lors des fêtes de l’AS, AG de district et/ou départementales, CD/CR UNSS, CTP, etc., avec remontée systématique en direction du ministre et de la hiérarchie de l’éducation nationale. Le SNEP fournira les outils nécessaires aux mises en œuvre.

Dans ce cadre, la préparation de l’AG nationale de l’UNSS devra être l’occasion d’initiatives diverses dans les académies, les départements, les établissements et d’une initiative forte en coordination avec les militants de la région parisienne sur le lieu de l’AG. Le SNEP déposera un préavis de grève pour ce jour.

  • L’amplification  de la bataille des postes doit se poursuivre, par une pression accrue sur l’administration, pour une remise à plat de l’ensemble des postes implantés et à implanter. Chaque académie doit engager le travail de « retricoter » les postes « détricotés ». A titre symbolique, toutes les sections académiques du SNEP doivent organiser le report des FPMA, et prévoir une déclaration de même type en liaison avec nos partenaires syndicaux, en ayant le souci d’associer toute la profession dont les collègues plus particulièrement concernés.
  • La session parlementaire extraordinaire en juillet nécessite d’intervenir sans attendre auprès des nouveaux Députés (à partir du 18/06/2007), de leur demander de se prononcer sur la défense du sport scolaire et de rendre publique leur réponse. Le SNEP devra utiliser la plaquette pour aller à leur rencontre.
  • La reprise de contact avec les étudiants en STAPS et leurs organisations syndicales est nécessaire pour construire des relations et échanges, pour permettre de les associer aux initiatives concrètes, relatives aux recrutements et à la défense du sport scolaire.
  • Les liens avec le mouvement sportif, les parents d’élèves et l’ensemble de nos alliés doivent être renforcés.

Le SNEP travaillera à la production d’un contre rapport, en réponse à celui des IG, analysant les réussites et points de blocage, à partir des outils déjà élaborés et de ceux qui restent à construire.

Dans l’immédiat le SNEP appelle la profession à prolonger les luttes par leur vote au premier et deuxième tour des élections législatives.

Pour la rentrée 2007 :

    • Si le décret n’est pas retiré, le SNEP devra envisager un appel à la grève.

Les alliances, notamment sur la question du sport scolaire, sont essentielles. Elles passent par la mise en place d’appels locaux, départementaux et académiques en vue de la constitution de comités de défense du sport scolaire, avec les élus, fédérations, personnalités, sportifs…

    • La tenue de la coupe du monde de Rugby au mois d’octobre doit être l’occasion d’initiatives diverses.

Que ce soit dans la période de la fin d’année scolaire, pendant les congés d’été durant lesquels peuvent être fomentés les mauvais coups, ou à la rentrée, le SNEP, sur la base des mobilisations spécifiques à son secteur, se place dans une perspective d’élargissement de l’action.

Cet élargissement peut se construire :

  • dans le secteur de l’Enseignement et de l’Education,
  • dans le secteur des Services Publics et de la Fonction Publique (Recherche, Justice, Santé…), notamment sur le terrain de l’emploi, des salaires, des statuts,
  • dans les secteurs des retraites et de la protection sociale et autres dossiers interprofessionnels.

Sur tous ces aspects, les enseignants d’EPS sont concernés comme enseignants, comme fonctionnaires, comme salariés.

Parce que les conditions de réussite d’une action élargie, durable et efficace, susceptible d’améliorer le rapport de force en faveur des salariés, résident dans l’enracinement d’actions spécifiques à chaque secteur professionnel sur la base de leurs problèmes et revendications ; parce que l’élargissement de l’action en ce sens, peut contribuer à l’avancée de revendications plus générales mais aussi à nos revendications spécifiques ; le SNEP proposera que la FSU et ses composantes :

    • fassent le bilan des attaques gouvernementales dans les divers secteurs qui les concernent et des mobilisations en cours ou envisagées,
    • travaillent à la concrétisation des convergences possibles aux différents niveaux (Enseignement – Education – Recherche, Services Publics et Fonction Publique, interprofessionnels) sous toutes les formes d’action pouvant aller jusqu’à la grève.