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| Paris, Le 28 mai 2008
LETTRE OUVERTE Monsieur le Ministre, L'école est la seule institution laïque et gratuite où tous les enfants viennent pour acquérir une culture, des savoirs. C'est aussi le seul endroit où les filles et les garçons, les enfants des différents milieux sociaux, pratiquent ensemble les mêmes activités. L'éducation physique et sportive doit avoir pour visée éducative globale le développement physique, psychologique et social, simultanément, de tous les élèves, durant leur scolarité. il s'agit notamment de faire acquérir à chacun, avec un regard critique, des connaissances et des compétences dans le champ des activités physiques, sportives et artistiques, et de donner le goût d'une véritable pratique physique, régulière et raisonnée qu'il pourra poursuivre tout au long de sa vie, sous différentes formes. En 2004/2005, la volonté de recentrage de l'enseignement sur un "socle commun de connaissances et de compétences" et la proposition de rendre facultative l'EPS au brevet des collèges présentaient le danger d'une dévalorisation de cette discipline. Les enseignants d'EPS ont alors mené des actions nombreuses et une campagne d'opinion de grande ampleur sur le thème "Pas d'éducation sans éducation physique". L'attachement de la population à l'EPS à l'école a été mis en évidence par plus de 450 000 signatures recueillies sur notre pétition. ces actions multiples, cette campagne d'opinion, les interventions auprès des élus, l'intérêt affiché par les élèves et leurs familes, la population, ont contibué à ce que l'EPS et le sport scolaire soient repris parmi les thèmes de la campagne présidentielle. Mais, en décalage avec ces déclarations, vous avez pris et prenez actuellement certaines décisions qui vont à l'encontre d'un progrès de l'EPS et du sport scolaire et parfois présentent des éléments forts de leur remise en cause :
Pour le SNEP, le "volet sportif" de l'accompagnement éducatif mis en place ne saurait remplacer une augmentation de l'enseignement obligatoire, en raison de son caratère facultatif et du fait qu'il s'agit d'une animation et non d'un enseignement, qui se déroule en dehors de l'horaire scolaire. De plus, cet accompagnement éducatif sportif peut entrer en concurrence avec la pratique volontaire qui existe déjà dans tous les collèges et lycées, le sport scolaire dans le cadre de l'association sportive de l'établissement, voire à terme avec l'enseignement de l'EPS. L'ensemble de ses éléments nous amène à penser, Monsieur le Ministre, que les engagements pris et les propositions faites sur l'EPS et le sport scolaire depuis plusieurs mois, ressemblent forts à des effets d'annonce, destinés à capter un intérêt certain sur ce thème des élèves, des parents et de la population. La véritable orientation ministérielle nous semble de plus en plus être la reprise, dans des formes différentes, de celle développée, sans succès, notamment dans les années 1970-80, (carrefours sportifs, CAS, plan Mazeau, plan Soisson,...) : réduction de la place de l'enseignement de l'EPS avec transfert d'une part de celui-ci du service public national d'éducation vers le milieu associatif ou les collectivités. |
Monsieur le Ministre, nous souhaitons que vous leviez nos inquiétudes et que vous preniez des engagements précis, des décisions concrètes, en terme d'horaires obligatoires hebdomadaires à tous les niveaux du système éducatif, de conditions d'enseignement (équipements sportifs, matériel, effectifs), de reconnaissance et de contenus (programmes, 8ème pilier du socle), de développement du sport scolaire, de limitations précises concernant le périmètre de l'acompagnement éducatif, etc. Trois décisions concrètes pourraient notamment être prises rapidement : l'augmentation de la subvention du MEN à l'UNSS, un progrès des horaires obligatoires de l'EPS en collèges et lycées, une hausse notable des recrutements d'enseignants d'EPS dès le concours 2008, avec une liste complémentaire significative. ce sont des décisions claires, dans le cadre du service public national d'éducation, qu'attendent enseignants et parents, dans l'intérêt des jeunes. Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à l'expression de notre considération distinguée.
Serge CHABROL Copyright © 2008 SNEP. Tous droits réservés - Dernière modification le 3/06/08 |