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Paris, le 23 février 2009

 

 

Monsieur Xavier DARCOS
Ministre de l’Education Nationale
110 rue de Grenelle
75007 Paris

LETTRE OUVERTE

Monsieur le Ministre, Le 13 janvier, nos organisations syndicales sollicitaient, ensemble, une rencontre avec vous-même. A ce jour, nous n’avons reçu aucune réponse, si ce n’est vos déclarations affirmant qu’aucune modification ne serait apportée à la réforme généralisant le baccalauréat professionnel en 3 ans.

Aujourd’hui, toutes les raisons qui nous conduisaient il y a un mois à demander la suspension immédiate de cette réforme sont plus que confirmées. La suppression massive de postes dans les établissements pour la rentrée 2009 est confirmée. Par exemple, dans l’académie de Strasbourg 48 postes seraient supprimés dans les LP et les EREA, dans l’académie de Rouen 67 postes, dans celle de Créteil, 170 postes… Les fermetures de sections de BEP organisent la diminution des capacités d’accueil des LP. Par exemple, dans l’académie de Rennes, 32 fermetures sèches de sections de BEP sont annoncées tandis que 75 sections de BEP sont transformées en bac pro. A Limoges, le rectorat prévoit une diminution des capacités d’accueil de 18% dans les LP. Des postes supprimés devraient être remplacés par des heures supplémentaires.

La globalisation des horaires en application des nouvelles grilles, rejetées par le CSE ne peut masquer les diminutions d’horaires d’enseignement et la suppression de dédoublements.

Nous devons donc constater que la réforme de l’enseignement professionnel a bien pour logique d’accompagner les suppressions massives de postes dans les établissements, qu’elle se fait dans la précipitation, une grande confusion, beaucoup d’incohérence et d’iniquité entre élèves. Rien n’est prêt pour permettre aux parents et aux élèves de choisir correctement leur orientation : CAP ou baccalauréat, qui va choisir et comment ?

Les parents et les élèves, tout comme les professeurs ne cessent de dénoncer depuis plus d’un an les dangers de cette réforme.

Monsieur le Ministre, nous vous interpellons solennellement. Le refus de recevoir nos organisations syndicales n’efface pas les revendications. En refusant jusqu’à présent tout dialogue avec nos organisations et toute négociation vous prenez la lourde responsabilité de provoquer une logique de conflit.

Nos collègues sont légitimement inquiets pour leur avenir et celui de l’enseignement professionnel. La colère monte dans les établissements : les assemblées générales dans les établissements, les délégations et rassemblements dans les rectorats, les grèves se multiplient. Nous vous demandons à nouveau de renoncer aux suppressions de postes et de sections de BEP. Nous vous demandons de retirer les décrets et arrêtés sur le bac pro 3 ans qui viennent d’être publiés et qui avaient été rejetés au CSE afin d’ouvrir de véritables négociations. L’enseignement professionnel mérite mieux.

Nos organisations restent disponibles pour vous rencontrer.

Co S.G. du SNUEP-FSU Jérôme DAMMEREY
Co S.G. de SUD Education Jean BURNER
S.G. du SNETAP-FSU Annick MERRIEN
S.G. du SNCL-FAEN Marc GENIEZ
S.N. de la CGT Education Alain Vrignaud
Pour SN-FO-LC Edmonde Brunet
S.G. du SNEP-FSU Serge CHABROL
Président du SNALC-CSEN(FGAF) Bernard KUNTZ
Pour Le SYAC CGT Thomas Vaucouleur