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Paris, le 23 novembre 2010

 

Madame Chantal JOUANNO
Ministre des Sports
95 avenue de France
75650 PARIS CEDEX 13

 

Madame la Ministre,

Vous venez d’être nommée à la tête d’un ministère des sports de plein exercice en lieu et place d’un secrétariat aux sports rattaché au ministère de la Santé. Ce changement répond à une revendication portée par notre organisation syndicale, qui avait estimé que la configuration précédente préfigurait une minimisation de la fonction propre du sport et un recul de l’intervention de l’Etat sur ce secteur.

Pour autant, la faiblesse notoire du projet de budget 2011 dédié à la mission sport, en baisse de près de 15% comparé à celui de 2010, ne saurait nous rassurer.

En effet, vous arrivez à la tête de ce ministère alors que les décisions de vos prédécesseurs laissent les personnels et le mouvement sportif dans la plus complète incertitude quant à leurs missions et à l’ambition qui doit être accordée à leurs secteurs d’intervention.

Historiquement, la France a conduit une politique sportive originale alliant le dynamisme de l’Etat à celui mouvement sportif, dans une vision englobant les différentes formes et contenus de pratiques et appuyée par une politique volontariste d’équipements sportifs. Cette orientation était guidée par une volonté de démocratisation. La plupart des ces atouts ayant été bradés, le bilan est décevant.

Aujourd’hui ce ministère se recroqueville sans que des éléments alternatifs, autre que l’appel croissant à des financements privés, ne soient clairement dégagés. A l’étape actuelle de la mise en œuvre de la RGPP, nous pouvons faire un long listing des décisions malheureuses mises en œuvre à tous les niveaux de la structure administrative (DRJS, DDJS, CREPS, INSEP) ou de secteurs d’intervention (haut niveau, sport pour le plus grand nombre, formation…). Le constat est sans appel.
Faute de lettre de mission particulière et de moyens, les engagements de la campagne présidentielle de faire du sport « l’affaire de tous » et de porter le budget des sports à hauteur de 3% du budget de l’Etat, se soldent par un bilan en-deçà de la longue histoire martyre de ce ministère. En clair, l’essentiel des décisions de vos prédécesseurs ont simplement conduit à raboter les moyens fournis par l’Etat et à démanteler le service public du sport.
Ces bouleversements déstabilisent les personnels et font fi de leur professionnalité, qu’ils exercent dans les services déconcentrés ou soient placés auprès des fédérations sportives.

La tâche qui vous attend est immense parce que le sport jouit d’une audience sociale à hauteur des missions qu’il peut remplir dans la perspective de formation, de culture et de loisir pour toutes les générations. Cette tâche-là n’est jamais gagnée d’avance et nécessite, certainement, une nouvelle donne entre tous les acteurs publics et associatifs et, pour une part, privés. Cette approche justifie un débat national, que nous ne sommes pas les seuls à revendiquer, mais indispensable si nous voulons sortir d’une politique faite d’à-coups, laissant croire qu’une succession d’interventions ciblées font une politique cohérente et dynamique.

Le SNEP FSU est porteur d’une toute autre ambition pour le service public du sport et ses personnels.

Il vient d’en faire une nouvelle fois la preuve en organisant les « EPSiliades » qui ont rassemblé près de 1900 professeur d’EPS et de sport, sportifs de haut niveau, représentants de  fédérations sportives, affinitaires et milieu associatif, d’élus territoriaux, de chercheurs, d’étudiants en STAPS,…les 12, 13 et 14 novembre 2010 à la Halle Carpentier à Paris.

Nous souhaitons être reçus rapidement afin que entendiez nos propositions, que vous nous précisiez vos intentions sur la politique que vous entendez mener et les réponses que vous envisagez d’apporter à nos revendications.

Nous vous prions de croire, Madame la Ministre, à l’expression de notre considération distinguée.

 


Serge CHABROL
Secrétaire Général


Martine LE FERRAND
Secrétaire Générale Adjointe