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Paris, le 20 janvier 2014

Monsieur PEILLON Vincent
Ministre de l’Education Nationale
110 rue de Grenelle
75357, PARIS SP 07

 

Objet : dossier métier

Monsieur le Ministre,

Lors de la première phase de négociations sur le dossier métier, nous sommes intervenus pour la prise en compte d’un certain nombre de revendications de notre profession, regroupées dans un courrier que nous vous avions adressé le 3 décembre 2013.
Nous tenons à vous faire part de notre satisfaction devant votre décision de poursuivre les discussions sur les enseignants de second degré et nous souhaitons être pleinement associés à celles-ci.

Nous retrouvant face à un certain nombre de blocages sur des dossiers spécifiques aux enseignants d’EPS, au mois de décembre, nous avions été amenés à lancer une pétition. Celle-ci a reçu 3 000 signatures en 48h, en grande partie pendant le weekend, ce qui montre la sensibilité de nos collègues sur les questions posées et leur soutien aux propositions exprimées par le SNEP-FSU. Quelques jours après, nous obtenions le maintien du caractère systématique de la coordination en EPS et l’officialisation de la coordination des districts UNSS, nous avons donc retiré notre pétition, devenue obsolète, puisque ces deux questions y occupaient une place centrale. Nous souhaitons donc que ces deux éléments soient clairement inscrits dans les fiches ministérielles. Pour ce qui est du maintien de la possibilité que des enseignants EPS de second degré continuent à assurer la fonction de conseillers pédagogiques EPS auprès des DASEN, il était déjà acquis.

Nous nous félicitons de la prise en compte de ces demandes de notre profession, portées par le SNEP-FSU.

Pour autant, cela ne saurait signifier que les autres revendications que nous avançons ne seraient plus d’actualité et nous souhaitons que le débat sur celles-ci soit poursuivi dans la nouvelle phase de discussions. C’est pourquoi nous tenons à vous les rappeler dans ce courrier.

1.           Abaissement des maxima de service des enseignants d’EPS

Les enseignants d’EPS ont actuellement un service hebdomadaire plus élevé que les autres enseignants de second degré. Nous demandons donc l’abaissement des maxima de services des enseignants d’EPS au niveau de ceux des certifiés et des agrégés hors EPS, soit 18h dont 3h pour le sport scolaire pour les Professeurs d’EPS et Chargés d’Enseignement d’EPS et 15h dont 3h pour le sport scolaire pour les Agrégés d’EPS.

2.           Prise en compte indemnitaire de la fonction de secrétaire d’AS

Actuellement cette fonction ne donne lieu à aucune rétribution alors qu’elle est lourde, en particulier dans les gros établissements (liaison avec le district et les services UNSS, gestion des licences, inscriptions aux compétitions, réservation des installations et des bus, préparation des réunions du comité directeur et de l’AG de l’AS, bilan et projets d’AS pour présentation au CA de l’établissement etc.). Nous souhaitons que cette fonction apparaisse, elle aussi, dans le « bloc 3 » des missions des enseignants du second degré et donne lieu à rétribution.

3.           Pondération des heures effectuées en Première et Terminale

Le projet ministériel propose une pondération des horaires des enseignants pour les classes de Première et Terminale dans les lycées généraux et technologiques, mais il est précisé « hors EPS ». La seule raison avancée pour « justifier » un tel ostracisme à l’égard de notre discipline et de ses enseignants est le coût financier.

Cela nous apparaît inadmissible. Rien ne peut justifier que les enseignants d’EPS soient exclus du bénéfice de cette mesure (comme auparavant des heures de première chaire). En effet, le temps de préparation, d’évaluation et de suivi des élèves est aussi important en EPS que dans bien des disciplines, avec les contraintes imposées par le CCF, l’exigence de co-évaluation sans rémunération, etc.
Nous demandons, avec les autres syndicats FSU, à ce que cette pondération soit étendue à la voie professionnelle, ce qui est, là aussi, refusé en argumentant non sur des raisons pédagogiques mais sur le coût financier !

4.           Effectifs lourds

La pondération en Première et Terminale qui remplace les heures de première chaire ne répond pas à un problème important qui est celui des effectifs lourds, notamment en seconde. La proposition avancée pour l’enseignement avec effectifs lourds, qui représente un progrès par rapport à la situation antérieure, place la barre à un niveau trop élevé et avec une formulation ambigüe (6 heures devant une classe entière dont l’effectif est élevé -plus de 35 élèves- sera prise en compte par une indemnité spécifique). Nous demandons qu’à la notion de classe entière soit substituée celle de groupe car en EPS les groupes sont souvent formés d’élèves venant de plusieurs classes, notamment avec les menus d’APSA en Terminale. Avec le SNES nous demandons le remplacement de l’indemnité par une décharge de service puisque nous sommes face à un alourdissement de la charge de travail et l’abaissement du seuil (1h de décharge pour 6h avec plus de 30 élèves en lycée et 28 en collège, ou 4h avec plus de 35).

5.           Indemnité de CCF en voie professionnelle

Actuellement est engagée une réflexion sur l’évaluation dans la voie professionnelle. Pour autant, nous tenons une nouvelle fois à demander à ce que les enseignants d’EPS ne soient plus exclus du bénéfice de l’indemnité de CCF en LP, attribuée à toutes les autres disciplines. Là aussi rien ne peut expliquer, pédagogiquement et en terme de charge de travail, l’ostracisme dont fait l’objet notre discipline.

6.           Pénibilité spécifique du métier

Nous avons déjà présenté à vos services les aspects spécifiques de la pénibilité de notre métier qui se traduit par une vraie souffrance pour un grand nombre de collègues. Parmi nos diverses propositions pour prendre en compte la pénibilité sur les fins de carrière (ex : retour de la CPA, collègues chargés de formation, tutorat, etc.) l’une consiste à ce que les collègues en situation de difficulté physique puissent prendre en charge des missions comme la coordination, la fonction de professeur principal, ... notamment en allègement de service, afin de réduire les heures de cours.

7.           Enseignant d’EPS et complément de service

Les enseignants d’EPS en complément de service bénéficient actuellement de mesures particulières qui sont notamment liées aux spécificités de notre métier : un projet EPS obligatoire, un projet d’AS obligatoire, la gestion du sport scolaire plus difficile lorsque l’on n’est pas à temps plein sur un établissement, des lieux de travail (installations sportives) souvent extérieurs et parfois éloignés des EPLE , une gestion du matériel en EPS complexe, ...
C’est pourquoi ils bénéficient d’un allègement du service d’enseignement d’1h pour enseignement "dans 3 établissements différents de la même localité ou dans deux établissements de localités différentes" (pas de notion localités non limitrophes), et 2h de décharge pour "3 établissement situés chacun dans des localités différentes". Les conditions d’enseignement n’ont pas changé et vous vous étiez engagé à ce qu’aucune catégorie de personnels ne voit sa situation régresser, c’est pourquoi nous demandons le maintien de ces abaissements des maxima de service en cas de complément de service.

Nous demandons en outre qu’il soit bien spécifié dans les textes à venir que les enseignants en situation de TZR, affectés sur plusieurs établissements, bénéficient des mêmes mesures que les titulaires d’un poste en établissement.

8.           Enseignants d’EPS en EREA et SEGPA

Nous demandons que la situation de ces personnels soit examinée. Pourquoi ne bénéficieraient-ils pas d’une pondération du même type que celle de l’éducation prioritaire, compte tenu des difficultés d’enseignement dans ces établissements et de la nécessité de concertation accrue dans l’équipe pluri professionnelle ?

9.           Revalorisation

Enfin, comment comprendre qu’une discussion sur les métiers de l’enseignement ne s’accompagne pas de propositions sur la revalorisation en terme salarial, ou de carrière, etc. Nous continuons, avec la FSU, à demander que cette question soit abordée et que des propositions concrètes soient avancées par le Ministère.

Nous souhaitons, Monsieur le Ministre, que soient entendues nos propositions. Nous sommes restés, dans ce courrier, sur les dossiers qui concernent de façon plus spécifiques les enseignants d’EPS, mais sur les questions plus générales nous portons des revendications similaires à celles de nos camarades du SNES-FSU.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à l’expression de notre considération distinguée.


Serge CHABROL
Secrétaire Général

 

Copie à MM. Lejeune et Mancel