|

Paris, le 19 octobre 2007

FSU – SNEP/FSU - SNES/FSU
SNESUP/FSU – SNUIPP/FSU – SNUEP/FSU

Madame Valérie PÉCRESSE
Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
1 rue Descartes 
75005 Paris

Monsieur Xavier DARCOS
Ministre de l’Education Nationale
110 rue de Grenelle
75007 Paris

Madame la Ministre,

A ce jour, près d'un tiers des IUFM sont intégrés dans une université et ce processus se poursuit dans un contexte confus et peu démocratique. L’absence de cadrage national, tant sur les structures que sur les plans de formation, entérine la grande diversité des formations qu’ils proposent et des missions et services assignés aux équipes de formateurs, alors que le métier et la profession ont plus que jamais besoin de cohérence au niveau national. La diversité des universités intégrantes alliée à la loi du 10 Août 2007 sur les universités n’augurent aucune amélioration pour les intégrations restantes. En effet cette loi « Libertés et Responsabilités
des Universités », se caractérise notamment par le désengagement annoncé de l’Etat, que ce soit dans le domaine de la recherche ou celui de la formation. Elle favorise la mise en concurrence des établissements, contraire à la coopération nécessaire pour la formation des enseignants entre universités d’une même académie.

La situation des IUFM intégrés ou en cours d'intégration est variable. Certains choix d’universités d'intégration se révèlent peu compréhensibles, et en tout cas plus guidés par des enjeux politiques ou de récupération de moyens que par des enjeux de formation.
Un bilan devrait être mené sur cette première phase d’intégration. Nous demandons que les rapports d'étape sur l'intégration établis par l'Inspection Générale, dans un souci de transparence, soient rendus publics et que les rapporteurs des missions relatives à l’intégration auditionnent les organisations syndicales représentatives des personnels formés et employés dans les IUFM.

L’intégration des IUFM aux universités ne profitera à la formation des maîtres que si cette dernière est inscrite dans un cursus universitaire qualifiant articulé aux besoins des métiers d’enseignants et fondé sur le développement de la recherche en éducation. Cette intégration ne saurait être fructueuse sans un développement de la recherche en éducation, une véritable politique de formation de formateurs et une cohérence de fonctionnement d’équipes pluricatégorielles.
Tout formateur, qu'il soit enseignant chercheur, formateur à temps plein ou formateur associé, doit pouvoir accéder à une activité de recherche. Des masters de formations de formateurs doivent être mis en place par les universités.
Jusqu’à présent les statuts des IUFM intégrés aboutissent toujours à une moindre représentation des usagers ou des organisations syndicales représentatives des personnels en formation continue dans les nouvelles instances. A cette rentrée, au prétexte de l’intégration proche, avec l'accord du ministère, de nombreuses directions d’IUFM n'organisent pas d’élections pour les formateurs et/ou refusent des élections pour les usagers. Ceci aura pour conséquence de priver les usagers de représentants élus dans les CA et CSP des IUFM en cours d’intégration, mais également dans toutes les instances provisoires où seront débattus
les statuts et plans de formation des nouvelles écoles. Il est inconcevable que les intégrations restantes se déroulent dans un cadre si peu démocratique. Nous demandons donc la tenue d’élections dans tous les IUFM et à défaut, la désignation de représentants d’usagers par les organisations syndicales des personnels d'enseignement et d'éducation, en fonction de leur représentativité dans l’académie. Nous exigeons également que les instances provisoires soient la prolongation des actuels CA et CSP.

Enfin, nous rappelons notre exigence de voir figurer, en tant que telles, les organisations syndicales représentant les personnels des premier et second degrés. Nous demandons la réécriture des décrets d’intégration afin de prendre en compte la spécificité des IUFM sur ce sujet. La composition des conseils d’école doit garantir la représentation des usagers en formation initiale et des usagers ayant vocation à bénéficier de la formation continue. Les représentants de ces derniers doivent être désignés par les organisations syndicales, sur la base des résultats aux élections professionnelles dans l’académie.

Nous vous prions de croire, Madame la Ministre,Monsieur le Ministre, en l’expression de nos salutations respectueuses.


Gérard Aschieri – Secrétaire Général de la FSU
pour :
Frédérique Rolet – Co-Secrétaire Générale du SNES/FSU
Jean Fabbri – Secrétaire Général du SNESUP/FSU
Serge Chabrol – Secrétaire Général du SNEP/FSU
Gilles Moindrot – Co-Secrétaire Général du SNUIPP/FSU
Gérard Blancheteau – Secrétaire National du SNUEP/FSU