| Paris, Le 16 juin 2008
Monsieur le Ministre, Depuis la création de l’accompagnement éducatif en juillet 2007, le SNEP a plusieurs fois attiré votre attention et celle de vos collaborateurs sur le risque de concurrence, voire de substitution, que la partie « pratique sportive » faisait peser sur l’EPS obligatoire, les pratiques optionnelles et le sport scolaire proposé par les AS des collèges. Il nous a été répété que nos craintes n’étaient pas fondées : conçu avec l’objectif de s’adresser prioritairement aux élèves n’ayant aucune pratique sportive volontaire, le volet « pratique sportive » de l’accompagnement éducatif consistait donc en une animation sans contenus spécifiques, sans orientation préétablie. A ce titre, il ne pouvait concurrencer ni l’EPS, ni les pratiques optionnelles, ni l’AS. Nous avons souhaité qu’un bilan sérieux de sa mise en place dans les collèges de l’éducation prioritaire soit effectué avant la généralisation à l’ensemble des collèges, prévue pour la rentrée 2008. L’accord a été donné pour un bilan … en octobre, ce qui induit donc qu’il sera postérieur à la généralisation. Curieuse méthode ! Nous avions également demandé qu’un groupe de travail examine un certain nombre de questions : sécurité, responsabilité, qualifications, installations, certificat médical, … Ce groupe de travail, promis, n’a jamais vu le jour. Nous souhaitons aujourd’hui vous faire part de notre fort mécontentement au sujet de l’évolution du traitement de ce dossier par votre ministère. Trois événements semblent indiquer un changement d’orientation, et modifient radicalement l’analyse que nous faisons de la partie « pratique sportive » de ce dispositif :
Conséquence : ces actions « sortent » du service de nos collègues. Elles ne comptent plus au nombre des « missions » des enseignants, ne sont donc plus sujettes à évaluation. Elles peuvent être prises en charge par n’importe quel intervenant « qualifié ». Ainsi donc, la discipline d’enseignement « éducation physique et sportive » se verrait dans l’obligation, faute de recrutements suffisants, de sous-traiter des actions importantes que nombre d’équipes d’enseignants d’EPS avaient mises en place au fil des années, pour jouer un rôle original dans la réussite scolaire des jeunes. Cette orientation – rectorale ? – est incompréhensible eu égard aux objectifs que développent les initiatives scolaires visées. Pourquoi remettre en cause ces dispositifs qui donnent satisfaction, et les intégrer autoritairement dans un accompagnement éducatif qui n’offre aucune garantie ? Nous vous avons dit, Monsieur le Ministre, que c’est après des débats intenses et souvent passionnés que le SNEP a engagé les équipes d’EPS à « examiner si les formes proposées dans leur établissement leur offraient une opportunité de développer et conforter l’activité de leur A.S ». Ce que nous considérons aujourd’hui comme une évolution nette du ministère risque fort de nous amener à reconsidérer notre position. Lors de la récente rencontre que nous avons eue avec Monsieur Jouve, nous sommes tombés d’accord pour une rencontre prochaine avec votre Cabinet et la DGESCO sur le sujet de l’accompagnement éducatif. Ces données nouvelles la rendent d’autant plus urgente et nécessaire. Dans l’immédiat, nous vous demandons d’intervenir auprès des recteurs pour que l’accompagnement éducatif « sportif » reste bien une « animation après la classe », et qu’il ne soit pas utilisé pour transférer diverses formes de l’EPS ou concurrencer le sport scolaire. Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à l’expression de notre considération distinguée.
Serge CHABROL
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