Paris, le 04 octobre 2007

 

Madame Valérie PÉCRESSE
Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
1 rue Descartes 
75231 Paris cedex 05

Objet : Démocratisation des pratiques physiques et sportives des étudiants et mise en œuvre - nos propositions

Madame la ministre,

Le SNEP vous a adressé deux courriers mi-juillet (en date des 12 et 13 juillet 2007 ), l’un portant sur la réussite en Licence et l’autre sur le « droit sport ». Nous avons été reçus par votre cabinet début septembre pour débattre de ces questions. Dans la suite de ces échanges, nous vous transmettons ci-dessous des propositions qui sont, selon nous, de nature à favoriser, la réussite des étudiants. Nous ne reviendrons pas sur l’argumentaire de notre courrier du 12 juillet 2007, concernant la valeur formative de la pratique par les étudiants « d’une Activité Physique Sportive et Artistique (APSA) ».

Notre première proposition concerne la mise en place d’une Unité d'Enseignement (UE) APSA obligatoire sur le cursus Licence et donnant attribution d'ETCS.
Dans un souci de faisabilité et de pertinence pédagogique nous estimons qu’une UE APSA pourrait être mise en place sur un des trois premiers semestres de la Licence, ceci dans un délai de deux ans. Puis dans un délai supplémentaire de deux ans, un deuxième module UE APSA obligatoire pourrait être mis en place sur un des trois autres semestres de la Licence. Nous proposons donc à terme d’inscrire deux modules obligatoires sur les six semestres de la licence.
Son caractère obligatoire constituerait un pas en avant conséquent et concret. Inscrire une telle UE dans l’emploi du temps des étudiants, solutionnerait le problème de disponibilité qu’ils ont actuellement. En effet, l’insuffisance de plages horaires libérées pour la pratique physique semble être aujourd’hui un frein majeur à la participation des étudiants.
Enfin, cela permettrait de rompre avec l’inégalité de formation entre les étudiants. Il est anormal que seuls certains étudiants, notamment ceux des Grandes Ecoles, bénéficient d’une éducation physique et sportive obligatoire dans leurs cursus.
L’offre optionnelle évaluée (dite UE libre APSA) existe déjà. Elle doit être pérennisée pour les étudiantes et étudiants qui le souhaitent. De même, la pratique personnelle (volontaire hors évaluation) et la pratique compétitive devraient garder leurs places au sein de l’offre universitaire des SUAPS et de la FFSU.
Nous sommes convaincus qu’une avancée qualitative et quantitative de la pratique sportive des étudiants ne se fera que si une « institutionnalisation universitaire » s’opère sous la forme d’une obligation à un moment donné. Vanter les vertus d’une pratique physique, sportive encadrée ne suffit pas si l’on ne lève pas dans le même temps les obstacles qui empêchent les étudiants de pratiquer. Nos propositions permettraient, nous en sommes convaincus, la dynamisation et l’augmentation des pratiques physiques des étudiants.

Notre deuxième proposition porte sur la mise en place d’un groupe de travail sur les ressources budgétaires des SUAPS.
La diversité des situations sur ce point donne lieu, dans les faits, à d’énormes inégalités d’offres d’APSA et de fonctionnement des services. Il y a rupture de l’égalité de traitement entre les étudiants, contrairement aux principes régissant un service public national. La part des étudiants dans les ressources des SUAPS, qu’elle soit facultative ou obligatoire, atteint en moyenne 38%. Ces « subventions privées » occupent un trop haut niveau et ne sont pas porteuses d’une véritable démocratisation et dynamisation des pratiques physiques des étudiants.
Le SNEP propose donc de mettre en place rapidement, un groupe de travail sous votre égide qui pourrait être composé du groupe d’experts constitué par le Groupement National des Directeurs de SUAPS (GNDS), la CPU, les organisations syndicales étudiantes représentatives ainsi que notre organisation syndicale.
Ce groupe de travail aurait la responsabilité de dresser un état des lieux et de faire des propositions pour améliorer et pérenniser sensiblement les ressources des SUAPS pour la rentrée 2008.
Nous estimons toujours qu’il revient avant tout à l’Etat d’assumer totalement le financement du service public des Activités Physiques Sportives et Artistiques (APSA) dans l’enseignement supérieur. Néanmoins, dans l’état actuel des difficultés rencontrées, notamment au regard de l’illégalité de perception de droits spécifiques à laquelle nous sommes confrontés, nous pensons qu’il faudrait étudier une dynamisation des ressources des SUAPS qui ne soit pas supportée par les étudiants, dans un cadre national, légal et équitable pour tous.

Dans l’attente, nous vous prions de croire, Madame la Ministre, à l’expression de notre considération distinguée.

 

Serge Chabrol
Secrétaire général

po/Pascal Anger
Responsable national
du secteur SUAPS et enseignement supérieur

Courrier envoyé à Mesdames Bénédicte Durand, Dominique Marchand et Carole Moinard