| Paris, le 09 novembre 2009 Monsieur Luc CHATEL (également adressé à Valérie
Pécresse) Objet : Relation master/concours : EPS, STAPS et IUFM
Monsieur le Ministre, Le concours du CAPEPS doit recruter des enseignants d’EPS. Ce concours est sensé sélectionner les meilleurs candidats pour devenir les meilleurs enseignants. Par rapport à l’existant, et avec notre expérience particulière, nous avons toujours défendu l’idée d’un progrès possible. Dans cette optique on peut jouer sur 2 paramètres : le concours lui-même, en le rendant plus rigoureux, avec des épreuves mieux ciblées… et la formation qui doit prendre en compte les besoins du métier d’aujourd’hui et les objectifs de l’école et prioritairement savoir lutter contre l’échec scolaire dans la discipline concernée. Aujourd’hui il est reconnu que, comparativement aux autres disciplines, de par leur formation professionnalisante, les enseignants débutants en EPS sont plus rapidement opérationnels sur le terrain. Or, la « mastérisation » - dont nous ne combattions pas le principe - pourrait bien se solder par une dégradation notable. Nous attendions, au contraire, une élévation du niveau de recrutement, un allongement et une amélioration de la formation. En effet, notre discipline, comme beaucoup d’autres disciplines scolaires, ne correspond pas à une discipline universitaire (les STAPS ne sont pas l’EPS) et il peut y avoir inadéquation des masters qui sont des spécialisations débouchant soit sur un domaine professionnel, soit sur de la recherche. Cela a pour conséquence de nombreux problèmes que nous exposons ici pour notre discipline. Ces problèmes peuvent être résolus sous certaines conditions. La formation en EPS La réforme, dont un des objectifs, quoi qu’en dise le gouvernement, était la suppression des IUFM, ancrée dans une autonomie qui cache mal ses faiblesses, aboutit forcément, au bout du compte, à une diminution des moyens. Pour notre discipline, la formation aux activités physiques et sportives, coûteuse par sa diversité et de nécessaires petits effectifs, aujourd’hui quasiment absente des masters « STAPS », risque de faire les frais de la mastérisation. Or cette formation devrait être au cœur du cursus. Peut-on imaginer des enseignants d’EPS incapables de performances physiques ? Cela est inconcevable… en mathématiques. L’Etat, recruteur et formateur, peut-il accepter cela pour les professeurs d’EPS ? Mais ce n’est pas le seul risque. Les STAPS ont délaissé la filière « éducation
et motricité » Parallèlement le milieu universitaire n’a pas voulu développer des recherches ancrées sur l’EPS (mais c’est vrai pour toutes les disciplines scolaires), donc pas de labo, peu de moyens et quasiment aucune qualification dans ce secteur, la majorité des enseignants-chercheurs (didactique…) ayant trouvé poste… dans les IUFM ou en sciences de l’éducation mais peu souvent en STAPS. La mastérisation déclenche un revirement de situation :
après avoir cherché à minimiser la filière « éducation
et motricité », nombre d’enseignants des universités
pourraient être tentés de « récupérer » la
formation des enseignants d’EPS dans leur sein. |
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Des masters « éducation
et motricité » à labelliser Concours et place du concours Le nombre d’épreuves est important pour garantir un équilibre dans les différents registres de formation cités en introduction. Réduire le nombre d’épreuves revient à concentrer celles restantes sur ce qu’il faut prendre en compte pour enseigner, ce qui complexifie les épreuves et multiplie les risques de dérapages dans la notation. Par ailleurs, c’est la restriction principale que nous posons sur le précédent projet, c’est l’attribution des coefficients qui privilégie, au bout du compte, trop à notre sens, la part des écrits. Nous proposons une autre répartition des coefficients. Et pour garantir à la fois le niveau disciplinaire et professionnel, nous devons faire en sorte que toutes nos épreuves soient et disciplinaires et professionnalisantes. Selon nous et pour notre discipline, il est important que le concours se passe le plus tard possible dans l’année de M2 et de ne pas laisser trop de temps entre admissibilité et admission (sur le fond, nous serions d’ailleurs sur un seul bloc d’épreuves, sans admissibilité), pour permettre d’organiser des études en amont « les plus intégrées possible », c'est-à-dire liant intimement formation disciplinaire et formation professionnelle. Sinon, l’admissibilité portant sur des écrits uniquement, la partition des études se fera à partir de ça. Or les écrits du CAPEPS ne correspondent pas aux contenus d’enseignement de l’EPS. Si l’admissibilité intervenait tôt (fin de M1 ou premier trimestre de M2), alors il serait très difficile de faire admettre que le M1 puisse contenir d’autres enseignements que ceux permettant de réussir d’abord l’admissibilité. Le seul problème qui se pose, si l’on suit nos préconisations, est la surcharge du second semestre de M2 avec à la fois le concours et le mémoire. C’est la raison pour laquelle nous avions étudié et proposé une piste qui n’a pas été travaillée par le ministère sans raison apparente : la possibilité de valider le master dans l’année de stagiaire (par exemple au cours du premier trimestre), faute de quoi le candidat ne serait pas titularisé. Autre possibilité : que le travail de mémoire commence dès le M1 et porte sur un objet qui puisse servir dans le concours. Les arguments consistant à vouloir bien séparer la formation universitaire et la préparation au concours ne résisteront pas à l’épreuve des faits ; séparer totalement les évaluations entre master et concours est également impossible, compte tenu du fait que l’on peut se présenter aux concours avec n’importe quel master : il faut bien a minima vérifier les compétences disciplinaires des candidats. Nous considérons qu’un concours en M2 impose,
pour que les étudiants de tous horizons puissent s’engager
dans des études longues et exigeantes, de développer des
aides pour tous mais aussi un système de pré-recrutements
comme s’y était engagé Nicolas Sarkozy pendant sa
campagne.
Le SNEP représente plus de 80% de la profession ;
nous espérons être écoutés et entendus dans
nos questionnements et propositions.
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