| Paris, le 08 décembre 2006
Monsieur Gilles de ROBIEN
Ministre de l’Education
Nationale,
de l’Enseignement Supérieur
et de la Recherche
110, rue de Grenelle
75007 PARIS
Monsieur le Ministre,
C’est avec beaucoup de dynamisme, d’engagement, de militantisme
et une grande professionnalité que les
enseignants d’EPS exercent leur métier au quotidien. Leur
action est reconnue au sein des établissements dont ils
sont souvent des moteurs pédagogiques.
Or depuis quelques temps, les attaques se multiplient à l’encontre
de l’EPS, du sport scolaire et des enseignants
d’EPS. Le sport scolaire est menacé, le métier est
malmené et la professionnalité des personnels remise en
cause.
C’est parce qu’ils sont profondément attachés à l’intérêt
de leur enseignement pour tous les élèves, à leur
métier, au
développement de l’EPS et à la vitalité du
sport scolaire qu’ils ont décidé, avec le SNEP, de « rentrer
en
campagne ».
L’instauration d’un socle commun, qui minimise l’importance
de l’EPS, a ouvert la porte à de sérieuses
dégradations. Depuis, les mesures prises ou envisagées
au nom de ce socle sont lourdes de conséquences pour notre
discipline et le sport scolaire :
La réduction drastique des recrutements en EPS (pour la 2ème
année consécutive, 2 enseignants d’EPS sur 3 partant
en retraite ne seront pas remplacés), entraîne une dégradation
des conditions d’enseignement de l’EPS pour les
jeunes, un alourdissement de la charge de travail des personnels, des
remplacements moins bien assurés, …
Suite à l’audit sur les décharges de service vous
proposez une modification des décrets de 1950 sur les obligations
de service des enseignants de second degré. Celle-ci aboutit à supprimer
le droit pour tout enseignant d’EPS
d’avoir, dans son service hebdomadaire, un forfait de 3h pour animer
l’association sportive (A.S.) de son établissement. C’est le chef d’établissement
qui désignerait les enseignants d’EPS animateurs d’AS.
La notion de
forfait disparaîtrait. Votre proposition menace dans ses fondements
mêmes le service public du sport scolaire pour
les collégiens et lycéens.
Pourtant, le dernier bilan annuel de l’UNSS démontre la
grande vitalité du sport scolaire, qui voit ses effectifs
augmenter, qui s’adresse à tous les jeunes, en particulier
ceux des milieux défavorisés, du secteur rural et aux
jeunes filles. L’expérience montre qu’il est largement
possible de dynamiser toutes les A.S. Encore faut-il que
l’administration, à tous les niveaux ait ce souci, ce qui
est loin d’être acquis, d’autant que votre projet ne
fixe
aucune ambition à ce sujet. Une seule préoccupation y apparaît
clairement : c’est la récupération de moyens.
Sur ce dossier du sport scolaire, comment ne pas être surpris de
constater que, sans attendre les résultats de la
mission sur les associations sportives que vous avez confiée à l’Inspection
Générale, vous ayez donné aux recteurs
des consignes afin de raboter le maximum de forfaits dans les établissements
scolaires. Pourtant vous ne pouvez
ignorer qu’en prenant une telle décision, vous portez un
coup fatal au sport des scolaires et à l’UNSS.
Pour couronner le tout, votre représentant a interdit la présentation
d’un voeu soutenu par les représentants des AS,
les deux fédérations de parents d’élèves
et le SE-UNSA ce matin-même, au CA de l’UNSS ; décision
ahurissante
qui caractérise une approche du dialogue social bien étrange
dans la mesure où il refuse toute expression
démocratique qui n’est pas conforme à sa vision !
Cette décision profondément inacceptable ne fait que synthétiser
notre analyse développée ci-dessus.
De plus, ce même projet prévoit le passage d’enseignants
d’EPS monovalents à des enseignants bivalents, voire
polyvalents. Avec deux aspects, la possibilité donnée (ou
l’obligation !) pour un enseignant d’EPS d’exercer
dans
une autre discipline sans qualification, ou à l’inverse
pour un autre enseignant d’enseigner l’EPS, alors que la
réglementation oblige à justifier de la licence STAPS,
d’aptitudes physiques spécifiques et de qualifications en
sauvetage et secourisme.
La sécurité et la formation des jeunes seraient menacées
!
Des tâches ou obligations indispensables au bon fonctionnement
des établissements et des associations sportives
(coordination disciplinaire, de district UNSS, …) seraient remises
en cause.
D’autre part, le projet de cahier des charges sur la formation
des maîtres réduit la professionnalité enseignante
en
centrant la formation sur le socle, en introduisant la bivalence et en
augmentant le temps de stage au détriment des
aspects théoriques. Il ignore la spécificité de
la formation des enseignants d’EPS pourtant considérée
comme une
expérience intéressante par nombre de spécialistes.
En particulier il fragilise les contenus du concours et la préprofessionnalisation
telle qu’elle existait en STAPS,...
Les recommandations formulées par les rapporteurs des audits sur
les horaires des élèves en collège et en lycée
font
craindre une réduction des horaires obligatoires de l’EPS
et des suppressions d’options, d’autant que M. le directeur
de la DGESCO a déclaré au CSE que vos services « travaillent
actuellement à leur mise en oeuvre ».
Tous ces éléments convergent et mettent en évidence
une attaque sans précédent contre l’éducation
physique et le
sport scolaire avec deux objectifs intimement liés : la réduction
des coûts au détriment de la qualité de la formation
des jeunes ; une transformation profonde du système éducatif
et des missions des enseignants.
C’est à partir de tous ces éléments que le
SNEP-FSU a décidé d’appeler les collègues à « rentrer
en campagne ! ».
Déjà 16 000 enseignants d’EPS ont signé une
pétition contestant vos orientations ; ils s’adressent actuellement
aux
parents, aux étudiants, au mouvement sportif, aux élus
et candidats,…
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C’est pourquoi, le SNEP, avec
l’intersyndicale, a décidé de boycotter le CTPM qui
doit examiner les décrets de
modification des décrets de 1950 et appelle les enseignants d’EPS à faire
grève le 18 décembre.
Il est encore temps, Monsieur le Ministre de retirer votre projet de décret
sur les obligations de service, d’ouvrir de réelles négociations
sur les réalités du métier d’enseignant, de
prendre en compte nos propositions pour le
développement de l’EPS et une nouvelle dynamique du sport
scolaire, dans l’intérêt des jeunes. Dans le même
temps nous vous demandons de modifier le cahier des charges sur la formation
des maîtres.
Pour débattre de ces dossiers, nous souhaitons vous rencontrer le
plus rapidement possible.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, à l’expression
de nos sentiments respectueux.
Jean LAFONTAN
Secrétaire Général |
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8/12/06
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