| Paris, le 5 janvier 2006 Monsieur Gilles de ROBIEN Monsieur le Ministre, Rompant avec l'engagement de votre prédécesseur d'annoncer les postes ouverts aux différents concours en début d'année universitaire, vous avez attendu les congés mais aussi les " fêtes " de fin d'année pour révéler les choix du gouvernement. La démarche est condamnable, mais elle s'explique finalement par le contenu des annonces que vous avez faites pour l'EPS :
Celles-ci s'inscrivent dans le chiffre global de recrutements décidé pour le second degré : 10 000, alors que la direction de l'évaluation et de la prospective (DEP) estime les besoins en recrutements nouveaux à 17 300 dont 1 000 à 1 300 en EPS, pour couvrir les départs en retraite. Comment expliquer aux étudiants, à deux mois des épreuves des concours, de telles contradictions entre les besoins exprimés par la DEP et la décision ministérielle arrêtée pour 2006 ? Comment expliquer par ailleurs les fluctuations incohérentes des recrutements entre 2004, 2005 et 2006 ? Comment encore expliquer que l'EPS soit la discipline qui subit le plus les coupes que vous avez décidé d'opérer ? Comme Luc Ferry l'avait fait en 2003, vous tentez de justifier la réduction drastique des postes aux concours d'EPS par l'argument " d'enseignants d'EPS surnuméraires ". En fait la politique du gouvernement ainsi que celle exercée à tous les niveaux de votre administration ont contribué à la création du mythe des enseignants d'EPS trop nombreux : d'abord en réduisant dans les budgets successifs le nombre d'emplois, ensuite en réduisant le nombre des postes EPS implantés dans les établissements et donc en multipliant des postes TZR pour satisfaire des besoins autres que les seuls remplacements, en développant des groupements d'heures, en multipliant les heures supplémentaires, en augmentant les effectifs par classe, en supprimant de nombreuses options, en exerçant des pressions sur le forfait UNSS, en mettant en cause la formation continue… Au travers de l'observation des faits de terrain, identifiables aujourd'hui, on découvre une véritable machination. Celle-ci consiste à justifier la baisse des recrutements pour 2006 comme relevant d'une adaptation légitime à la " réalité " de la discipline alors qu'elle procède en fait d'une décision prise a priori : la baisse de l'emploi public, tout particulièrement à l'éducation nationale. Plus personne n'est aujourd'hui dupe, surtout pas les étudiants. Leur colère face à ce qu'ils considèrent comme une sorte de trahison de la part de l'Etat est légitime, elle sera partagée. Nous nous y emploierons. Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à l'expression de nos sentiments respectueux.
cf. document n° 71 du juin 05 (ftp://trf.education.gouv.fr/pub/edutel/dpd/revue71/article5.pdf) |
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