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Paris, le 04 décembre 2008

Monsieur Xavier DARCOS
Ministre de l’Education nationale
110 rue de Grenelle,
75357, Paris SP 07

 

Monsieur le Ministre,

Le SNEP souhaite attirer votre attention sur la situation des 186 cadres mis à disposition de l’UNSS à la direction nationale et pour diriger les services départementaux et régionaux. A la mi-novembre, ceux-ci ont reçu l’injonction d’accepter, avant le 15 décembre, de passer de la situation de MAD à celle de détachés, ou de retrouver leur fonction antérieure.

Cela n’est pas acceptable tant sur la forme que sur le fond.

Sur la forme, rien ne justifie la précipitation avec laquelle ce dossier est traité ; cela met nos collègues face à un choix important pour leur carrière, leur vie professionnelle, et la moindre des choses serait de leur laisser le temps de l’information et de la réflexion avant toute décision. La méthode choisie est tout aussi contestable : aucune communication du ministère ou de l’UNSS sur cette décision qui engage l’avenir du sport scolaire. Membre de toutes les instances de l’UNSS, représentant plus de 82% des enseignants d’EPS, le SNEP n’a été ni averti, ni consulté. Il nous semble pourtant que cette question relève à l’évidence du dialogue social dont vous vous réclamez. Qui a pris cette initiative ? Quelle mission a reçu le directeur de l’UNSS sur ce sujet ? Qu’est-ce qui justifie ce calendrier précipité ? Aucune information claire et officielle sur ces différents points. Nous en sommes réduits à réagir sur « les bruits qui courent », sur les informations que nous donnent les collègues concernés. Cela est particulièrement navrant. L’ordre du jour du prochain CA de l’UNSS ne prévoit même pas de traiter cette question (nous avons demandé qu’elle soit ajoutée), et par ailleurs, la date de ce CA, le 9 décembre, est beaucoup trop tardive par rapport aux échéances fixées.

Sur le fond, le SNEP conteste l’ensemble des arguments utilisés pour justifier cette modification fondamentale dans le type de relation entre le MEN et l’UNSS, qui ne peut manquer d’avoir des répercussions à court ou moyen terme sur l’ensemble du sport scolaire du second degré. Nous voulons ici développer les raisons de notre opposition à cette mesure injuste et injustifiée.

Mais tout d’abord, quelques rappels sur le fond.

Le SNEP a une haute idée du sport scolaire, de sa fonction éducative et sociale, de son rôle dans l’acculturation sportive des élèves des collèges et lycées, dans la vie des établissements et dans la transformation du sport. Cela l’a conduit à s’engager constamment, aux côtés des enseignants d’EPS animateurs d’AS, responsables de districts et cadres de l’UNSS, pour le défendre quand il a été attaqué ou remis en cause, mais aussi pour le développer, le transformer, l’améliorer.
Les turbulences ne manquent pas dans cette histoire. Du plan Soisson (1978) au projet Leblanc (2002), du rapport de la Cour des Comptes (2005) avec ses avatars parlementaires, au décret de Robien (2007), le SNEP, et avec lui les militants du sport scolaire, ont dû mener des luttes fortes pour défendre le sport scolaire du second degré (1).

Cet engagement de tous les instants a permis au sport scolaire du second degré de résister aux attaques, de se transformer et de se développer, et au final de rester une spécificité française que nous envient nombre de nos collègues européens. Au-delà de tous les débats sur les questions souvent brûlantes (le forfait de 3h pour tous dans le service hebdomadaire, l’AS présidée par le chef d’établissement dans tous les EPLE, l’existence d’une structure UNSS, des districts au niveau national, le montant des subventions ministérielles à l’UNSS, …), la pression exercée par les enseignants d’EPS et leur syndicat, a imposé le sport scolaire du second degré comme une composante à part entière du service public d’éducation. C’est à un véritable « service public du sport scolaire » que participent les professeurs d’EPS dans le cadre de leurs missions (Cf. décret statutaire du 4/8/80, art 4 : « Ils [les professeurs d’EPS] participent à la formation, l'entraînement et l'animation sportifs. »)

C’est bien le choix politique du maintien d’un sport scolaire dynamique, qui a été fait par les ministres et gouvernements successifs, depuis 1945 : le service public d’éducation intègre, en complément de l’EPS, un sport scolaire structuré autour de trois piliers réglementairement définis :

  1. Une association sportive est créée dans chaque établissement scolaire du second degré (art. L 552-2 du code de l’éducation, loi sur le sport de 1984 modifiée) ; elle est présidée par le chef d’établissement et adopte des dispositions statutaires obligatoires définies par décret en Conseil d'Etat ;
  2. Les professeurs d’EPS participent à la formation, l'entraînement et l'animation sportifs. Ils disposent pour ce faire d’un forfait hebdomadaire de trois heures, inclus dans leur service, et consacré à l’animation de l’AS de leur établissement ;
  3. Une fédération sportive, aujourd’hui l’UNSS, est chargée de définir les contenus et d’organiser les rencontres entre les AS, des districts à l’international. Ses instances sont présidées, à tous les niveaux, par les responsables du MEN concernés, IA, recteurs, ministre.

Pour le SNEP, rien ne justifie aujourd’hui un autre choix, alors que le million de licencié(e)s, dont 40% de filles, vient d’être atteint, avec la formation et l’exercice de responsabilités par 94 000 jeunes officiels (JO), dans un contexte de baisse des effectifs d’élèves et avec moins d’animateurs d’AS suite aux suppressions de postes d’enseignants d’EPS. Oui, les indicateurs de l’UNSS sont au vert ; oui, l’école et le mouvement sportif ont plus que jamais besoin du sport scolaire pour sa contribution originale à la formation des jeunes.

Ces rappels sont-ils superflus, voire hors-sujet ? Nous ne le pensons pas. Avec l’injonction faite aux cadres d’accepter le détachement ou de quitter l’UNSS, c’est une nouvelle turbulence qui se profile. Sur le principe, au nom de ce qui est avancé plus haut, le SNEP ne peut l’accepter. Avant tout travail sur les références réglementaires et leurs évolutions, avancées pour justifier cette évolution, c’est la notion même de service public du sport scolaire que nous convoquons. Le détachement de cadres de l’UNSS représente, selon nous, une étape dans la mise en cause du 3e pilier évoqué plus haut, celle-ci pouvant à son tour préfigurer un désengagement du MEN par rapport à l’ensemble de l’édifice « sport scolaire ».

Pour le SNEP, le passage au détachement n’est pas anodin. Outre naturellement la situation personnelle particulière de chaque collègue concerné et le caractère inadmissible du « chantage au détachement », c’est le statut même de l’UNSS qui s’en trouverait modifié. D’association administrative, chargée de la mission d’organiser le service public du sport scolaire dans le second degré, elle deviendrait alors l’équivalent d’une association complémentaire de l’éducation, pour laquelle l’engagement conventionnel de l’Etat est aléatoire et en particulier soumis aux aléas budgétaires (2).

La mise à disposition n’est certes pas le paravent idéal. Le SNEP a toujours défendu l’idée que l’affectation des cadres de l’UNSS au sein même des IA, rectorats et au ministère, avec un statut – à préciser - de chefs de service, resterait la meilleure façon d’indiquer clairement que le sport scolaire est une composante du service public d’éducation. S’il fallait trouver une alternative à la MAD, pourquoi ne pas étudier celle-là ?

Venons-en à la question du détachement et de ses justifications.

Notre argumentaire est fondé sur les idées suivantes, qui nous amènent à contester « ce que nous savons » du projet qui circule :

  1. Les cadres départementaux et régionaux de l’UNSS sont mis à disposition, et seule une AG de l’UNSS peut modifier le décret du 13 mars 86 ; les cadres nationaux peuvent être MAD ou détachés ;
  2. Rien n’interdit de maintenir le statut de MAD pour l’ensemble des cadres de l’UNSS ;
  3. Les contraintes liées à la présentation budgétaire, prétendument imposées par la LOLF ne sont qu’une construction technocratique, visant à s’affranchir de choix politiques clairs ;
  4. La question du remboursement des salaires et charges n’est en rien résolue par le passage au détachement ; le ministère peut décider de déroger à cette règle du remboursement ;
  5. Le détachement ne résout aucun problème financier ;
  6. C’est bien un choix politique qui est en jeu, une fois de plus.

Reprenons-les point par point :

  1. Nous rappelons que le décret portant statuts de l’UNSS (13 mars 1986), dans ses articles 19 et 22, précise que « les emplois de directeur et de directeur adjoint du service régional/départemental de l’UNSS sont pourvus par des fonctionnaires de l’Etat mis à la disposition de l’association par le ministre de l’EN. » Ce décret n’a été ni modifié, ni abrogé. Les cadres départementaux et régionaux doivent donc, en l’état, rester MAD. Le changement de position ne serait possible qu’après une modification de ce décret, lors d’une AG extraordinaire. La modification doit être votée à une majorité des deux tiers (art. 29).

Dans ces conditions, nous contestons l’argument selon lequel cette modification ne serait pas nécessaire, car le « la » (mis à LA disposition) introduirait une nuance permettant que la « mise à la disposition de l’association » se traduise par un détachement. Cela mérite pour le moins une explication sérieuse. Pourquoi, dans ce cas, le décret a-t-il proposé une formulation différente pour les directeurs au niveau national ?

2.   La loi du 2 février 2007 « prévoit de limiter le recours à des mises à disposition de personnels », a affirmé votre représentante lors de l’AG de l’UNSS, le 30 mai 2008. Faux ! La loi en question ne dit pas cela, mais évoque une « adaptation des règles de la mise à disposition ». Elle précise notamment que « la mise à disposition est possible auprès … des organismes contribuant à la mise en œuvre d’une politique de l’Etat, des collectivités territoriales ou de leurs établissements publics administratifs, pour l’exercice des seules missions de service public confiées à ces organismes ; … »

Pour le SNEP, l’UNSS est sans contestation possible un organisme contribuant à la mise en œuvre d’une politique de l’Etat. Il n’y a donc pas lieu de mettre en avant l’idée que la MAD serait devenue impossible suite à cette nouvelle loi.

Notre position est confortée par les termes de la circulaire du 5 août 2008, « relative à la réforme du régime de la mise à disposition des fonctionnaires de l’Etat », qui précise même que la loi du 2 février 2007 « assouplit les conditions de mise en œuvre de cette modalité particulière de la position d’activité ».

Cette même circulaire apporte la précision suivante (I) :
« Cette notion d'« organismes contribuant à la mise en œuvre d'une politique de l'Etat, des collectivités territoriales ou de leurs établissements publics administratifs » a une portée plus large que celle d' « organismes d'intérêt général », utilisée jusqu'alors par le décret du 16 septembre 1985 dans deux cas de mises à disposition (article l' 2° : « organisme d'intérêt général, public ou privé » et 3° : « organisme à caractère associatif qui assure une mission d'intérêt général »).
Sont ici visés les organismes exerçant des missions pour le compte ou en rapport avec une politique publique conduite par l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs établissements publics administratifs.
Cette nouvelle qualification met l'accent non pas sur le statut juridique de l'organisme mais sur son domaine d'activité.

Cette dernière précision nous semble fondamentale : la question n’est pas de débattre du statut juridique de l’UNSS (personnalité morale ou non, autorité publique indépendante ou autorité administrative indépendante, …), mais bien de considérer son « domaine d’activité » comme une priorité indiscutable pour l’Etat.

Cela est confirmé plus loin, dans le même paragraphe :
« Cette notion dépasse la notion stricte d'intérêt général dans la mesure où sa reconnaissance ne dépend pas de la qualification donnée au terme d'une procédure juridique particulière (déclaration d'utilité publique, approbation des statuts d'organismes d'intérêt général dans le cadre du détachement, etc.).
Toutefois, l'élargissement du champ des organismes accueillant des fonctionnaires mis à disposition est contrebalancé par la condition expresse que ces organismes concourent effectivement, aux côtés de l'Etat, des collectivités territoriales ou de leurs établissements publics administratifs, à la définition ou à la mise en œuvre d'une politique publique, c'est-à-dire qu'ils accomplissent une ou plusieurs missions de service public. »

De même, l’article 5 du décret d’octobre 2007 ne peut être invoqué comme justification, car il ne propose le passage obligatoire de la MAD au détachement que dès lors que « l’administration d’accueil dispose du corps correspondant ». Ce n’est pas le cas pour l’UNSS et nos collègues MAD.

Au final, l’argument de la nouvelle réglementation de 2007 et 2008 n’est pas plus pertinent et sincère que ne l’était, il y a deux ans, l’affirmation maintes fois assénée que la LOLF supprimait toute possibilité de mise à disposition.

3.  Un autre argument avancé, semble-t-il, pour justifier le passage au détachement, serait qu’il permettrait d’avoir un regroupement dans la mission « vie de l’élève », des engagements de dépenses liées à l’UNSS, salaires des cadres et subvention à l’association. Nous avons le sentiment, ici, que « la machine dévore son concepteur … » Est-ce bien sérieux ? La technique de la LOLF serait-elle à ce point déterminante dans la maîtrise des dépenses de l’État, qu’elle prendrait le pas sur des orientations politiques qui donnent toute satisfaction et les rendrait caduques ? Pour nous, les pseudo-contraintes liées à la présentation budgétaire avec le cadre LOLF, ne sont dans ce cas précis qu’une construction technocratique, destinée à s’affranchir de choix politiques clairs.

Dans cette logique, quelles décisions induira la LOLF quant à la « dispersion » des missions des enseignants d’EPS entre l’enseignement secondaire public du second degré (les cours d’EPS) et la « vie de l’élève » (le forfait sport scolaire) ? Faudra-t-il, au nom d’un outil de gestion, « réformer voire supprimer » l’outil pédagogique dont les qualités sont largement reconnues ?

4. La question du remboursement des salaires et charges sociales semble être une autre facette de l’argumentaire destiné à présenter la fin des MAD comme inéluctable. La loi du 2 février énonce (art. 42 II) :
« II. - La mise à disposition donne lieu à remboursement. … »

Il s’agit ici du remboursement « à l'administration d'origine [de] la rémunération du fonctionnaire mis à disposition ainsi que les cotisations et contributions y afférentes » (précision apportée par le décret du 26 octobre 2007, art. 2 II).

Mais la loi précise aussitôt :
« Il peut être dérogé à cette règle :
« 1° Lorsqu'elle [la MAD] est prononcée auprès d'une administration de l'Etat ou auprès d'un de ses établissements publics administratifs ; …»

Il ne nous semble pas abusif de revendiquer pour l’UNSS l’application de la mise en œuvre de cette dérogation. L’UNSS est une association de type administratif qui, au même titre que les AS des EPLE, participe à l’exécution d’un service public administratif. La seule question qui vaille est bien celle de la reconnaissance par l’Etat de ce qualificatif et de ses conséquences en termes de prise en charge des cadres chargés de mettre en œuvre les politiques décidées par les instances de l’UNSS à tous les niveaux, instances présidées, rappelons-le, par les divers responsables de l’EN, par vous-même, monsieur le Ministre, en ce qui concerne l’assemblée générale.

5. Le SNEP note que la difficulté liée au remboursement des salaires et charges ne serait en rien résolue par un passage de la MAD au détachement. Raisonnons à effectif constant : si les 183 ETP de MAD actuels se transformaient en 183 ETP de détachés (auxquels on promet, semble-t-il, un salaire égal, voire même supérieur), quelle économie pour l’Etat ? La charge financière serait la même, ou supérieure, et l’Etat devrait abonder la subvention de l’UNSS afin de lui permettre de payer les charges salariales … à l’Etat. A moins qu’il exonère l’UNSS de ces charges, auquel cas le changement de statut des cadres n’aurait plus de justification de type réglementaire. Il n’y a pas d’économie à attendre du passage au détachement, sauf à considérer qu’il irait de pair avec un affaiblissement de l’UNSS.

Nous avons la faiblesse de penser (en référence notamment aux mésaventures des associations complémentaires de l’EN) que le projet de ceux qui militent pour le passage au détachement est d’une autre nature. Que l’on parle de « réduire la voilure » ou « d’esprit d’entreprise », voire de « créer une grande fédération du sport scolaire et universitaire », ce sont à chaque fois des scénarios de régression qui se profilent, quoi qu’on en dise. Quelques hypothèses :

  • On pourrait avoir moins de cadres à rémunérer ; cela permettrait de payer les charges de ceux qui restent avec le même budget qu’actuellement, jusqu’à ce qu’on informe l’UNSS que sa subvention est réduite de x%… ce qui la conduirait à diminuer le nombre de ses détachés. Mais qui peut penser cela ?
  • On pourrait avoir moins d’ambitions en termes d’actions, d’activités, d’innovation, d’effectifs, de rencontres, … ; cela permettrait de modifier l’équilibre actuel des lignes budgétaires « actions » et « fonctionnement » en faveur du fonctionnement … jusqu’à ce que la baisse du niveau des actions soit utilisée comme argument pour justifier la diminution du chapitre « fonctionnement ». Mais qui peut penser cela ?
  • On pourrait imaginer un financement plus important par les familles, une hausse significative du prix de la licence, et donc de la cotisation, pour « décharger » les ministères d’une part de leur financement. Les cotisations des jeunes pour payer les charges sur les salaires, qui peut imaginer cela ?
  • On pourrait aussi imaginer la création d’un « guichet unique » (le terme est dans l’actualité avec la RGPP) du sport scolaire et universitaire pour les trois niveaux (1er et second degré, Supérieur ; USEP, UNSS, FFSU). Économie de structure peut-être, encore que cela reste à prouver, mais aussi, concrètement, des difficultés extrêmes, tant l’histoire, les statuts et les modes de fonctionnement sont différents. Personne, bien sûr, ne pense à cela !
  • On n’oublie pas, dans cette énumération des schémas régressifs possibles, l’éventualité d’une transformation radicale du sport scolaire, avec la suppression des rencontres inter-AS du mercredi après-midi, qui rendrait inutile l’UNSS, et le développement de l’accompagnement éducatif. Qui peut imaginer cela ?

6. Vous le constatez, nous avons beaucoup de mal à imaginer que « l’opération détachement » soit sans significations et sans implications en aval, qu’elle soit une opération blanche qui ne changerait rien pour les personnels concernés, rien pour le statut de l’UNSS au sein du ministère de l’éducation nationale, rien pour l’avenir du sport scolaire. Nous sommes persuadés, au contraire, que le détachement représente pour la structure UNSS, un éloignement du service public d’éducation, voir à terme une possible rupture. La vocation de l’UNSS n’est pas d’être autonome, mais de remplir au mieux sa mission d’organisation du service public du sport scolaire dans les collèges, lycées et LP.

Nous voulons aussi vous dire que les collègues concernés(e)s ont le sentiment d’être trahi(e)s, d’être les victimes d’un chantage qui ne leur laisse finalement que la perspective d’une régression probable dans leur statut, celle du retour en EPLE dans des conditions compliquées, voire catastrophiques, ou d’un changement de perspective professionnelle. Nous ne pouvons les rassurer, puisque nous ne croyons pas un instant que le détachement ait quelque vertu que ce soit pour eux, pour l’UNSS et pour le sport scolaire, dans un proche avenir.

En conclusion, le SNEP n’accepte pas ce projet et les perspectives qu’il porte. L’histoire montre que, quelle que soient les époques et les gouvernements, ce ne sont pas les nuances de tel ou tel texte réglementaire qui forgent le destin du sport scolaire, mais bien les choix politiques ministériels et gouvernementaux.

Le dossier qui est devant nous n’échappe pas à cette règle. Quelle que soit l’interprétation que les conseils juridiques donneront de telle ou telle nuance de la loi de février 2007, du décret d’octobre 2007 ou de la circulaire d’août 2008, quoi que puissent affirmer les technocrates de Bercy en s’appuyant sur les contraintes de la LOLF, la décision de contraindre au détachement ou de conserver la situation de MAD relève au final d’un choix d’un tout autre niveau : soit vous-même, en tant que ministre de l’éducation nationale et président de l’UNSS, avez la volonté de conserver et d’améliorer l’outil sport scolaire ; dans ce cas, il ne devrait pas être difficile de stopper le processus en cours, de décider et de le faire savoir, que les contraintes liées aux nouveaux textes ne concernent pas l’UNSS en raison de son rôle spécifique au sein du service public d’éducation, ou que celle-ci bénéficie d’une dérogation. Soit vous refusez et décidez de traiter l’UNSS comme une association para-scolaire, et au bout du processus de passage des cadres de la MAD au détachement, c’est une régression qui se profile pour l’ensemble de l’édifice « sport scolaire » du second degré.

C’est pourquoi nous vous demandons de ne pas prendre cette responsabilité, et de revoir cette décision si elle est la vôtre, d’user de votre pouvoir pour stopper le processus en cours si le projet a été élaboré ailleurs. A titre transitoire, une première décision pourrait être de ne pas mettre le projet en œuvre dès cette année, vu les conditions très difficiles dans lesquelles se trouvent les cadres concernés et les problèmes de mise en œuvre que ne va pas manquer de rencontrer l’administration. Un report au 31 août 2010 permettrait à toutes les parties concernées de prendre le temps de l’analyse, de la réflexion et de la décision mûrement réfléchie.

Nous souhaitons vous rencontrer pour débattre de ce sujet, mais cette rencontre pourrait n’être plus utile si vous profitiez de la réunion du Conseil d’Administration du 9 décembre pour annoncer qu’à la réflexion, rien n’impose un changement de position des cadres de l’association au million de licencié(e)s. Quel magnifique « cadeau de Noël » ce serait pour le sport scolaire et ses animateurs, pour l’UNSS et pour nos collègues ! Une fois n’est pas coutume, nous terminons donc cette lettre en vous disant notre espoir de ne pas vous rencontrer prochainement sur ce sujet.

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos sentiments les meilleurs.

 

Serge CHABROL
Secrétaire général

 

Michel FOUQUET
Secrétaire National

Dans ce contexte, nous avons salué comme il se doit une de vos premières décisions comme ministre de l’éducation nationale : l’abrogation du décret de Robien qui mettait en cause le forfait AS/UNSS des enseignants d’EPS. Nous avons apprécié votre présence et votre discours à l’assemblée générale de l’UNSS en octobre 2007.

Comment ne pas se référer ici à l’exemple des associations complémentaires, contraintes dans un premier temps d’accepter de passer des MAD au détachement (2006), avec engagement conventionnel de maintien de l’aide gouvernementale ? Chacun connaît la suite … A noter que l’USEP est touchée par ces mesures.