|

Paris, le 03 décembre 2008

Monsieur Xavier DARCOS
Ministre de l’Education nationale
110 rue de Grenelle,
75357, Paris SP 07

 

Monsieur le Ministre,

Nous venons de prendre connaissance d’une proposition ministérielle qui met à mal l’enseignement de l’EPS en lycée professionnel et contredit totalement les promesses et engagements de Monsieur le Président de la République, reprises par vous-même, de « faire de l’EPS et du sport à l’école une des priorités du gouvernement ».

Les horaires d’EPS dans la voie professionnelle étaient jusque-là de 3h par semaine en bac professionnel et cette formation en deux ans était précédée de deux ans en BEP avec 2h hebdomadaires d’EPS. A ces horaires obligatoires pouvaient s’ajouter des heures d’atelier de pratique EPS en BEP.

Dans le cadre de la suppression des BEP et de la généralisation du bac pro. en trois ans, votre ministère propose d’abaisser ces horaires à 2h seulement par semaine et de les annualiser.
Pour une formation au même diplôme, avec des programmes tout aussi exigeants, on passerait donc de 10h d’EPS semaine sur la scolarité à 6h, et de 296h sur 4 ans à 168h sur trois ans !
Cette proposition ministérielle constitue une régression inadmissible. Il y a plus de 30 ans qu’aucun niveau d’enseignement n’avait vu ses horaires d’EPS réduits ! C’est donc un changement d’orientation politique et une rupture des engagements affichés.
Si ce projet était entériné, il aboutirait à des centaines de suppressions de postes de professeurs d’EPS en LP et à l’impossibilité d’assurer une formation physique de qualité pour les jeunes, telle que prévue dans les programmes.

Le SNEP demande qu’a minima soient maintenus des horaires d’EPS hebdomadaires de 3h sur l’ensemble des niveaux préparant au baccalauréat professionnel, et que soit examinée la possibilité de création d’ateliers de pratique EPS.

Le SNEP, seule organisation véritablement représentative des enseignants d’EPS en LP, n’a pas été associé, malgré ses demandes répétées, aux discussions préalables, réservées aux organisations ayant signé le protocole final sur les bacs professionnels en trois ans. Dans notre secteur, celles-ci soit n’avaient pas présenté de listes aux dernières élections professionnelles, soit représentait 2,8% des professeurs d’EPS (SGEN) !

La démarche est jusqu’au bout à l’image d’un « dialogue social de haut niveau » puisque le projet de texte a été présenté ce matin 3 décembre à la commission spécialisée préparatoire au CSE, sans envoi préalable d’un quelconque document à ses membres.

L’EPS n’est d’ailleurs pas la seule discipline touchée par des réductions d’horaires, et de multiples problèmes sont posés par les grilles présentées. Il est nécessaire d’avoir du temps pour les examiner en détail.

C’est pourquoi, Monsieur le Ministre, le SNEP-FSU vous a demandé, avec la plupart des organisations présentes à la CSL, le report de l’examen du texte au CSE, assorti de l’ouverture d’une réelle négociation avec toutes les organisations représentatives.

Nous informons bien évidemment immédiatement les enseignants d’EPS et les appelle à engager une riposte à la hauteur de cette régression annoncée. Nous exigeons le maintien des horaires d’EPS en bac pro. à 3h, en lien avec l’action unitaire nécessaire sur l’ensemble de la grille horaire, au cas où vous maintiendriez la proposition actuelle.
Cette réduction de l’horaire EPS nous amène à prendre encore plus au sérieux l’article paru dans un grand journal sportif la semaine passée, affirmant que le ministère travaillait sur une hypothèse d’EPS facultative en première et terminale dans le cadre de la réforme des lycées généraux et technologiques. Le démenti oral, par téléphone, d’un membre de votre Cabinet, ne saurait suffire pour rassurer notre profession.

Nous vous avons demandé, en septembre, une audience, demande restée sans réponse et renouvelée depuis. Nous souhaitons être enfin reçus, le SNEP en tant que tel. Nous exigeons que vous réexaminiez l’horaire EPS dans la voie professionnelle et confirmiez qu’il ne saurait être envisagé de rendre l’EPS facultative en cycle terminal des lycées. L’audience FSU du jeudi 4 décembre, à laquelle le Secrétaire Général du SNEP sera présent, peut être l’occasion de premières réponses aux interrogations et exigences de notre profession.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à l’expression de notre considération distinguée.


Serge CHABROL
Secrétaire général