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Paris, le 01 juillet 2010

 

Monsieur Luc CHATEL
Ministre de l’Education nationale
110, rue de Grenelle
75357, Paris SP 07


Objet : CLES et C2i

Monsieur le Ministre,

Vous avez décidé d’imposer le certificat en langue étrangère du supérieur (CLES) et le certificat informatique et internet (C2I) pour les candidats à un concours de l’enseignement ou d’éducation. Le SNEP s’est opposé, lors du CTPM, à une telle modification statutaire car il estime que ces compétences doivent relever des futurs masters, être intégrées dans les maquettes et non pas être exigées en supplément, sous forme de pré-requis. En outre, le CLES et le C2I sont progressivement introduits au sein des cursus universitaires et cela de manière très inégale entre universités et entre les filières. Leur exigence pour présenter le concours crée donc une inégalité entre les candidats nouvellement diplômés et les autres.

Ces modifications statutaires entrainent des conséquences immédiates : la plupart des personnels actuellement en poste ne possèdent ni le CLES, ni le C2I. Ils ne pourront donc pas être affectés en stage en cas de réussite à un concours externe, ou titularisés en cas de réussite à un concours interne (y compris l’agrégation). Le SNEP demande que l’expérience professionnelle des agents soit reconnue et qu’ils soient dispensés de devoir présenter ces certifications.

L’apprentissage des langues vivantes, tout comme celui de l’utilisation de l’outil informatique doit être intégré au cursus scolaire et universitaire, dans le cadre des programmes.

En exigeant le CLES et le C2I pour les candidats à un concours, votre ministère reconnait-il que ses propres services sont dans l’incapacité d’assurer correctement ces formations ? Ou souhaitez-vous à terme que celles-ci relèvent de formations privées ?! De plus, votre ministère exige le C2i, qui suppose l’utilisation de l’outil informatique dans le cadre pédagogique, au moment même où il supprime la formation professionnelle qui l’assurait jusqu’à présent ! Là encore, comptez-vous d’ici quelques temps confier ces certifications aux formations privées ?!

Enfin, l’enseignement en langue étrangère dans une discipline non linguistique relève du volontariat des personnels qui peuvent demander une certification complémentaire qui devrait intervenir après une formation. Imposer à tous les enseignants le CLES dans l’urgence est donc un non sens. Sauf à vouloir diminuer par ce biais le nombre de candidats aux concours… et donc le nombre de postes !

Nous vous demandons donc, Monsieur le Ministre, de revenir sur votre décision.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à l’expression de notre considération distinguée.

 

Serge CHABROL
Secrétaire Général