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Monsieur Jean-Louis BOUJON Ce courrier a pour seul objet la situation administrative des cadres de l’UNSS. Le SNEP s’efforce de traiter cette question tant d’un point de vue politique qu’en référence à la réglementation. Nous souhaitons que notre rencontre du 4 décembre permette de confronter nos points de vue, et peut-être d’aboutir, dans le respect de nos prérogatives respectives, à des actions communes ou tout au moins parallèles (et de même sens). En tout état de cause, nous n’imaginons pas que le CA du 9 décembre n’aborde pas cette question. Nous l’avons proposée en ajout à l’ordre du jour. Mais tout d’abord, quelques rappels sur le fond. Le SNEP a une haute idée du sport scolaire, de sa fonction éducative et sociale, de son rôle dans l’acculturation sportive des élèves des collèges et lycées et dans la transformation du sport. Cela l’a conduit à s’engager constamment, aux côtés des enseignants d’EPS animateurs d’AS et responsables UNSS, pour le défendre quand il a été attaqué ou remis en cause, mais aussi pour le développer, le transformer, l’améliorer. Les turbulences ne manquent pas dans cette histoire. Du plan Soisson au projet Leblanc, du rapport de la Cour des Comptes au décret de Robien, le syndicat, et avec lui les militants du sport scolaire, ont dû mener des luttes fortes pour défendre le sport scolaire du second degré. Ils ont également dû régulièrement argumenter face à tel nouveau ministre, conseiller, directeur de l’enseignement scolaire, recteur, IA, élu local ou national, souvent incultes sur ce champ spécifique ou pire, n’ayant comme référence que des clichés datés et caricaturaux. Cette lutte de tous les instants a permis au sport scolaire du second degré de rester une spécificité française que nous envient nombre de nos collègues européens. Au-delà de tous les débats sur les questions souvent brûlantes (le forfait de 3h pour tous dans le service hebdomadaire, l’AS présidée par le chef d’établissement dans tous les EPLE, l’existence d’une structure UNSS des districts au niveau national, le montant des subventions ministérielles à l’UNSS, …), la pression exercée par les enseignants d’EPS et leur syndicat, a imposé le sport scolaire du second degré comme une composante à part entière du service public d’éducation. C’est à un véritable « service public du sport scolaire » que participent les professeurs d’EPS dans le cadre de leurs missions (Cf. décret statutaire du 4/8/80, art 4 : « Ils [les professeurs d’EPS] participent à la formation, l'entraînement et l'animation sportifs. ») C’est bien le choix politique de maintien d’un sport scolaire dynamique, qui a été fait par les ministres et gouvernements successifs, depuis 1945 : le service public d’éducation dispose, en complément de l’EPS, d’un sport scolaire structuré autour de trois piliers réglementairement définis :
Pour le SNEP, rien ne justifie aujourd’hui un autre choix, alors que le million de licencié(e)s, dont 40% de filles, vient d’être atteint, avec 94 000 jeunes officiels (JO), dans un contexte de baisse des effectifs d’élèves et avec moins d’animateurs d’AS suite aux suppressions de postes d’enseignants d’EPS. L’école et le mouvement sportif ont plus que jamais besoin du sport scolaire pour sa contribution originale à la formation des jeunes. Ces rappels sont-ils superflus, voire hors-sujet ? Nous ne le pensons pas. Une nouvelle turbulence se profile, avec l’injonction faite aux cadres d’accepter le détachement ou de quitter l’UNSS. Sur le principe, au nom de ce qui est avancé plus haut, le SNEP ne peut l’accepter. Avant tout travail sur les références réglementaires et leurs évolutions, avancées pour justifier cette évolution, c’est la notion même de service public du sport scolaire que nous convoquons. Le détachement de cadres de l’UNSS pourrait être, selon nous, une étape dans la mise en cause du 3e pilier évoqué plus haut, celle-ci pouvant à son tour préfigurer une réorientation profonde et mortifère de l’ensemble de l’édifice « sport scolaire ». Pour le SNEP, le passage au détachement n’est pas anodin. Outre naturellement la situation personnelle particulière de chaque collègue concerné et le caractère inadmissible du « chantage au détachement », c’est le statut même de l’UNSS qui s’en trouverait modifié. D’association administrative, chargée de la mission d’organiser le service public du sport scolaire dans le second degré, elle deviendrait alors l’équivalent d’une association complémentaire de l’éducation, pour laquelle l’engagement conventionnel de l’Etat est aléatoire et en particulier soumis aux aléas budgétaires1. La mise à disposition n’est certes pas le paravent idéal face aux mauvais vents politiques et budgétaires. Le SNEP a toujours défendu l’idée que l’affectation des cadres de l’UNSS au sein même des IA, rectorat et au ministère, avec un statut – à préciser - de chefs de service, resterait la meilleure façon d’indiquer clairement que le sport scolaire est une composante du service public d’éducation. S’il fallait trouver une alternative à la MAD, pourquoi ne pas étudier celle-là ? Pour terminer cette introduction, nous regrettons que le SNEP, membre de droit de toutes les
instances de l’UNSS, n’ait été ni informé, ni consulté sur cette question importante. Est-ce parce
qu’il y a deux ans, nous nous sommes opposés – avec des arguments fondés – au détachement
quand il était présenté comme « une conséquence obligatoire de la LOLF » ?
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Par ailleurs, le décret du 13 mars 1986 précise clairement dans son article 15 que « le directeur assure l’exécution des décisions prises par le conseil d’administration. … » Certes « le président [le ministre] peut déléguer certaines de ses attributions à l’un des membres du conseil d’administration et au directeur de l’UNSS » (art. 14). Certes, « l’ensemble du personnel de l’UNSS est placé sous l’autorité du directeur » (art. 15), mais nous contestons fermement que le Directeur traite ces questions sans information et avis du CA, … et se prive du point de vue du syndicat des enseignants d’EPS. Venons-en à la question du détachement et de ses justifications. Notre argumentaire est fondé sur les idées suivantes, qui nous amènent à contester « ce que nous savons » du projet qui circule :
Reprenons-les point par point :
Pour le SNEP, l’UNSS est sans contestation possible un organisme contribuant à la mise en oeuvre d’une politique de l’Etat. Il n’y a donc pas lieu de mettre en avant l’idée que la MAD serait devenue impossible suite à cette nouvelle loi. Cette position du syndicat est confortée par les termes de la circulaire du 5 août 2008, « relative à la réforme du régime de la mise à disposition des fonctionnaires de l’Etat », qui précise même que la loi du 2 février 2007 « assouplit les conditions de mise en oeuvre de cette modalité particulière de la position d’activité ». Cette même circulaire apporte la précision suivante (I) : Cette dernière précision nous semble fondamentale : la question n’est pas de débattre du statut juridique de l’UNSS (personnalité morale ou non, autorité publique indépendante ou autorité administrative indépendante, …), mais bien de considérer son « domaine d’activité » comme une priorité indiscutable pour l’Etat. Cela est confirmé plus loin, dans le même paragraphe : De même, l’article 5 du décret d’octobre 2007 ne peut être invoqué comme justification, car il ne propose le passage obligatoire de la MAD au détachement que dès lors que « l’administration d’accueil dispose du corps correspondant ». Ce n’est pas le cas pour l’UNSS et nos collègues MAD. Au final, l’argument de la nouvelle réglementation de 2007 et 2008 n’est pas plus pertinent et sincère que ne l’était, il y a deux ans, l’affirmation que la LOLF supprimait toute possibilité de MAD.
Il s’agit ici du remboursement « à l'administration d'origine [de] la rémunération du fonctionnaire mis à disposition ainsi que les cotisations et contributions y afférentes » (précision apportée par le décret du 28 octobre 2007, art. 2 II) Mais la loi précise aussitôt : Il ne nous semble pas abusif de revendiquer pour l’UNSS l’application de la mise en oeuvre de cette dérogation. L’UNSS est une association de type administratif qui, au même titre que les AS des EPLE, participe à l’exécution d’un service public administratif. La seule question qui vaille est bien celle de la reconnaissance par l’Etat de cette qualification et de ses conséquences en termes de prise en charge des cadres chargés de mettre en oeuvre les politiques décidées par les instances de l’UNSS à tous les niveaux, instances présidées, rappelons-le, par les divers responsables de l’EN.
Nous avons la faiblesse de penser (cf. la référence aux mésaventures des associations complémentaires) que le projet de ceux qui militent pour le passage au détachement est d’une autre nature. Que l’on parle de « réduire la voilure » ou « d’esprit d’entreprise », voire de « créer une grande fédération du sport scolaire et universitaire », ce sont à chaque fois des scénarios de régression qui se profilent, quoi qu’on en dise. Quelques hypothèses :
Le SNEP n’accepte pas cette situation, ces perspectives. L’histoire montre que quelle que soient les époques et les orientations ministérielles et gouvernementales, ce ne sont pas les nuances de tel ou tel texte réglementaire qui induisent les décisions concernant le sport scolaire, mais bien les choix ministériels et gouvernementaux. Le dossier qui est devant nous n’échappe pas à cette règle. Quelle que soit l’interprétation que les conseils juridiques donneront de telle ou telle nuance de la loi de février 2007, du décret d’octobre 2007 ou de la circulaire d’août 2008, la décision de contraindre au détachement ou de conserver la situation de MAD relèvera au final d’un choix politique : soit le ministre, son cabinet, son administration, ont la volonté de conserver et d’améliorer l’outil sport scolaire ; ils peuvent alors très facilement décider que les contraintes liées aux nouveaux textes ne concernent pas l’UNSS en raison de son rôle spécifique au sein du service public d’éducation, ou que celle-ci bénéficie d’une dérogation ; soit ils décident de traiter l’UNSS comme une association complémentaire, et le passage des cadres de la MAD au détachement risque fort de n’être qu’une première étape dans un processus à haut risque pour l’ensemble du sport scolaire du second degré. Non seulement le SNEP ne sera pas complice de cette opération, mais soyez assuré que nous mettrons tout en oeuvre pour que le choix politique soit positif, pour le sport scolaire, pour les jeunes, pour nos collègues des services UNSS. Dans l’attente de notre prochaine rencontre, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de nos sentiments les meilleurs.
1. Chacun a en tête la brutalité de la décision ministérielle (lettre de X. Darcos du 6 octobre 2008) de diminuer de 25%, en cours d’exercice, les subventions aux associations complémentaires pourtant largement reconnues sur le champ éducatif, et de mettre un terme, au 31 août prochain, à tous leurs détachements. A noter que l’USEP est touchée par ces mesures. A noter aussi que le passage de la MAD au détachement avait été imposé à ces associations il y a deux ans. Copyright © 2008 SNEP. Tous droits réservés - Dernière modification le 1/12/08 |