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| Paris, le 29 novembre 2007 Monsieur Xavier DARCOS Objet : Accompagnement éducatif, activités périscolaires et service public d’éducation Monsieur le Ministre, Questionné par Monsieur le Député Laurent Hénard sur l’avenir de l’éducation physique et sportive, vous dites « accorder une grande attention à l’éducation physique et au sport scolaire ». Vous déclinez les vertus éducatives que vous prêtez au sport et précisez qu’une action continue des éducateurs, pendant et en dehors du temps scolaire, est nécessaire à la maturation de ces acquisitions. Vous développez ensuite les axes des actions conduites cette année dans le premier et le second degré. Concernant l’enseignement primaire, si nous souscrivons à l’idée de porter à 4h la pratique sportive pendant le temps scolaire – si c’est bien de l’éducation physique et sportive qu’il s’agit ici – nous relevons une première ambiguïté : comment nos collègues enseignants des écoles vont-ils pouvoir concilier cette mesure avec la suppression de deux heures du samedi matin et la recommandation de « recentrer l’école sur les fondamentaux » ? Sauf à penser que vous placiez l’EPS dans les « fondamentaux ». La réponse à cette question est peut-être liée à la deuxième ambiguïté, qui concerne le second degré. Vous affirmez que « Pour les collèges, le dispositif d’accompagnement éducatif … sera mis en place … Il s’appuiera notamment sur les actions existantes pour lesquelles les collaborations des collectivités territoriales et des associations sont traditionnellement importantes et constituent un apport très apprécié ». Rappelant que l’AS de l’établissement a un rôle essentiel à jouer dans ce dispositif, vous concluez que celui-ci doit « permettre d’augmenter l’offre d’activités physiques et sportives proposées aux élèves ». Il s’agit donc « d’augmenter l’offre ». De l’améliorer aussi sans doute. Mais est-ce là la meilleure réponse à la question posée d’augmenter la pratique physique de tous les jeunes, de le faire avec des objectifs éducatifs ambitieux, définis, progressifs, adaptés à chaque niveau de scolarité ? Nous ne le pensons pas, pour plusieurs raisons. La première est que l’accompagnement éducatif est réservé aux élèves volontaires ; il n’a donc pas vocation à concerner l’ensemble des jeunes. Même organisé à partir des structures de l’établissement scolaire, il restera facultatif, au même titre que tous les dispositifs péri-éducatifs, qu’ils soient pris en charge par des enseignants ou d’autres intervenants. Il n’est de plus pas certain que les élèves volontaires soient ceux qui ont le plus de besoins eu égard aux trois axes proposés. Par ailleurs, l’expérience montre que quel que soit le volontarisme affiché pour la généralisation des dispositifs périscolaires, ils ne sont jamais proposés partout. La seconde raison est que l’accompagnement éducatif peut être pris en charge par des enseignants volontaires, mais qu’il n’est pas inclus dans leur service ; sous la forme proposée, il ne fait pas partie de leurs missions statutaires et est rétribué en heures supplémentaires effectives. Dans ce cadre, ni programmes, ni évaluations. Aucun repère sur les exigences en termes de contenus. Que ce soit pour l’aide aux élèves en difficulté ou pour l’accès aux pratiques sportives, artistiques et culturelles, le développement d’une offre périscolaire gratuite et de qualité peut contribuer à la réussite scolaire des jeunes et à la démocratisation de l’école. Pour autant, c’est d’abord le service public d’éducation qui doit être convoqué pour répondre aux besoins des jeunes, parce qu’il s’adresse à tous, partout, quelles que soient leurs conditions sociales d’existence et qu’il est encadré par des enseignants qualifiés. Le besoin de tous les élèves, la nécessité sociale, éducative et sportive, c’est une EPS développée – plus et mieux d’horaires, d’installations et de moyens de fonctionner – prolongée au sein des associations sportives de tous les EPLE, par l’offre faite à tous les élèves, d’un sport scolaire de qualité organisé par l’UNSS. A cet égard, le contexte n’incite pas à l’optimisme : suppression massive de postes, perspective d’une école avec moins de cours, moins d’enseignants, insistance sur – travailler plus … – sans référence à l’idée de travailler mieux, annonce de multiples « chantiers et réformes » qui semblent plus pilotés par les contraintes d’économie que les ambitions de réussite de tous. Comment comprendre aussi que l’on trouve sans difficulté des dizaines de millions d’euros pour la pratique sportive de l’accompagnement éducatif, quand la subvention de l’Etat à l’UNSS stagne depuis plus de 15 ans à moins de 4 millions d’euros ? Comment accepter qu’en même temps, on ne recrute en EPS qu’un enseignant pour 3 départs en retraite ; le retard pris dans l’annonce des postes mis aux concours de 2008 faisant craindre à la profession qu’une nouvelle baisse soit prévue, contrairement à vos engagements (discours de Talence) et aux besoins que le SNEP évalue à 1500 postes. Monsieur le Ministre, c’est parce que nous avons au cœur la réussite de tous les jeunes que nous sommes plus que dubitatifs quant aux choix qui sont faits actuellement, quant aux évolutions qui se profilent. Ce sont ces questions que nous souhaitons discuter avec vous lors d’une prochaine entrevue, que nous vous avons demandée par courrier du 12 novembre dernier. Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, à l’expression de notre considération distinguée.
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