Paris, le 13 décembre 2006Aux Groupes Politiques C’est porteurs de très vives inquiétudes suscitées par le projet de modification des décrets de 1950 (sur les services des enseignants) du Ministre de l’EN que le SNEP-FSU s’adresse à vous. Plus de 16 000 enseignants d’EPS, soit près d’un sur deux, ont signé notre pétition sur ce sujet. La grève du 18 décembre, que notre Conseil Délibératif National a votée dès le 1er décembre, et à laquelle l’ensemble des organisations syndicales de l’éducation a décidé d’appeler, s’annonce comme le révélateur de la volonté de mettre un terme aux attaques et dégradations systématiques contre le second degré et ses enseignants. Dans un contexte de crise sociale et scolaire, la charge de notre métier d’enseignant s’est particulièrement alourdie ces dernières années : exigences institutionnelles accrues, nécessité de mieux prendre en compte les attentes légitimes des jeunes et de leurs familles, forte hétérogénéité des classes. Les propositions du ministre ne feront que les accentuer, conduisant à une véritable dénaturation de notre métier et une déqualification de l’enseignement.
Le ministre semble reconnaître cette situation en inscrivant ces 3 heures dans le décret relatif au service des enseignants d’EPS, mais il refuse la notion de forfait, pourtant essentielle au fonctionnement des AS et, en toute duplicité, pour dissimuler sa politique de suppression de postes, habille l’attribution des 3 heures à une appréciation subjective de la « réalité » du fonctionnement de l’association sportive. Ces trois heures, perçues alors comme un vivier commode de postes à piller, deviennent très convoitées et donc largement aléatoires. La suppression même partielle de ces moyens d’animation entraînerait, à l’image d’un château de cartes dont on retire une carte de base, la fragilisation de l’UNSS, et à terme la remise en cause du sport scolaire. Nous considérons au contraire le forfait de 3h d’animation sportive comme indissociable des missions et du service de tous les enseignants d’EPS et indispensable au maintien et au développement d’un véritable service public du Sport Scolaire. L’ensemble de ces éléments montre, s’il en était besoin, que toute mesure d’ordre statutaire est intimement liée à l’efficacité de notre métier et à l’intérêt général. Notre demande traduit notre volonté de recherche d’une offre éducative de qualité. Nous vous demandons d’intervenir auprès du gouvernement pour qu’il retire ce projet de décret et qu’il entende nos propositions. Nous souhaitons par ailleurs vous rencontrer le plus rapidement possible pour débattre de ces questions et connaître la position de votre parti. Nous vous prions d’agréer l’expression de nos meilleurs sentiments. Jean LAFONTAN
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