C.T.P.M du 11 Janvier 2007
Nouvelle provocation contre le sport scolaire !
Le 12 janvier 2007

Lors du CTPM, des échanges ont eu lieu entre le représentant du SNEP et le ministère. Les propos tenus par le président du CTPM, directeur adjoint du cabinet de G. de Robien, font craindre que le ministre n'a pas renoncé à mettre en cause l'indivisibilité des 3 heures consacrées à l'animation de l'AS dans le service des enseignants d'EPS.

Dans le cadre du débat sur « la préparation de la rentrée scolaire » 2007, Jean FAYEMENDY est intervenu au nom du SNEP – FSU :
« Alors même que les décrets, marqués du sceau d'un passage en force que la profession n'est pas prête d'oublier, ne sont pas publiés,
Alors que le rapport de la mission de l'inspection générale sur les associations sportives n'est pas encore rédigé et que les décisions du ministre lui suggère déjà les conclusions,
Alors qu'un projet d'arrêté prévoyait de confier aux chefs d'établissements la responsabilité d'évaluer l'activité des A.S qu'ils président pour justifier d'éventuelles suppressions d'heures consacrées à leur animation, leurre destiné à laisser croire que les décisions sont prises au plus près des réalités,
Les rectorats décident sans aucune concertation la récupération de 400 Equivalents Temps Plein (ETP) sur le dos du service public du sport scolaire, ce qui se traduira par la disparition de 2 à 3 000 animateurs du sport scolaire dans les établissements publics du second degré. Il convient de souligner que seul l'enseignement public fait l'objet de la sollicitude ministérielle pour récupérer des moyens …
Les décisions prises traduisent une réelle indifférence de ce qu'est le sport scolaire, son fonctionnement ; elles éludent les causes des difficultés rencontrées dans certains établissements. Les dénégations ministérielles quant à leurs conséquences négatives sur le sport scolaire, dénégations relayées parfois avec de grandes difficultés au niveau rectoral, ne peuvent masquer ce qui s'organise : une politique de « terre brûlée » dont le service public du sport scolaire sortira durablement affaibli, avec – nous ne le savons que trop – un caractère irréversible.
Je veux ici redire l'insupportable labellisation du service des enseignants d'EPS consacré à l'animation, la formation et l'encadrement sportifs comme « décharge de service » : l'animation des A.S, le sport scolaire, c'est du service face aux élèves ! Nous le rappellerons au ministre tant qu'il n'acceptera pas de l'entendre !
Le SNEP et les enseignants d'EPS ont une autre idée du service public d'éducation, une autre ambition pour la formation physique, sportive et artistique des jeunes dans le cadre de l'école. C'est ce que nous porterons dans les initiatives auxquelles le SNEP participera, notamment le 20 janvier prochain. »

Dans ses interventions, le président du CTPM (directeur adjoint de cabinet de de Robien) indique qu' « effectivement il ne s'agit pas de décharges mais de forfaits » et qu'il ne faut plus utiliser le terme de décharges à mauvais escient. Mais il rappelle que les heures consacrées au sport scolaire doivent être effectivement réalisées et que si tel est le cas, rien ne sera supprimé là où il y a activité. On ne peut justifier, face à nos citoyens, le fait que soient payées des heures non faîtes. Il reconnaît qu'il convient d'avoir une « approche de terrain », évoquant « l'escrime ou le rugby » pour signifier que chaque activité a ses spécificités.

Le SNEP demande alors au ministre de traduire – soit en modifiant le décret qu'il a élaboré (ce qui serait la meilleure solution), soit dans le cadre de l'arrêté qui doit expliciter la mise en œuvre du décret – la reconnaissance que les 3 heures consacrées à l'AS ne sont pas des « décharges de service » mais un « forfait » en indiquant que ces 3 heures « s'exercent forfaitairement » et sont « indivisibles ».

Le Président reprend la parole : «à propos des 3 heures sécables ou non, si l'activité a lieu pendant 3 heures avec un effectif suffisant, il n'y aura pas de suppression. Et il faut faire preuve de pragmatisme dans toutes le situations ».

Cette intervention laisse entendre qu'il serait possible, au nom du « pragmatisme », de remettre en cause les « 3 heures » consacrées – dans le service hebdomadaire des enseignants d'EPS – à l'animation de l'A.S et d'attribuer 1, 2 ou 3 heures au titre de l'animation de l'A.S : c'est inadmissible et contraire au projet de décret incriminé !

Le SNEP a demandé à être reçu, dans les plus brefs délais, par le ministre.

Jean FAYEMENDY Secrétaire national