Intervention du SNEP à l'AG de l'UNSS du 16 octobre 2007

Monsieur le Ministre,

Permettez-nous tout d’abord de vous dire l’importance que nous attachons à votre présence dans cette AG, présence que nous voulons interpréter comme significative d’un intérêt notable pour le sport scolaire et l’UNSS.

La première décision scolaire du gouvernement auquel vous appartenez a été l’abrogation du décret de février 2007 contre lequel notre profession s’était fortement mobilisée, notamment parce qu’il remettait en cause le caractère intrinsèque à notre métier du sport scolaire, en s’attaquant au forfait dans le service de tous les enseignants d’EPS.

Ce qui a été fait l’an passé au nom de ce décret, dans nombre d’académies, était basé sur des analyses non partagées. Votre prédécesseur, M. de Robien, s’était attaqué à ce qui selon nous représente un enjeu majeur de la formation et de la pratique sportive des jeunes. Associé à un rapport des IG très contestable, cela a produit des dégâts importants et contribué à déstabiliser le sport scolaire, des stigmates subsistent.
Le décret est abrogé, il reste quelques résistances administratives pour le retour à la situation ante. Nous agissons partout pour le règlement des problèmes qui subsistent.

Plutôt que de mettre en avant les difficultés repérées ici ou là dans le fonctionnement du sport scolaire (et pour lesquelles il faut se donner les moyens d’apporter des solutions), nous souhaitons que le ministère s’appuie d’abord sur les réussites.
Et le rapport d’activité qui nous a été adressé est plein de ces réussites extraordinaires du sport scolaire : diversité des formes de pratiques, diversité des activités, place des filles, place des jeunes des milieux populaires, des quartiers dits « difficiles », formation des jeunes officiels, vie associative, etc. Nous voyons, en étudiant ce rapport, que le sport scolaire, dans bien des domaines, soutient sans difficulté la comparaison avec d’autres secteurs du mouvement sportif.

Vous avez, Monsieur le Ministre, insisté une nouvelle fois sur la volonté de ce gouvernement de valoriser la place du sport à l’Ecole, vous connaissez notre position : cela signifie pour nous plus et mieux d’EPS et de sport scolaire dans le service public d’éducation.

Pour le second degré, vous répondez essentiellement par le dispositif de l’accompagnement éducatif.
Si celui-ci répond pour partie à une demande sociale, il n’est pas sans interroger. Il ne faudrait pas que par le développement de pratiques en soirée, en liaison ou non avec l’AS scolaire, on aboutisse à asphyxier et à dénaturer le sport scolaire du mercredi après-midi, dans le cadre de l’UNSS.

C’est pourquoi le SNEP propose aux équipes pédagogiques EPS, dans les collèges à qui il est demandé, dès cette année, de mettre en place l’accompagnement éducatif, d’examiner si les formes proposées dans leur établissement leur offrent une opportunité de développer et conforter l’activité de leur AS. Dans le même temps, le SNEP rappelle :

  • Son exigence de conserver la spécificité du sport scolaire et de l’UNSS : la rencontre et la compétition entre AS. Cela implique que le mercredi après-midi demeure le cœur de l’activité de l’AS.
  • Que c’est dans le cadre du forfait de trois heures dans leur service hebdomadaire que les enseignants d’EPS animent leur AS.

Nous avons noté, en même temps, que les indicateurs de la Lolf concernant le sport scolaire venaient de changer en collège : d’une cible de 25% de licenciés, à l’horizon 2010, nous passons à 45%. Quel est le sens de cette évolution décidée en dehors de tout débat, éloignée des réalités de l’animation sportive ?

S’il est lié à la volonté de généraliser la pratique sportive dans le cadre de l’accompagnement éducatif, un tel indicateur pose de sérieux problèmes :

  • il sous-entend que la participation de l’AS de l’établissement scolaire soit généralisée, ce qui va à l’encontre de la notion de volontariat des personnels,
  • il sous-entend que les pratiquants de l’accompagnement éducatif seraient licenciés à l’AS, ce qui n’est pas sans poser des questions (coût de la licence, certificat médical, assurance,…) ;
  • il sous-entend aussi que partout existeraient les moyens matériels notamment les installations sportives, permettant cette pratique ce qui est loin d’être le cas.
  • Enfin, un tel taux de licenciés est incompatible avec les exigences d’apprentissage et de progrès, de responsabilité et de sécurité.

Quel est donc l’objectif d’un tel indicateur uniquement comptable ?

En conclusion, Monsieur le Ministre, je dirai que des exigences fortes concernant le sport scolaire sont posées par toute une profession que nous représentons à plus de 80%. Elles sont rappelées par les quelques 5000 premiers signataires d’une adresse à votre intention que nous vous remettons aujourd’hui.

Je vous remercie.

 


Lire le discours de Xavier Darcos à l'assemblée générale de l'UNSS
Lire le compte-rendu de l'Assemblée Générale par Jean Fayemendy