| Vers des actions unitaires de grande ampleur ?
Le 18 avril 2008 à midi
Après les grèves nationales, très suivies dans l’éducation, les 20/11/07, 24/01/08 et 18/03/08, les mouvements d’établissements, de départements, d’académies se sont multipliés, sous différentes formes en fédérant des forces de plus en plus diverses, jusqu’à aboutir aux manifestations actuelles dont l’écho revêt une portée nationale. C’est ainsi que l’on recensait dans la dernière période :
le 10 avril : plus de 50 000 manifestants lycéens, enseignants et parents partout en France dont Paris, Lyon, St Etienne, Toulouse, Valence, Chambéry, Bordeaux, Dinan… alors que 12 académies sont en vacances ;
le 15 avril : après les actions successives des 27 mars, 1er, 3 et 10 avril… 40 000 manifestants à Paris, 200 lycéens à Grenoble malgré les vacances, 500 manifestants à Pau avec boycott du CDEN, des mouvements à Ribérac, Périgueux, Bayonne, Villeneuve sur Lot,…
Et que l’on prévoit :
Le 16 avril : des rassemblements au rectorat de Bordeaux ;
Le 17 avril : une nouvelle journée d’action en Ile de France avec une nouvelle manifestation à Paris ;
Le 29 avril : une journée nationale d’action, dans certaines académies de la zone B ;
Le dimanche 18 mai : la manifestation nationale de toute l’éducation à Paris, à l’initiative de la FSU. Sur cette question, la FSU avait estimé pour sa part qu’une manifestation nationale à Paris constituait une nouvelle étape nécessaire, compte-tenu de la diversité des initiatives locales, départementales, régionales, nationales, souvent avec grève, qu’elle a déjà portée et continue d’animer. Elle a proposé cette manifestation nationale, dès le début mars, à ses différents partenaires, sans que pour l’instant ils aient pris la décision de s’y joindre.
La FSU a confirmé la date du dimanche 18 mars dès le 1er avril, pour donner le délai de préparation nécessaire à cette initiative d’ampleur, et rallier le maximum d’alliés qui le souhaiteraient d’ici là.
Par ailleurs, face à la montée des mobilisations lycéennes, l’UNL a pris l’initiative d’inviter 18 organisations (Ceméa, Confédération Étudiante, Crap-Cahiers pédagogiques, FCPE, Ferc-CGT, Fidl, Francas, FSU, GFEN, Icem-Pédagogie Freinet, Jeunesse au Plein Air, Ligue de l'Enseignement, Sgen-CFDT, SUD-Éducation, SUD-Étudiant, Unef, UNL, Unsa-Éducation) à se réunir le 9 mars.
Sans renier nos différences d’appréciation de la situation, nous avons trouvé une base commune pour appeler ensemble, acteurs et usagers du système éducatif, à une journée nationale d’action le 15 mai et à des manifestations départementales le 24 mai.
De nombreuses autres initiatives, au fur et à mesure des retours de congés, vont certainement s’échelonner.
Pour donner tous les éléments du panorama relatif aux mouvements revendicatifs, se discute en ce moment même la possibilité d’une action sur les questions de la fonction publique (pouvoir d’achat et révision générale des politiques publiques), appelant à des mobilisations qui pourraient avoir lieu dans la foulée de la rentrée des zones parisienne et bordelaise.
Cet élargissement revendicatif qui multiplie les fronts de l’action et se diffuse progressivement, correspond aussi à la multiplication, par le gouvernement, d’attaques en règle contre nombre de nos acquis sociaux. Cette réactivité est une vraie richesse et une authentique force. Le mouvement croissant, de contestation des suppressions de postes et de la politique éducative engagée par le MEN, correspond à une nouvelle étape de la prise de conscience quant à la portée de ces mesures.
Alors pourquoi tant de diversités, de dates différentes, et si peu de « tous ensemble » , au même moment ?
Ces questions qui nous sont posées par la profession doivent être entendues.
La politique ministérielle et ses déclinaisons multiples en sont tout d’abord les premières responsables. Certes, les suppressions de postes sont là et les réformes destructrices sont sur les rails. Cependant, elles ne se dévoilent concrètement que de façon étalée dans le temps : réunions des CA DHG à des dates différentes, et éventail d’échéances pour la tenue des CTP départementaux et académiques ; de la même façon, les annonces ministérielles sont faites par niveau d’enseignement : professionnel, puis ciblées essentiellement sur les collèges dans le rapport Pochard, puis sur le primaire avec les nouveaux programmes et les stages pendant les vacances, et plus récemment sur les lycées avec une réforme d’ampleur annoncée. Sans compter les calendriers encore différents pour l’enseignement agricole ou les mesures prises au secrétariat de la jeunesse et des sports, par exemple !
Comprendre et accepter que tout cela découle de mêmes choix gouvernementaux orientés vers la révision générale des politiques publiques (RGPP), et mérite donc riposte commune, est un chemin plus ou moins long à parcourir, surtout pour ceux que ce nouveau pouvoir avait réussi à tromper.
Il nous faut donc faire avec les prises de conscience, au stade de développement où elles se trouvent, et créer les conditions de les faire évoluer.
Ce sont donc bien à la fois les actions des 15, 18 et 24 mai qu’il nous faut réussir, en faire un tremplin vers un mouvement qui gagnerait encore en ampleur et en capacité unitaire, jugé absolument indispensable pour faire fléchir ce gouvernement, parce que l’expérience nous montre qu’il est possible de le faire reculer.
Le ministre X. Darcos joue sa partition en ayant le souci d’emporter l’assentiment de l’opinion publique ; il doit être démasqué à partir d’une critique étayée de ses propositions, et nous devons aider à ce que toutes les forces qui combattent, à des degrés divers, sa politique et qui ont d’autres ambitions pour l’école, s’unissent pour faire avancer leurs exigences. Les enseignants d’EPS ont du savoir faire en la matière. Le SNEP compte sur l’engagement de toute la profession !
Martine Le Ferrand
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