| Le 11 décembre 2009
Déclaration SNEP au CSE
Monsieur le ministre
Nombre d’organisations ont demandé que ces textes ne soient
pas présentés aujourd’hui. Le SNEP s’est joint à cette
demande pour au moins trois raisons :
- L’an dernier l’ensemble des acteurs ont exprimé l’importante
complexité à réformer un maillon du système éducatif.
Ce travail demande du temps, beaucoup de temps, de la réflexion
sur la cohérence et l’articulation des différents
degrés d’enseignement, et une véritable concertation.
Or le temps est mal géré (nous n’avons eu les textes
que quelques jours avant la CSL), avec un manque de réflexions
et de concertations. La méthode n’étant pas bonne,
le résultat ne pourra pas être bon. Tous ceux qui travaillent
dans un lycée aujourd’hui et qui projettent un peu les
effets de cette réforme ne peuvent pas croire que l’objectif
principal annoncé, de lutte contre les inégalités,
sera atteint. Mais c’est bien normal puisque contrairement au
plan de « communication » que vous menez tambours
battants, ce n’est pas le but véritable du gouvernement
et la réforme de la voie professionnelle l’a déjà mis
en évidence. Comment réduire les inégalités
lorsqu’une des mesures phare du ministère, avec les effets
que l’on connaît déjà, a été la
suppression de la carte scolaire, et qu’il continue à annoncer
des suppressions de postes. C’est la deuxième raison qui
nous amène à refuser cette réforme : il s’agit
d’une réforme qui masque ses véritables intentions
et qui bluffe sur d’autres. Pourtant, dé-hiérarchiser
les filières et les séries est vraiment un objectif qu’il
aurait fallu suivre.
- L’effet notable et visible est d’abord la modification
des décrets sur les EPLE. Le véritable fond de la réforme
est là : donner plus de pouvoirs aux chefs d’établissement
en matière « pédagogique ». En
lieu et place de l’initiative collective par des équipes
pédagogiques en ayant les moyens, il s’agira surtout d’une
gestion de la pénurie par le local. Nous connaissons ce principe
avec la DHG. L’augmentation des inégalités est évidente à terme :
tous les établissements ne seront pas égaux dans leur
offre. Le deuxième effet sera, qu’on le veuille ou non,
qu’on le reconnaisse ou non, la baisse des horaires d’enseignement.
Le choix que vous avez fait n’a aucun intérêt pour
l’objectif fixé parce qu’aucune réflexion
globale sur le temps scolaire n’a été menée,
ni sur ce que doivent être les temps d’enseignement, ni
sur ce que doit contenir le temps hors enseignement, à l’école.
Car c’est ce dernier qui est aujourd’hui socialement le
plus discriminant. Toute réduction du temps scolaire est facteur
de discrimination puisque ce sont alors les classes socio culturellement
les plus favorisées qui trouvent et payent, hors de l’école,
pour leurs enfants, des activités éducatives diverses.
C’est donc un choix qui s’inscrit lui aussi dans une gestion
des moyens qui se pare de vertus pédagogiques indémontrables.
Dans le même ordre d’idées, vous annoncez la réorientation
des élèves en classe de première, mesure qui ne
concernera que très peu d’élèves et qui
ne sera pas une réponse efficace à la difficulté scolaire.
Vous cherchez à vendre du vent.
- Enfin venons-en au domaine spécifique de l’EPS et du
sport scolaire. Spécifique dans sa réalité syndicale
et pédagogique, mais général puisqu’il touche,
et c’est quasiment le seul, absolument tous les élèves
des lycées quelles que soient leurs filières, séries,
options. Vous aviez, ici, l’occasion de travailler sur la question
des rythmes scolaires et des besoins sociaux en matière de culture
et de santé publique : c’est au moment de l’entrée
au lycée que la pratique physique des jeunes diminue considérablement
; les filles les jeunes des milieux populaires sont particulièrement
touchées par ce phénomène. Proposer 3 heures d’EPS,
permettant d’avoir deux séquences dans la semaine, aurait été une
mesure significative pour afficher réellement votre préoccupation
de l’équilibre et du bien être des jeunes de ce
pays. Cette mesure aurait donc constitué un véritable
investissement en terme d’avenir physique pour la jeunesse. Cela
d’autant que toutes les études montrent qu’avec
l’éloignement de nombre d’installations, les deux
heures actuelles sont loin d’être effectives et sont souvent
ramenées à 1h15 par semaine ! Un deuxième
affichage aurait pu être fait, en appelant au développement
du sport scolaire, comme vous le faites pour la culture en général.
Comment ne pas être surpris et inquiet de cet oubli dans un texte
sur un maillon très important du système éducatif.
Noter l’importance du sport scolaire, de son développement, était
possible. Nous l’avions demandé, pourquoi cela n’a-t-il
pas été fait ? Nous demandons un engagement de votre
part sur ce sujet.
|