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Le 09 juillet 2009

CSE du 1er juillet 2009

Voie professionnelle
Evaluation aux examens CAP – BEP – Bac Pro

Après les programmes, l’IG utilise à nouveau un texte LP
pour imposer des changements d’orientation de l’EPS !

Intervention de Serge Chabrol pour le SNEP

Nous examinons un nouveau texte sur la certification dans la voie professionnelle. Le précédent ne date que de 4 ans. Je rappelle que nous avions voté pour le précédent au CSE du 12 mai 2005 après que des amendements aient été intégrés en séance par le directeur de la DESCO de l’époque qui représentait le Ministre. Il n’était pas nécessaire de le réécrire entièrement et on aurait pu modifier un ou deux articles, pour le mettre en phase avec le Bac Pro 3 ans et introduire les unités capitalisables.

Nous constatons qu’une nouvelle fois, l’institution tente de trancher certains débats dans notre profession par le biais d’un texte concernant les LP. Et ce sont pour partie, les mêmes questions qui avaient amené à amender en séance le précédent texte évaluation - LP, ainsi que le texte programme - voie professionnelle.

Alors que le programme dit que pour chaque année d’étude, il est recommandé de « proposer au moins 2, si possible 3 activités relevant d’au moins deux compétences propres », le projet de texte certification demande à ce que les trois épreuves relèvent de trois compétences propres. C’est donc une façon de forcer la main aux équipes pour transformer un programme qui a été adopté après débat !
Si le programme parle d’un minimum de 3 compétences propres, c’est sur l’ensemble de la scolarité, pas sur l’année de terminale ! Le texte « évaluation » proposé est donc très contraignant.
D’où notre amendement : « 3 épreuves relevant d’au moins 2 compétences propres et de groupes d’activités différents», afin d’éviter deux sports co par exemple (notre proposition n’empêche pas 3 compétences propres, mais n’est pas contraignante et n’est pas en rupture avec les programmes).

A travers le projet, l’IG revient sur des débats de fond concernant les classifications et le rapport aux APSA et rajoute des contraintes à des équipes en prise à des difficultés d’organisation, à des problèmes d’apprentissage. Mais plus fondamentalement cela revient concrètement à interdire des menus avec un sport co et un sport de raquettes ou un sport de combat (alors qu’on sait qu’actuellement ce sont des menus choisis), ou des menus avec natation et athlétisme. C’est une approche strictement idéologique qui ne développe en rien la qualité de l’EPS dispensée (tout le monde sait que l’évaluation pilote fortement la formation, même si on peut parfois le regretter), et ne permet pas mieux de certifier les acquis. En fait on tente de régler par une mesure bureaucratique des problèmes de choix pédagogiques en débat (et on revient à la question éternelle : enseigner et évaluer tennis de table et basket, est-ce la même chose ? Même si la « compétence propre » est identique).

Dans le même temps la nouvelle certification supprime la référence aux « groupes d’activités » dans le tableau de correspondance activités-compétences, instituant ainsi définitivement une nouvelle et véritable classification à partir des compétences. Nous savons bien que ce qui parle aux élèves et aux collègues, ce sont justement ces groupes d’activités ! Nous avons déjà montré, et chaque enseignant sait parfaitement l’identifier, l’incohérence à mettre dans un même groupe d’APSA la boxe française et le volley-ball. Qui irait prétendre aujourd’hui sérieusement que l’on y développe la même compétence ? Donc là encore nous sommes obligés de constater que seules des préoccupations d’ordre idéologiques pilotent ce type de propositions. C’est pourquoi, en attendant, comme le préconisaient les précédents textes programmes, un réel travail sur les classifications APSA, nous demandons solennellement au CSE, pour des raisons de bon sens, de rétablir dans le tableau de l’arrêté la colonne «groupements d’activités», comme c’est le cas dans le texte précédent sur l’évaluation et dans les textes lycées et collèges. On ne peut pas prôner l’égale dignité, le même traitement entre LP, lycée GT et collège et inventer un tableau différent et ainsi revenir sur ce qui avait fait un point de compromis.

Enfin le projet d’arrêté est source d’incompréhensions et d’interprétations problématiques. Le projet de texte dit : «  Au début de l’année de terminale, chaque élève choisit un ensemble certificatif parmi les unités de formation offertes dans les classes de première et de terminale. L’une d’elles peut être issue de la classe de première pour servir de support à la certification ». (Pour le CAP et le BEP, «l’une au moins doit être issue de la 1e année de formation» et «l’une au moins doit être issue de la classe de seconde»).

On choisit donc, au début de la classe de terminale (cas du bac) 3 unités de formation dont une peut être issue de la classe de 1e. Mais alors, quelle certification ?

    • Garde-t-on la note de 1e ? (mais le niveau d’exigence n’est pas le même). En particulier un élève noté en 1ère de bac pro, pour le BEP (puisque qu’il n’y a plus de formation propre aux BEP mais que les élèves passent ce diplôme pendant leur formation au Bac Pro) et qui est donc noté sur la base du niveau 3 (référence pour le BEP), devrait-il donc aussi être évalué par anticipation, pour le Bac, sur la base du niveau 4, (référence pour le bac) ?
    • Passe-t-on une nouvelle épreuve en terminale (sur la base des acquisitions de 1e)
    • Si seulement 2 activités du menu de terminale « comptent » pour le bac, n’y a-t-il pas risque que les élèves « délaissent » celle qui ne comptera pas ?

Nous comprenons le souci des rédacteurs de repousser le moment du choix des ensembles certificatifs, mais la solution retenue (surtout pour le CAP et le BEP où le choix d’une « épreuve » de seconde est obligatoire), ne nous semble ni claire, ni la plus pertinente.
Nous notons que l’IG accepte notre demande faite en commission spécialisée de suppression de la phrase disant que les candidats au Bac Pro devaient disposer du niveau 3 pour pouvoir passer les épreuves du Bac. En effet si on avait laissé cette phrase, on aurait dû interdire aux élèves n’ayant pas atteint le niveau, de passer le Bac : ce qui était inconcevable et illégal. Un élève qui n’a pas atteint le niveau 4 aura une mauvaise note certes, mais pourra passer l’épreuve. Les enseignants savent bien que pour travailler le niveau 4, il faut que les élèves aient travaillé et acquis le niveau 3 ! On ne règlera pas des questions pédagogiques ou de sécurité par des textes contraignants mais par le travail pédagogique.

Quel est donc l’objectif véritable poursuivi par le texte ? Le précédent datant de 2005, cette nouvelle arrivée risque de banaliser le renouvellement des textes de référence, et les rendre anecdotiques, alors qu’ils devraient installer de la stabilité et de la cohérence.

D’où 3 d’amendements soumis au vote à la demande du SNEP :

1ère proposition :
Que le tableau soit bâti comme ceux présents dans le précédent texte évaluation LP et dans les  textes Bacs et collèges, avec la liste des groupements d’activités.

Pour : 19 (dont FSU, CGT, Sud, UNL)
Contre : 17 (dont SE-UNSA, SGEN-CFDT, FCPE)
Abst : 13 (dont SNPDEN, SNALC, PEEP)
Refus de vote : 2 (FO)

2ème proposition : réécriture de l’article 6 (article 7 pour BEP/CAP) :
Dans le cadre du contrôle en cours de formation, chaque candidat au baccalauréat professionnel doit réaliser un ensemble certificatif composé de trois épreuves relevant d’au moins deux compétences propres à l’éducation physique et sportive différentes et de groupes d’épreuves différents. Afin de respecter le principe de capitalisation, dans le cadre du contrôle en cours de formation, les cycles d’APSA sont des unités de formation qui ont vocation à servir de support à la certification. Au début de l’année de terminale, chaque élève choisit un ensemble certificatif parmi les unités de formation offertes dans les classes de première et  de terminale. Cependant une des activités peut avoir été certifiée en première. Pour chaque ensemble certificatif, deux des épreuves au moins sont choisies sur la liste nationale prévue à l’article 9. La troisième peut être issue d’une liste académique. Les notes sont attribuées en référence au niveau 4 (quatre) du référentiel de compétences attendues fixé par les programmes et aux fiches d’évaluation fournies en annexe de l’arrêté. La notation est individuelle, que la prestation soit individuelle ou collective.

Pour : 18 (dont FSU,  UNL)
Contre : 15 (dont SE-UNSA, SNPDEN-UNSA, SGEN-CFDT, FCPE)
Abst : 12 (dont CGT, SNALC)
RV : 2 (FO)

3ème proposition :
Remplacer dans l’article 7 sur CAP-BEP : « L’une au moins doit être issue de la première année de formation » par « L’une au moins peut être issue de la première année pour servir de support à la certification»

Pour : 21 (dont FSU, SNALC,  UNL)
Contre : 15 (dont SE-UNSA, SNPDEN-UNSA, FCPE)
Abst : 12 (dont SGEN)
RV : 2 (FO)

 

Tous les amendements ayant reçus une majorité des votes exprimés, le SNEP-FSU demande qu’ils soient pris en compte dans le texte. Devant le refus de l’administration et de l’IG d’intégrer les amendements, le SNEP-FSU appelle à voter contre le texte global.

Vote sur le texte global :
Pour : 28 (dont SE-UNSA, SNPDEN-UNSA, FCPE, PEEP, SNALC)
Contre : 19 (dont FSU, CGT, FO, Sud )
Abst : 4 (dont UNL)
RV : 0

 

A noter qu’il n’y a eu aucune intervention des autres organisations, quels que soient leurs votes. Seul le SNEP FSU est intervenu longuement et  a argumenté.

 

Brevet des collèges
Seule la FSU vote pour le passage de l’EPS à un coefficient 2 !

A été examiné  un projet d’arrêté sur le DNB. Sur les aspects généraux, nous vous renvoyons à l’analyse publiée sur le site du SNES.

Un point particulier concernait l’EPS, il s’agissait du coefficient attribué à notre discipline. Après les engagements présidentiels et ministériels de doublement de ce coefficient (de coef.1 à coef.2), cette mesure avait été deux fois présentée en CSE, et n’avait pas été mise en œuvre. Dans ce texte final issu des débats successifs, elle n’apparaissait plus.

Intervention SNEP
« Je m’exprimerai ici essentiellement sur la question du coefficient de l’EPS, mais dans le contexte de la modification projetée de l’examen où je rejoins les explications données par le SNES.
Concernant le coefficient 2 pour l’EPS, on a envie d’entonner la chanson « Un pas en avant, deux pas en arrière,… ». Pour la 3e fois, le coefficient 2 pour l’EPS passe à la trappe.
Il y a un an, il s’agissait d’attendre une mise en chantier du Brevet (DNB), et de ne pas modifier le seul coefficient de l’EPS.
Il y a 3 mois, il s’agissait de ne pas céder à la précipitation (la modification était censée s’appliquer dès la session 2009), et d’attendre un débat plus large sur la refonte du DNB.
Cette fois, la proposition est balayée par le retrait d’autres projets, dont il est vrai que nous ne voyions pas ce qu’ils apportaient à la certification, des projets dont la pertinence n’apparaissait pas a priori.
De ce projet, ne reste que la prise en compte « décrétée » de la maîtrise du socle et l’oral d’histoire des arts (affecté d’un coefficient 2)
On peut accorder que le socle et sa maîtrise sont inscrits dans la loi, et la loi, c’est la loi ! Mais qu’est-ce qui justifie le maintien de l’évaluation d’histoire des arts, non préparé, non « fini » en tant qu’épreuve, sans responsable enseignant désigné, s’appuyant sur une pluridisciplinarité pour le moins floue, et « chargeant la barque » des enseignants des disciplines artistiques.
Nous avons entendu lors d’une précédente réunion, l’argument imparable semble-t-il, selon lequel l’histoire des arts est une décision du Conseil des ministres, et dans son exposé introductif, M.Nembrini, qui représente le Ministre, vient de parler de « choix du gouvernement ». Ainsi donc, le Conseil des ministres a décidé qu’il y aurait une épreuve d’histoire des arts au DNB, et cette décision fait force de loi. Ici encore, la loi, c’est la loi !
Mais alors, on ne peut que s’étonner, et même s’insurger, dès lors qu’on constate que les décisions du Conseil des ministres peuvent soit être mises en œuvre sans discussion, soit foulées aux pieds par le ministère lui-même. Je lis en effet dans le compte-rendu du Conseil des ministres du 5 mars 2008, la décision suivante : « Au collège, le coefficient de l’éducation physique et sportive au diplôme national du brevet sera augmenté ».
Deux poids, deux mesures ! Comment expliquer ce 3e revirement du ministère ? Pourtant, la décision de passer à un coefficient 2 pour l’EPS marquerait une reconnaissance de cette discipline et de la culture physique et sportive au sein de l’école (cf. notre déclaration au CSE du 20 mars 2009). De plus, elle ne poserait aucun problème de mise en œuvre, contrairement aux autres innovations proposées…
Nous vous demandons donc de mettre fin à cette valse-hésitation, mais par le haut. Appliquez de façon équitable les décisions du Conseil des ministres, et fixez définitivement un coefficient 2 à l’EPS au DNB. »

Devant le refus de l’administration, le SNEP dépose un amendement en ce sens.
Vote sur l’amendement :
Pour : 15 (dont FSU)
Contre : 17 (dont SE-UNSA, SGEN-CFDT, FCPE)
Abstention : 11 (dont PEEP)
RV : 8 (dont CGT et FO)

 

A noter : Là aussi, comme pour la certification EPS en LP (voir ci-dessus), seul le SNEP est intervenu (parlant en son nom et celui de la FSU), aucune autre organisation n’a cru bon de justifier son vote !