Audition FSU du 2 octobre 2007
devant la commission Pochard

 

Délégation Fsu : G.Aschiéri, Snes, Snuipp, Snep, Snetap, Snuep

Déroulement : Gérard Aschiéri intervient pendant 35 à 40mn pour présenter la position FSU sur le métier d’enseignement.
Puis les membres de la commission posent des questions. Durée totale de l’audition 1h45.

Constat : Impossibilité dans ce cadre pour le SNEP d’exposer sa position sur le métier d’enseignant d’EPS. D’où la nécessité de demander une audience spécifique mais le risque est qu’on ne soit pas auditionné seul, peut-être le sera-t-on avec le SNES sur les enseignants du second degré.

Topo de G. Aschiéri

  • Exigence de réception des différents syndicats FSU
  • Lier « réflexion sur le métier d’enseignant » à « quelle politique ambitieuse pour les jeunes » :
    • école de la réussite de tous
    • bac pour tous
    • scolarité à 18 ans
    • s’attaquer résolument à l’échec scolaire

Y a-t-il un malaise enseignant ? Oui et non !

Les enquêtes montrent que c’est un métier choisi, un métier apprécié mais un métier vécu comme difficile :

  • Difficulté à faire réussir les jeunes
  • Métier sous tensions permanentes
  • Métier déstabilisé par les réformes successives et rapprochées
  • Souffre du dénigrement systématique (alors que le système éducatif français a su faire face à des défis considérables)
  • Tendance à faire disparaître le cœur du métier par la multiplication des tâches périphériques (nécessité d’équipe pluriprofessionnelle).
  • Le métier d’enseignant a profité d’une élévation des qualifications (instituteurs à profs d’école ; certifiés à agrégés) mais ce mouvement est bloqué.
  • Métier dévalorisé :       *salaire moyen à 65% de celui d’un cadre du privé

*salaire moyen à 60% de celui d’un cadre du public
*salaire de début à 1,23% du SMIC seulement

  • Dégradation de l’évolution de carrière car si auparavant quasiment tous les enseignants accédait à la hors classe lors du départ en retraite, ce n’est plus le cas avec les promotions au mérite
  • Difficulté de mobilité
  • Présence forte de précarité avec dégradation (de MA à contractuels)
  • Les maxima de service n’ont globalement pas baissé et le temps réel de travail a augmenté
  • Usure en fin de carrière
  • Absence de politique sur la santé des enseignants
  • Absence de politique sociale

Ce qui bloque

  • l’arbitraire et la caporalisation
  • le non-respect de ce qui fait le cœur du métier d’enseignant : la transmission de savoirs, d’une culture aux élèves
  • la multiplication des tâches périphériques
  • les conditions de travail
  • l’absence de revalorisation
  • une formation insatisfaisante
  • la précarisation de l’emploi

Qu’est-ce qui permettrait de créer de la dynamique ?

  • Développer le travail collectif : dégager du temps et former
  • Améliorer la formation initiale et continue et élever les qualifications : lier terrain, formation théorique et liaison avec recherche
  • Valoriser et dynamiser les spécificités professionnelles
  • Non à l’arbitraire et à la caporalisation à travers « l’individualisation », le « mérite »…
    Attention au pouvoir accru des chefs d’établissements, ils connaissent le périphérique mais pas le cœur du métier.
  • Maintenir le recrutement par concours
  • Améliorer les conditions matérielles du métier
  • Revaloriser (pouvoir d’achat et carrières).
  • Donner les instruments de la nécessaire liberté pédagogique

Et s’il doit y avoir une priorité : les enseignants en établissement « difficile »

Questions posées par les membres de la Commission

Pochard : le problème est-il réellement un problème d’enseignant, n’est-ce pas plutôt le système qu’il faut changer en le structurant autour de l’établissement ?

Forestier : veut revenir sur unité-diversité
Il constate la diversité des syndicats FSU : un pour le 1er degré, un pour le 2nd degré collèges-lycées, un pour l’enseignement professionnel, un pour l’agriculture avec « la cerise sur le gâteau » le SNEP pour les seuls enseignants d’EPS.
Y a-t-il un ou des métiers d’enseignants ?
Ne faudrait-il pas différencier par niveau d’enseignement : maternelle, primaire, collège, lycée ?

Rocard : pour éviter les ruptures entre le primaire et le collège, ne faudrait-il pas une bivalence des maîtres en collège ?
Quels objectifs fixer à la scolarité obligatoire ?
Plus d’autonomie des établissements ne permettrait-elle pas de mieux gérer ?

Maurin : comment développer le travail collectif ? Ne faut-il pas passer de projets d’établissement à des contrats ?

Pochard : pourquoi, alors que c’est le cas dans d’autres services publics, la puissance publique ne pourrait-elle pas avoir une possibilité de contrainte pour que des enseignants expérimentés soient affectés en ZEP ?

D’autres questions ont tourné sur l’autonomie des établissements, projets, rapport entre national et local…

Conclusion

Sur ces questions, les membres de la délégation ont exprimé les mandats, réflexions, propositions des syndicats de la FSU.
Mais on constate que très peu de questions ont porté sur le métier d’enseignant (rien sur formation, revalorisation, conditions de travail, etc.), les questions portent sur les structures, le fonctionnement du système. On peut donc s’interroger sur l’objectif réel de la commission ! (ce qui ne nous surprend pas d’ailleurs).

Serge Chabrol