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Constitution Européenne : le débat

Avant propos :
Nous avons publié dans le bulletin n°723 la démarche que nous souhaitons mettre en place pour instaurer le débat sur la Constitution Européenne. Vous pouvez retrouver l'intégralité de cet article ici.

Vous pouvez retrouver l'intégralité du texte du projet de Traité de Constitution Européenne ici


Le 11 décembre 2004
SNEP Aix Marseille

Non à la constitution européenne,
Le snep d'Aix Marseille vous dit pourquoi …

Dès 1957, le Traité de Rome, texte fondateur de la Communauté économique européenne, a fixé comme règle d'or de cet ensemble la concurrence et la libre circulation des capitaux. Toutes les décisions ultérieures (Maastricht, Amsterdam, Nice) ont renforcé cette orientation, dans le but d'aménager en Europe un espace dans lequel les multinationales pourraient se déployer sans entraves. Les résultats nous les constatons tous les jours : augmentation du chômage, développement de la précarité, chantage au délocalisations, marchandisation progressive des services publics (poste, Sncf, Air France, France Telecom, EDF …) et bientôt de notre système de santé et de l'école (conformément à l'AGCS).
Aujourd'hui, la constitution de l'Union européenne est l'aboutissement logique de cette politique, avec la volonté de rendre juridiquement impossible toute remise en cause (l'unanimité est exigée pour toute modification). Le texte réaffirme à plusieurs reprises le principe d'une " économie de marché ouverte et non faussée ", sous la tutelle de la toute-puissante Banque centrale européenne. Les droits des travailleurs sont quasiment inexistants, et les services publics transformés en " services d'intérêt économique général ". L'utilisation de ce terme entérinant la primauté de l'objectif de rentabilité financière sur celui d'utilité sociale . Sur le plan militaire, la politique de l' UE est déclarée " compatible " avec celle de l'OTAN (donc des Etats-Unis avec leur logique belliciste) et impose aux états membres " l'amélioration progressive de leurs capacités militaires " !
Sans entrer dans les détails du texte, sur lesquels nous pourrons revenir dans un prochain article, le Snep d'Aix Marseille s'est prononcé à l'unanimité, lors de son Conseil Académique de septembre, pour qu'un affichage clair et net sur la question du vote au referendum soit fait le plus tôt possible en direction de la profession.
Sur la base des valeurs de notre syndicalisme rappelé dans nos statuts : " le Snep œuvre en faveur de choix éducatifs, économiques, sociaux et culturels de justice, d'égalité et de démocratie, pour des relations internationales fondées sur la coopération, le respect mutuel et la paix ", sur cette base donc, il n' y aucune équivoque possible : Seul le NON peut être opposé à ce traité, seul le NON peut nous permettre de construire des alternatives au libéralisme.
La seule façon d'avancer c'est, tout en continuant à informer et à débattre, de préparer l'action en se positionnant clairement en adversaires de tout ce qui crée de l'inégalité et de l'injustice au nom du " libre échange ". Nous, professeurs d'EPS, sommes pleinement concernés par les répercussions de l'éventuelle ratification du traité : la réduction des coûts des services publics, c'est la diminution des postes aux concours, le problème de la place de l'EPS dans l'école (cf bulletin national n°723).