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Constitution Européenne : le débat

Avant propos :
Nous avons publié dans le bulletin n°723 la démarche que nous souhaitons mettre en place pour instaurer le débat sur la Constitution Européenne. Vous pouvez retrouver l'intégralité de cet article ici.

Vous pouvez retrouver l'intégralité du texte du projet de Traité de Constitution Européenne ici


Le 5 avril 2005
Fred MULLER
Membre du bureau du SNEP Guadeloupe

POURQUOI JE VOTERAI "oui " AU REFERENDUM SUR LE TRAITE CONSTITUTIONNEL EUROPÉEN


Sans être aveuglé et sourd face aux inquiétudes des défenseurs du "non ", je voudrais apporter ici quelques éléments qui me font pencher en faveur d'un "oui " qui sans être enthousiaste me semble relever de la raison.
Voici quelques arguments non exhaustifs et ouverts aux débats.

- Me situant dans une dynamique historique de construction de l'Europe face à un passé déchiré, j'adhère par principe à tout ce qui fait progresser l'idée d'un renforcement de l'union européenne.

- Même si les propositions en matières sociales sont encore insuffisantes il s'agit là d'un progrès face aux traités précédents (Nice, Rome …)

- Ce projet ne s'oppose en aucun cas à ce que les pays membres conservent leurs prérogatives en matière d'organisation de leurs services publics (article II-96). Pour la première fois est reconnue une base juridique pour ces mêmes services. Les Etats membres pourront financer les leurs en dérogation aux règles de la concurrence.

- Le traité constitutionnel est révisable. C'est un traité comme les autres qui n'ont jamais empêché l'Europe de progresser par bons successifs. Il introduit des dispositions nouvelles qui rendront la révision plus facile que par le passé (Ex : le million de signatures permettant un débat au parlement.

- Les grands partis européens qu'ils soient de droite ou de gauche mais qui ont jusqu'à présent réellement gouverné et géré les états sont favorables au "oui ". Qu'en est-il des mouvements politiques qui soutiennent le "non " ?

- Les partisans du "non " pour nous convaincre gagneraient à nous présenter un projet alternatif crédible. Nous l'attendons toujours et nous craignons d'être sur notre faim quand nous constatons la disparité des groupes politiques qui le composent.

- Si le "non " l'emportait nous serions pour le compte contraints de supporter davantage les méfaits d'un libéralisme débridé véhiculé par l'application des décrets précédents.

- On nous explique que le refus de ce projet ne serait pas dramatique puisqu'il serait possible de le renégocier dans le temps qui nous reste. Quand nous savons que ce texte fut élaboré avant l'élargissement de l'Europe, nous sommes plus qu'inquiets sur les possibilités d'améliorations en matières sociales et autres, dans le cadre d'une nouvelle négociation à 25 comprenant certains pays comme la Pologne dont les orientations populistes et pro-américaines ne sont plus à démontrer.

Pour conclure, j'engage activement mes concitoyens à ne pas hésiter à consulter sur le web ou ailleurs, les argumentaires pour le "oui " ou le "non " qui se basent sur des réflexions construites, sans se prêter aux effets d'annonces ou de craintes dont se nourrissent amplement nos médias traditionnels.