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Constitution Européenne : le débat

Avant propos :
Nous avons publié dans le bulletin n°723 la démarche que nous souhaitons mettre en place pour instaurer le débat sur la Constitution Européenne. Vous pouvez retrouver l'intégralité de cet article ici.

Vous pouvez retrouver l'intégralité du texte du projet de Traité de Constitution Européenne ici


Le 3 novembre 2004
Annie Crovisier
Professeur d'EPS,
Lycée Béhal de Lens

CONTRIBUTION AU DEBAT SUR LE PROJET DE CONSTITUTION EUROPENNE

L'E.P.S. dans l'Education nationale ou constitution d'un Etat supranational,
IL FAUT CHOISIR !

Je considèrerais comme un manquement grave de mon syndicat qu'il élude ses responsabilités en n'appelant pas à voter non à la constitution européenne.
Il suffit de lire ce texte pour être révolté par son contenu. S'il est ratifié, il ne restera plus la moindre parcelle de souveraineté à notre pays et nous pourrons toujours voter ou revendiquer tout ce que nous voudrons, cela ne changera rien puisque l'ETAT européen (avec son exécutif non élu et tout-puissant) définira la politique que tous ses pays membres appliqueront. Pouvons-nous faire ainsi abstraction de la France, de la République, de la laïcité, de l'Education nationale, qui sont notre legs bien réel, au nom d'une " Europe sociale " qui n'est qu'une vue de l'esprit ? Pouvons-nous oublier les méfaits bien concrets de l'Europe de Maastricht (casse des retraites, de la Sécu, du statut de la Fonction publique, régionalisation des TOSS, privatisations, délocalisations…) ? Pouvons-nous ignorer que cet Etat capitaliste piloté par des Berlusconi, des Blair, des Chirac, des Schröder, ne serait l'ami ni de la paix ni de la laïcité et de la souveraineté populaire (même pas citées dans le projet !), ni du progrès social, mais une machine au service du grand patronat européen ?
Pour s'en assurer, il suffit de constater que ce texte totalitaire (qui impose à jamais le capitalisme et le néolibéralisme !) fait de l'U.E. une " économie de marché hautement compétitive " " où la concurrence est libre et non faussée ". Comme il est stipulé qu'aucun Etat ne pourra aller contre la politique de l'U.E. y compris chez lui, c'est la mort certaine des acquis sociaux, des services publics et de l'EPS à la française dans le cadre d'une Education nationale !
Ne pas voter contre, puis ensuite appeler à faire grève contre la casse programmée de nos statuts, de nos services et de notre mission éducative par l'UE et le pouvoir chiraquien à sa botte (le rapport Thélot s'inscrit dans cette logique eurolibérale) relèverait de la part d'un syndicat de l'irresponsabilité !
J'espère bien que le SNEP n'en est pas là et qu'il dira franchement non à la constitution du nouvel Empire continental qui veut nous broyer.