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Le 28 mai 2013

 

EPS des amendements sénatoriaux provoquant des confusions

 

Lors du débat sénatorial sur la loi d’orientation et de programmation pour l’école, le SNEP FSU avait adressé aux groupes parlementaires des propositions d’amendements visant à renforcer la place et le rôle de l’EPS, discipline d’enseignement dans le système éducatif et celle du sport scolaire du second degré, complément de l’EPS et partie intégrante du service public d’éducation, organisé sous forme associative.

Ces propositions n’ont pas été reprises. Bien au contraire, le Sénat a voté une modification du code de l’éducation et une du rapport annexé à la loi qui introduisent des confusions entre EPS, sport scolaire, activités sportives péri scolaires et extra scolaires. Sous prétexte de complémentarité entre les différentes formes de « pratiques sportives », ces modifications non seulement placent l’EPS sous la coupe des projets éducatifs territoriaux qui pourraient orienter les contenus de cette discipline d’enseignement scolaire mais aussi instituer clairement le mouvement sportif comme co-responsable de cet enseignement.

Le SNEP-FSU conteste une telle orientation. Les contenus de l’EPS dont les choix d’activités physiques sportives et artistiques enseignées et les objectifs poursuivis, dans le cadre des programmes nationaux, sont et doivent rester de la responsabilité des équipes pédagogiques construisant leur projet pédagogique, en liaison avec le projet d’établissement.

Que des liens s’établissent avec le projet éducatif territorial, c’est une évidence notamment en terme d’équipements, mais en aucun cas, le programme de l’Education Nationale n’a pour vocation de « viser la complémentarité » avec le contexte local, comme l’amendement retenu l’indique.   

Au moment où les sénateurs adoptent un amendement qui réaffirme la primauté des enseignements artistiques dans les parcours artistiques des élèves, il crée à l’inverse la confusion concernant les pratiques physiques. C’est pour le moins étonnant.
La mise en avant du projet éducatif territorial pourrait alors très vite aboutir à l’externalisation de certains enseignements.

Le SNEP FSU réaffirme que l’enseignement de l’EPS, l’animation du sport scolaire, les pratiques sportives péri scolaires et extra scolaires ont chacun et chacune leurs spécificités, leurs formes et leurs objectifs. Rechercher de la cohérence à l'échelle d'un territoire est indispensable mais ne saurait aboutir à dessaisir le service public de ses prérogatives. Le SNEP FSU s'oppose à tout ce qui sera susceptible d'opérer un glissement de ce qui est et doit rester de la responsabilité de l'Education Nationale vers des pratiques mises en place par les collectivités ou le monde associatif extra scolaire.

La loi doit repasser devant l’assemblée, le SNEP FSU demande au ministre et aux groupes parlementaires de revoir leur copie et de réexaminer les propositions du SNEP-FSU.