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Paris le 25 mai 2010

 

Le grand écart de Luc Chatel

 

Le ministre de l’EN Luc Chatel a proposé ce jour un projet d’aménagement du temps scolaire « Cours le matin, sport l’après-midi ».

Le SNEP-FSU se félicite d’apprendre par les médias que le ministre semble prendre en compte ce qu’il dit depuis plusieurs années : l’éducation physique et sportive (EPS) et le sport scolaire sont fondamentaux dans la formation et la réussite des jeunes. C’est pourquoi le SNEP est prêt à débattre avec le ministre des meilleures façons de les développer.

Le SNEP-FSU ne peut que noter que toutes les mesures prises par le ministère de l’EN depuis plusieurs années, et confirmées par le ministère Chatel depuis bientôt un an, vont dans une direction diamétralement opposée :

  • On ne remplace, depuis 5 ans, qu’1 enseignant d’EPS pour 3 départs en retraite.
  • Les installations sportives sont très souvent insuffisantes en nombre ou en qualité, alors que les horaires actuels d’EPS sont répartis sur l’ensemble de la semaine, du lundi matin au vendredi soir, voire au samedi midi. Le ministère n’a jamais donné suite à son engagement de mettre en place un groupe de travail pluraliste sur ce sujet, malgré les demandes réitérées du SNEP.
  • Le socle commun créé par la loi Fillon sur l’école, en 2005, et le livret de compétences qui en découle, ignorent quasi totalement l’EPS et les pratiques sportives.
  • Le découpage « Cours le matin, sport l’après-midi » n’a fait l’objet d’aucune négociation, consultation ou même débat avec les organisations syndicales, ni celles représentatives de l’EPS, ni celles des autres disciplines. Il est tout à fait contestable, y compris du point de vue de certains chronobiologistes. Il instaure une hiérarchie entre les disciplines scolaires, que chacun s’accorde à juger dépassée. Il est remis en question en Allemagne depuis plusieurs années.
  • L’expérimentation « Chatel » n’a manifestement pas vocation à être élargie à tous les élèves. Le SNEP y voit surtout une opération de communication du ministre, qui met en avant une organisation proposée à un élève sur 1000.

Dans une perspective de démocratisation et de valorisation de la culture physique et sportive à l’école, le SNEP propose une augmentation des horaires d’EPS pour tous les élèves : 4h en collège, 3h en lycée dans un premier temps. Il se prononce pour l’affectation dans chaque établissement difficile, d’un enseignant d’EPS supplémentaire pour améliorer les conditions d’enseignement, de pratique et d’apprentissage pour les élèves et les enseignants. Il demande aussi au ministre de s’engager dans une politique d’aide au développement du sport scolaire, au niveau des associations sportives des établissements et de l’UNSS (union nationale du sport scolaire).

Le SNEP réfute fermement tout glissement du forfait de 3h des enseignants d’EPS pour l’animation du sport scolaire et de l’UNSS, vers une « coordination » de l’expérience « Cours le matin, sport l’après-midi ».

Il demande à être immédiatement reçu par le ministre sur l’ensemble de ce dossier.