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Communiqué de Presse du 22 septembre 2011

 

EPS et sport à l’Ecole : l’hypocrisie, ça suffit !

 

Le ministre de l’Education nationale semble découvrir les bienfaits de plus d’EPS et de sport à l’école. Ce n’est pas un scoop pour les enseignants d’EPS et cela fait des années que le SNEP-FSU fait des propositions axées sur « l’EPS, voie originale de la réussite scolaire » !
Comment Luc Chatel peut-il parer la pratique sportive à l’école de toutes ces vertus et refuser de la développer pour tous les élèves ?

Il poursuit son entreprise de communication, à partir d’une opération « cours le matin, sport l’après-midi » qui concerne très peu d’élèves, qui peut entraîner des confusions dangereuses entre animation sportive sans exigence d’apprentissage et enseignement de l’EPS, et engager une sortie de celle-ci du service public d’éducation. Quant à la valorisation du sport scolaire,  elle est positive, mais elle ne saurait faire oublier la diminution des subventions à l’UNSS (-10% programmés en 3 ans). 

Luc Chatel fait le constat, juste, que « le sport n’est pas assez valorisé à l’école », mais en tentant de faire oublier qu’en réalité son gouvernement est grandement responsable de cette situation : suppression de plus de 4 000 postes d’enseignants d’EPS en 5 ans, refus d'augmenter les horaires de l'EPS obligatoire tant dans le primaire que dans le secondaire, refus d’un 8ème pilier dans le socle commun sur la culture sportive et corporelle, refus d'augmenter le coefficient de l'EPS au brevet des collèges, refus d’une série autour de la culture corporelle et sportive lors de la réforme des lycées, et, cerise sur le gâteau, refus de mettre en place, au moment de la réforme de la voie professionnelle, une filière autour des métiers du sport que L. Chatel prétend souhaiter aujourd'hui.

Le ministre prétend de surcroît vouloir « passer la vitesse supérieure ! » alors qu’aucun des multiples engagements pris par le candidat Sarkozy sur les questions de l’éducation physique et du sport, n’a été honoré à ce jour.

Champion du dialogue social niveau zéro, Luc Chatel serait bien inspiré de retravailler toutes les propositions que lui a faites le SNEP-FSU, propositions visant à conforter et à développer l’apport d’une éducation physique et d’un sport scolaire « à la française » dans le cadre d’un service public d’éducation renforcé.

Fort de son implantation et de sa représentativité parmi les enseignants d’EPS, le SNEP-FSU met le ministère de l’Education nationale au défi d’organiser une grande négociation au cours de laquelle le syndicat soumettrait à nouveau l’ensemble de ses propositions.


Vous pouvez ci-dessous réécouter à ce sujet l'intervention de Serge Chabrol sur France Inter dans le journal du matin (le 22/09/11)