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Paris le 22 octobre 2007

Budget de la Jeunesse et des Sports 2008
Toujours plus bas !

La lecture du projet de budget 2008 consacré aux sports est navrante. M. Sarkozy, alors candidat à la présidence de la République, avait annoncé, devant un parterre fourni de responsables sportifs réunis au Comité Olympique, que le sport avait été jusqu’alors maintenu dans une situation inadmissible ; il s’engageait promptement à le réhabiliter. « Le sport, c’est plus important que tout » se plaisait-il à dire.

Budget porté à 3 % tel était son objectif, reporté, plus tard, au terme du mandat… Qu’en est-il ? Une chute de 2 millions qui se traduit ensuite par une logique d’économies sur tous les chapitres. L’augmentation globale des crédits est uniquement liée à celle des crédits du centre national de développement du sport (+30 millions), eux-mêmes subordonnés à la rentabilité des jeux de hasard et de la taxe télévisuelle.

De fait, ce budget régresse en dessous des 0,3% du budget de l’Etat. L’engagement présidentiel aurait dû conduire à trouver 8 milliards d’euro sur le champ, ou 1,6 milliards par an si l’effort était réparti sur la durée de la mandature. En clair, il aurait fallu tripler en 2008 les crédits que le budget consacrera au sport en 2008 ! Nous voyons bien que le rattachement au ministère de la santé, qui devait garantir la progression du budget sport, n’était qu’un bobard… Ce petit tour de bonneteau ne trompera personne.

Enfin, des engagements politiques que nous avons contestés, vont grever ces crédits :

  1. un loyer de 2,55 M€ au consortium ayant emporté le marché de l’INSEP !;
  2. 6,62 M€ de compensation au concessionnaire du stade de France !
  3. 32 M€ aux organismes de la sécurité sociale au titre de l’exonération des charges sociales rémunérant le droit à l’image des sportifs professionnels !!

… soit, au total une somme rondelette représentant près de 20% des crédits consacrés au sport.

Ce budget n’a que deux ambitions : soutenir le sport de haut niveau au détriment de toutes les autres initiatives ; parasiter le domaine scolaire en allouant 34 M€ aux initiatives de l’accompagnement scolaire.

Tout le mouvement sportif va souffrir. Déjà des bouches s’ouvrent. Le Président de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) conteste le montant de la subvention qui lui est allouée. Que cet exemple soit suivi !