Paris le 22 juillet 2008

 

Budget 2009 : les ficelles usées de X. Darcos

En grande difficulté pour justifier la mise au pain sec de son ministère dans le cadre de la préparation du budget 2009, X. Darcos en est réduit à réutiliser les vieilles ficelles sur lesquelles son prédécesseur G. de Robien avait déjà largement tiré.

C’est ainsi que le non-remplacement de 13 500 départs à la retraite, qu’il a lui-même proposé, et qui fait suite aux 8500 suppressions pour la rentrée 2008, est présenté comme étant sans incidence sur la qualité du service public d’éducation. Il y aurait des gisements d’enseignants inutilement affectés à d’autres tâches, et qu’il suffirait de « ramener au bercail » pour rendre la saignée de l’éducation nationale parfaitement indolore.

Le SNES et le SNEP contestent formellement cette argumentation, construite autour d’amalgames inacceptables de la part d’un ministre. Ils tiennent à préciser :

  • Que l’activité « UNSS » des enseignants d’EPS n’est pas une décharge, mais que le forfait de 3h statutaires leur permet d’animer l’association sportive de leur établissement, essentiellement le mercredi après-midi. Il est particulièrement inconvenant de l’assimiler à une décharge alors même que l’UNSS a dépassé cette année le million de licenciés, record absolu pour le sport scolaire.
  • Que les décharges syndicales sont un droit dans l’EN comme dans les autres secteurs d’activité, et que leur poids relatif y est nettement moins important que dans le secteur privé.
  • Qu'il serait pour le moins surprenant, voire provocateur, que le ministère de l’EN remette en cause les décharges statutaires, alors même qu’une de ses premières décisions a été l’abrogation du décret « de Robien » qui les supprimait, décret à l'origine d’un conflit social majeur en 2006-2007 dans les lycées et collèges.
  • Que les décharges non statutaires correspondent pour l’essentiel à des moyens contribuant au fonctionnement des établissements du second degré, visant à prendre en compte des charges particulières que doivent assumer les enseignants. Leur utilité, leur légitimité et leur caractère indispensable ne sont pas contestables.
  • Que le potentiel de titulaires chargés du remplacement a beaucoup diminué depuis quelques années, alors même qu’ils sont seuls en mesure d’assurer la continuité d’un enseignement de qualité en cas d’absence d’enseignants. La fonction de « l’Agence nationale du remplacement » (en voie de création ?) ne serait-elle pas de faire disparaître complètement ces remplaçants qualifiés, pour les remplacer par des personnels précaires (contractuels ou vacataires), avec de surcroit des difficultés majeures pour recruter par ce biais des personnels qualifiés et formés ?

 

Plutôt que de persister dans une communication qui ne trompe personne, le Ministre devrait admettre que l’abandon de la priorité à l’éducation est une fausse piste, qui conduira à d'autres régressions. Il devrait consacrer son énergie à en convaincre le reste du gouvernement.

Le SNEP et le SNES n’acceptent ni cette communication tronquée et provocatrice, ni les orientations néfastes de la politique éducative. L’éducation nationale a besoin d’autres choix budgétaires.

Cela ne fait que renforcer la volonté des enseignants du second degré d’agir dès la rentrée scolaire.