Paris le 21 février 2007

A bi-cy-cleeeette !

Le 19 février, le ministre de l’éducation a décidé de faire du sport cycliste la nouvelle référence de l’éducation physique à l’école. Cela dans une opération médiatique sur le Tour de France cycliste, véritable institution qui a bien besoin de se redonner une image éducative, éclaboussée qu’elle est par les affaires de dopage.

Après la lecture, le calcul, la grammaire : le vélo ! G. de Robien poursuit dans sa volonté d’imposer ses choix pédagogiques aux équipes éducatives.

Le ministre ne tarit pas d’éloges sur cette activité, et sérieux comme un pape pour démontrer les qualités de ce sport, il en profite aussi pour embellir ses actions en tant que ministre, pour l’éducation physique et sportive. Il feint d’oublier que le « socle commun de connaissances et de compétences » marginalise l’EPS, ne lui accordant pas la reconnaissance notamment de deux de ses fondements, à savoir la connaissance des possibilités du corps dans des situations qui ne relèvent pas de la vie quotidienne et le contraignent à des « exploits » et l’appropriation critique de la culture des activités physiques, sportives et artistiques.

Ce socle, voulu par M. Fillon, conseiller politique de M. Sarkozy, voté par l’UMP, n’est même plus reconnu par son président – candidat, le même N. Sarkozy, qui vient de déclarer que l’EPS doit faire partie intégrante du socle, preuve encore qu’elle n’y est actuellement pas de façon suffisamment visible.

Voila donc notre ministre de l’Education qui s’autoproclame « militant » de l’EPS et du sport scolaire dans le même temps où il supprime à tour de bras des postes et les heures d’animation du sport scolaire aux enseignants d’EPS. Comprenne qui pourra !

Ce ministre est un bateleur, spécialiste de la carambouille, prêt à disserter sur tout alors qu’il décide à l’inverse de ses proclamations.

M. de Robien est en fait sous la pression des actions diversifiées que mènent les enseignants d’EPS pour défendre leur discipline et l’UNSS ; il feint d’y répondre tout en tentant de maintenir, sur le fond, sa ligne politique.

Les personnels poursuivront leurs luttes car le vélo du Ministre ne cachera pas le gros peloton des suppressions d’heures d’animation du sport scolaire.