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Le 20 juin 2013

 

La mise en place de la réforme des rythmes risque de priver l’enseignement obligatoire de l’EPS et le sport scolaire des installations sportives nécessaires

 

Alors que le manque d’équipements sportifs à disposition des scolaires (reconnu par les pouvoirs publics) entrave fortement la qualité de l’éducation physique et sportive (EPS) obligatoire et du sport scolaire du second degré, la réforme des rythmes scolaires pourrait entraîner une nouvelle dégradation de la situation. En effet, les communes qui organisent dès septembre 2013 la mise en place des activités péri scolaires, dont les activités physiques et sportives, annoncent déjà la redistribution de créneaux d’installations sportives jusqu’alors attribués au second degré.

Il en va ainsi de la suppression prévue à certains endroits de l’accès aux installations sportives, pour les collèges et lycées, à partir de 15h, le mercredi matin ou encore sur la plage méridienne. Pour certains établissements cela pourrait correspondre jusqu’à l’équivalent d’une journée par semaine sans accès aux équipements sportifs, espaces dédiés à l’enseignement de l’EPS obligatoire. Imagine-t-on priver de la même manière l’enseignement de la technologie ou des sciences de leurs salles spécialisées d’informatique, de SVT, de physique,… ou les enseignements professionnels de leurs ateliers ?

Pour l’école primaire, il faudra assurer les heures d’EPS pour tous les élèves dans un temps plus contraint, en utilisant notamment les équipements plus souvent le matin.

Le SNEP FSU mène depuis longtemps une bataille sur la question des équipements sportifs qui sont les « salles de classes » de l’EPS et les lieux d’entrainement et de compétitions sportives pour le million de jeunes licenciés à l’UNSS (Union Nationale du Sport Scolaire). Alors que le Ministère de l’Education Nationale vient de publier (avril 2012) un guide des « équipements indispensables aux pratiques sportives scolaires », réduire l’accès aux installations sportives, déjà insuffisant, serait totalement contradictoire et porterait une atteinte grave à la mise en œuvre des programmes, à la préparation des examens (une épreuve d’EPS est obligatoire à tous les examens sur l’ensemble de la scolarité) et au développement du sport scolaire.

Cette situation d’exclusion des élèves du second degré pose à nouveau le problème de la responsabilité de l’Etat en matière de développement des équipements pour le service public de l’EPS et du sport. Elle interpelle également sur la pertinence d’une réforme des rythmes scolaires élaborée dans la précipitation.
Pour le SNEP FSU, il est inadmissible que cette réforme, qui porte l’ambition d’améliorer les conditions d'études des élèves des écoles, se mette en place au détriment de l’enseignement obligatoire de l’EPS et du sport scolaire des collégiens et lycéens.

Aucun cours d'EPS et aucun créneau dédié au sport scolaire ne doivent être supprimés !