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Paris le 20 août 2010

 

Opération « Cours le matin, sport l’après midi », la mystification !

Alors que le Ministre de l’Education Nationale a préparé la pire des rentrées scolaires, avec des problèmes d’effectifs sans précédents, une réforme des lycées inacceptable, des programmes bâclés, un livret de compétences contestable en collège, etc., il annonce fièrement, dans un communiqué daté du 19 août, la mise en place de son « expérimentation » pour l’année prochaine « Cours le matin, Sport l'après-midi ». Nous avons déjà dit que cette opération était un dispositif contre l’enseignement de l’EPS pour tous les jeunes : les suppressions massives de postes de professeurs d’EPS (4500 en 5 ans), la stagnation voire la régression des horaires, les trop faibles efforts pour développer les installations nécessaires, en sont la preuve.

Cette « expérimentation » annonce un scénario indigne pour les enseignants d’EPS qui se battent pour une éducation physique et sportive développée qui ne soit pas la simple importation du sport à l’école.

Dans une interview à l'hebdomadaire « Paris Match », Luc Chatel précise jeudi 19 août que « chaque établissement recevra 5 000 euros pour organiser les déplacements nécessaires ». Il affirme que grâce à « des conventions » signées avec des fédérations sportives, des animateurs viendront « en renfort des enseignants ». (AEF du 19 août).

L’enseignement de l’EPS à l’école n’a pas besoin d’animateurs mais d’enseignants. Il s’agit donc pour le ministre non seulement de transformer l’enseignement en animation mais aussi, en la déportant l’après-midi, d’inventer un mythe d’après-midis sportifs qui a surtout l’avantage de combler le déficit de professeurs qualifiés par des animateurs.

Nous avions dénoncé dans un précédent communiqué (25 mai), cette fausse expérimentation, coûteuse (5000 euros par établissement soit 620 000 euros), qui masque le refus du gouvernement de proposer à tous les élèves deux séquences d’EPS de 2h par semaine (4h hebdomadaires). Seule cette mesure dans le cadre actuel permettrait de proposer un véritable nouvel équilibre de la semaine et un enseignement des pratiques physiques pour tous : ce n’est souvent pas ceux qui sont volontaires pour pratiquer qui en ont le plus besoin.

Tout cela se fait évidemment sans réelle concertation, la plupart du temps sous la pression institutionnelle, et parfois même contre l’avis des enseignants des établissements concernés.

Après avoir détruit la formation des enseignants, Luc Chatel passe à une nouvelle phase : sous couvert « d’expérimentation » de l’organisation scolaire, légitimer une forme d’externalisation des enseignements. Aujourd’hui l’EPS, mais aussi les pratiques artistiques… demain ?

Les actions prévues à la rentrée devront intégrer cette nouvelle (mauvaise) farce.